‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 224 sur 545 · VAL DE CHIANA ET LAC DE BIENTINA. 413 M K · texte numérisé non relu

VAL DE CHIANA ET LAC DE BIENTINA. 413 M K

une population de fiévreux, se transformèrent en de riches bourgades aux robustes habitants. La réussite de l’œuvre si bien nommée de « bonification » 0: a été complète. Les eaux sauvages ont dù se discipliner pour distribuer il régulièrement leurs alluvions sur un espace de 20,000 hectares et sur une 11 profondeur moyenne de 2 à 3 mètres; c'est un remblai de 500 millions 1 de mètres cubes qu'on leur à fait déposer comme à des ouvriers intelligents.

Cette grande opération de colmatage, dans laquelle homme a si admirablement dirigé la nature, est devenue le modèle de toutes les entreprises \4 du même genre, et dans la Toscane même on l'a imitée avec le plus grand succès, C’est aussi par le procédé des colmatages que le vaste marais de Castiglione, Le lac Prilius des Romains, situé entre Grosseto et la mer, près de la rive droite de lOmbrone, à été peu à peu transformé en terre ‘TUE ferme; en 1828, il occupait un espace de 95 kilomètres carrés, dont les ‘ER

alluvions apportées par le fleuve ont fait depuis une immense prairie rela- FA tivement salubre ; en 1872, plus de 62 hectares, jadis inondés, étaient chan- a ;

gés en terrains solides. La comparaison des cartes tracées à diverses époques | k témoigne des changements considérables que lOmbrone opéra jadis comme

au hasard dans son della; mais aujourd’hui c’est l'homme qui dirige sa force,

Le fleuve est un autre taureau Acheloüs dompté par un autre Hercule.

’armi les grands travaux d’asséchement qui font aussi la gloire des i hydrauliciens de la Toscane, il faut citer le réseau des innombrables canaux de décharge creusés dans les terres basses de Fucecchio, de Pon- Fi tedera, de Pise, de Lueques, de Livourne, de Viareggio. Là s'étendaient ni de vastes mers intérieures que l'on essaye de combler peu à peu et de faire passer, de progrès en progrès, à l'état de campagnes au sol affermt.

Une des opérations les plus difficiles en ce genre à été d'assécher le lae de

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Bientina où de Sesto, qui s'étendait au milieu de campagnes marécageuses 14 è à l’est des monts Pisans, et que l’on pense avoir été formé jadis par les eaux : 116 c débordées du Serchio. Jadis ce lac avait deux émis ites naturels, Fun au nord ji. vers le Serchio, l’autre au sud vers l'Arno, Durant l'étiage de ces fleuves, ; 4 l'écoulement du Bientina se faisait sans difficulté ; mais, dès que la crue À k LS commençait à se faire sentir, le reflux s’opérait, Peau coulait en sens \ ë inverse dans les deux affluents du lac, et st lon n'avait fermé les écluses, : LR Rn ë l'Arno et le Serchio se seraient rejoints dans une mer intérieure au pied ! 1 it des monts Pisans. Privé de son écoulement naturel, le Bientina grossissait 4 ie. À alors jusqu’à couvrir un espace de près de 10,000 hectares, six lois supé- qe: sa rieur à la superlicie ordinaire ; pour sauvegarder les riches campagnes de FU à: À cette partie de la Toscane, il a done fallu donner au Bientina un émissaire de IL indépendant des deux fleuves voisins. À cet effet, on a eu l'heureuse idée : Le

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de creuser un canal qui fait passer les eaux du lac en tunnel au-dessous de l'Arno, large en cet endroit de 216 mètres de digue à digue ; puis au delà du fleuve, qu'il vient de croiser souterrainement, le nouvel émissaire emprunte jusqu'à la mer l'ancien lit de l'Arno, remplacé par le Colombrone,

Le principal obstacle contre lequel il fallut lutter dans ces œuvres de conquête était l'extrême insalubrité du climat. L'atmosphère de miasmes pesait surtout sur la région du littoral, à cause du mélange qui s'y opérait entre les eaux douces de l'intérieur et les eaux saumâtres de la Méditer-

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