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rendre débonnaires jusqu'à leurs souverains. Un trait assez bizarre de caractère les distingue aussi parmi les autres habitants de la Péninsule : quoique fort braves quand une passion les entraîne, ils ont une répugnance extraordinaire pour la vue de la mort; ils se détournent du cadavre avec horreur, ce qui tient sans doute à la persistance d’antiques superstitions. Le Tyrrhénien cachait toujours les tombeaux ; cependant son grand eulte était celui des morts.
Quels que soient d'ailleurs les traits par lesquels les Toscans ressemblent encore à leurs aïeux, ils ont eu comme eux leur époque de prépondérance en Italie, et ils sont encore, à certains égards, les premiers de la nation. Après l'époque romaine, quand le mouvement de la civilisation se fut déplacé vers le nord, la vallée de l’Arno se trouvait admirablement placée pour devenir le grand centre d'activité, non-seulement pour la péninsule italienne, mais encore pour tout le continent européen. Les communications à travers la barrière des Alpes étaient encore difficiles et redoutées, et par conséquent les relations de peuple à peuple devaient en grande partie s'établir par eau entre le littoral de la Toscane et les rivages de la France et de l'Espagne. En outre, les massifs des Apennins, offrant aux habitants l'avantage de les protéger au nord contre le climat et contre les envahisseurs barbares, se développent autour d'eux en un large circuit de manière à leur ménager de grandes et fertiles vallées tournées vers la mer Tyrrhénienne, La Toscane était done une région favorisée et ses habitants si intelligents surent bien profiter de tous ces priviléges que leur assurait la position géographique. Le travail était la grande loi des Florentins; tous, sans exception, devaient avoir un état, Tandis que Pise disputait à Gênes et à Venise la suprématie des mers, Florence était plus que toutes les autres cités le siége des grandes spécula Lions commerciales, la ville riche par excellence, qui, par le ‘commerce de l'argent, étendait son réseau d’affaires sur toutes les contrées de l'Europe.
Mais la Toscane ne devint pas seulement un pays de négoce et d'industrie; sa période de prospérité fut aussi pour l'esprit humain le moment d’une véritable floraison. Ce que la république d'Athènes avait été deux mille années auparavant, la république de Florence le fut à son tour; pour la deuxième fois s’'éleva un de ces grands foyers de lumière dont Îles reflets nous éclairent encore, Ce fut un vrai renouveau de l'humanité, La Hberté, l'initiative, el avec elles les sciences, les arts, les lettres, tout ce qu'il y à d bon et de noble dans ce monde se produisit avec un joyeux élan que les géné lions avaient depuis longtemps perdu. Le souple génie des Toscans se révéla dans tous les genres de travaux; parmi les grands noms de l'histoire, les Florentins peuvent revendiquer comme leurs beaucoup des plus grands.