‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 225 sur 545 · N°74 — L'ARNO ET LE SERCHO · texte numérisé non relu

N°74 — L'ARNO ET LE SERCHO

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rande, L'excessive moralité qui résultait de ce mélange pour les espèces marines et pour les animaux et les plantes d'eau douce, empoisonnait l'air, le remplissait de gaz délétères, provenant de la décomposition de matières organiques, el décimait les populations de la côte. Vers le milieu du siècle dernier, Pingénieur Zendrini eut Fidée d'établir aux issues de tous les canaux d'écoulement, naturels et artificiels, des écluses de séparation entre les eaux douces et le flot marin. Les fièvres disparurent aussitôt ; l'atmosphère avait repris St pureté primitive, En 1768, les portes, mal

entretenues, Taissérent de nouveau S'opérer le mélange de Feau douce et

| MAREMMEN DE LA TONSCANE, #15 \ Ni 4 ” de l’eau salée : aussitôt le fléau des miasmes recommenca son œuvre de à dévastation ; La salubrité ne fut rétablie dans les villages du littoral 11 ® qu'après la reconstruction des écluses. Par deux fois, depuis cette époque, 1] F l’incurie du gouvernement de Florence à été punie de lt mème manière k sur les malheureux riverains des canaux, et par deux fois on dut avoir \ É recours au seul moyen thérapeutique sérieux, celui de guérir la terre elleit même. Depuis IN21, le bon entretien des écluses, qui constitue le véritable à. service médical de la contrée, ne laisse plus rien à désirer, et par suite la 1 salubrité générale n'a cessé de se maintenir, Le chefdieu du distriet, pi Viareggio, qui étuit, en 1740, un siraple hameau de peste el de mort, est ; de nos jours une ville de bains de mer, que de nombreux étrangers fréquen- ï fl lent impunément en été, Les plantations de pins et d'autres arbres ont aussi 11 contribué pour une forte part à l'assainissement de li contrée, ‘4 |! 56 Malgré tous les progrès accomplis dans la bonification du sol, il reste 1 | | encore beaucoup à faire en mainte autre région de la basse Toscane pour ll: assécher le sol et purifier Fatmosphère. La Maremme, qui S'étend prinei- ! 1 au palement dans Lx province de Grosseto, entre les deux bornes rocheuses de (3 Piombino et d'Orbetello, est restée, en dépit de tous les travaux d'assainis- Ê Le sement, une des contrées les plus malsaines de FEurope: ses terres, non il à perméables, retiennent les eaux qui se putréfient au soleil et empoisonnent } 1 l'air. La vie moyenne des habitants est très-courte : celle des €trop heureux qi cultivateurs » est surtout fort précaire, et pourtant ht plupart d'entre eux | “) | . ne descendent dans la plaine basse que pour faire les semailles et la récolte ; À fl i | ils s’enfuient, sitôt leur travail achevé, mais ils emportent souvent avec eux ds le germe de la maladie fatale; entre les deux étés de TS40 et de IS#T, on : LU | | eut à soigner près de 96,000 fiévreux sur une population totale de , à \ SO,000 personnes environ, résidant presque toutes sur les hauteurs et ne Ti se hasardant dans les plaines empoisonnées que pour de rares visites. Pour | ; l: échapper à l'influence pernicieuse du mauvais air, il faut habiter constam- È Li 14 ment à une alitude d'au moins 500 mètres, encore cela ne suffit pas : di: "es toujours : la ville épiscopale de Sovana est très-malsaine, quoiqu'etle se j FAR HIER AE ir, lrouve précisément à cette hauteur dans la haute vallée de la Fiora, Les | he es fièvres se font même sentir dans des régions fort éloignées de tout marais. î 4 $ ele La cause en est probablement, d'après Salvagnoli Marechetti, la nature du | 1 (tr les terrain. La malaria monte sur les collines dont Le sol argileux est pénétré à 14 on de substances empyreumatiques; elle empoisonne ausst les contrées où ï À ; jaillissent en abondance les sources salines, et plus encore celles où se 40 AR il trouvent des gisements d'alun. Le mélange des eaux douces et des eaux : 4e el salées, si funeste au bord de la mer, ne Fest pas moins dans l'intérieur du 1 IR

pays. Enfin l'influence des vents du sud, surtout celle du siroco, est pernicieuse, et les fièvres remontent fort avant dans toutes les vallées exposées à ce courant empoisonné, Par contre, les terres qui jouissent librement de l'air marin sont parfaitement salubres : ainsi Orbetello et Piombino, quoique dans le voisinage de marais étendus, n'ont rien à craindre des miasmes paludéens,

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