‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 234 sur 545 · NILLES DE LA TOSCANE · texte numérisé non relu

NILLES DE LA TOSCANE

tona, de longs siècles de décadence, en grande partie peut-être par le faute de ses propres habitants qui peuplent dix-sept quartiers distincts, formant autant de cités dans la cité, toutes animées les unes contre les autres d’implacables raneunes; Sienne n’est done plus, comme elle le fut jadis, la rivale de Florence par la population, la puissance, l'industrie, mais elle peut toujours se comparer à la ville de P'Arno par la beauté de ses monuments, qui sont l'idéal du gothique italien, par ses œuvres d'art, dues en grande partie aux peintres de sa propre école, par loriginalité de ses rues el de ses places, par sa position magnifique sur les pentes de trois collines et sur les arêtes de leurs contreforts. Chiusi, Pune des plus puissantes cités de l'antique Étrurie, n'a plus que ses hypogées, où les archéologues vont en pèlerinage, et dépend maintenant de la ville de Montepuleiano, dont les coteaux, produisant le € roi des vins », dominent au nord la plaine et ses nappes d'eau. Quant à Volterra, qui avait encore au moyen âge une population considérable, ce n'est plus qu'une petite ville morue d'aspect et que les talus infertiles de ses collines rendent plus morne encore, Volterra, disposée en forme de main aux doigts étendus sur les arêtes de son plateau raviné, se trouve en dehors de toute grande voie de communication naturelle, et si dans le voisinage elle m'avait des salines. qui produisent de sept à huit mille tonnes de sel par an, ses importantes carrières d'albâtre, les riches mines de cuivre de Monte-Calini, des bains sulfureux el les fameuses lagunes de borax, elle ne serait probablement qu'un simple groupe de maisons éparses au milieu des ruines, D'ailleurs, ce qu'elle à de plus intéressant, ce sont les débris de ses murs eyelopéens, où l’on voil encore deux grandes portes, et les centaines de sarcophages el autres restes de l'art des Étrusques conservés dans son riche musée.

De Pautre côté de PArno, à la base méridionale des Apennins, les cités qui avaient de lPimportance au moyen âge sont restées industrielles et populeuses parce que leur position commerciale à gardé toute sa valeur. Prato, où la vallée de PArno à ses plus grandes dimensions, estun centre agricole important, est riche en usines métallurgiques et possède en outre de riches carrières de serpentine qui ont servi à la décoration des plus beaux édifices de Ta Toscane el de sa propre église, célèbre par la merveilleuse chaire de Donatello, seulptée à l'angle extérieur de la façade ; Pistoja, où descend le chemin de fer des Apennins, que d'en bas on voit escalader les pentes et franchir les ravins en longues sinuosités, est une ville de manufactures trèsactives. Pescia, Capannort. anx innom-

brables maisons éparses dans la campagne, © jardin de la Toscane, »

Lucques € Findustrieuse », célèbre par les tableaux de fra Bartolonnmeo,

sont également des communes où le travail est incessant. Par la beauté de ses cultures, le bassin du Serchio, assaini par les maraichers, est vraiment incomparable. Quand on se promène sur les larges remparts de Lucques, à l'ombre des rangées d'arbres puissants qui étalent leur branchage, d’un côté vers la ville, ses tours et ses coupoles, de l'autre vers les campagnes, on jouit d’un spectacle merveilleux. Les prairies et les vergers, les villes qui se révèlent par la blancheur de leurs façades au milieu de la verdure, les collines lointaines portant une tour au sommet, la beauté riante de tout ce que lon embrasse dans le vaste horizon, laissent une grande impression de paix : il semble que dans un pays si fécond et si beau, li population doive être heureuse, Et si l'on peut en croire d’enthousiastes écrivains, il serait vrai, en effet, que les paysans lucquois, ceux du val de Nievole, dans le bassin de la Pescia, et les eultivaleurs de la basse Toscane, en général, sont fortunés en comparaison des laboureurs du reste de l'Italie. Métayers pour la plupart, et métayers à longs termes, ils sont à demi propriétaires du sol; leur part de produits est sauvegardée par des conventions traditionnelles ; en travaillant, ils ont la satisfaction de peiner en partie pour eux-mêmes, et la terre n’en est que mieux cultivée, Pourtant elle ne leur suffit pas, car ils sont obligés d'émigrer en foule, pour aller chercher de l'ouvrage, que d'ailleurs ils trouvent facilement, car les Lucquois sont célèbres dans toute Pltalie et même à l'étranger par leur zèle au labeur, Un grand nombre d’entre eux vont périodiquement en Corse pour semer et récolter à la place des paresseux propriétaires. En été, plus de deux mille eultivateurs de Capannori sont toujours absents de leur patrie. Les émigrants lucquois ont aussi la spécialité du rémoulage. La haute vallée du Serchio, connue sous le nom de Garfagnana et dont le débouché naturel est la ville de Lucques, n'a pas des habitants moins indus- Lieux que ceux de sa métropole, naguère capitale d'un état souverain. Toutes les pentes des collines qui s'avancent en contre-forts des Apennins et des Alpes Apuanes, sont cultivées en gradins, dont l’étagement régulier ne nuit point à la beauté du paysage, grâce à la multitude des arbres et à la variété des cultures. Castelnovo, le chef-lieu de cette vallée de Garfagnana, l'une des plus belles et des plus pitloresques de Pltalie, occupe elle-même, sur un promontoire limité par le Serchio et par la Torrita, issue des formidables défilés de PAltissime, un des sites les plus admirables de cette admirable contrée, C'est dans les environs que se parle, diton, le meilleur italien populaire, encore supérieur à celui de Sienne, à cause de Fadoucissement des gutturales; c'est aussi dans cette région que le doux génie toscan à

ment ses plus beaux chants.

E | ‘4 VILLES DE LA TUSCANE, ay D ie À La vallée de la Magra, dont le bassin supérieur, au cœur des Apennins, l ju | enferme la petite ville de Pontremoli et les nombreux villages de sa com- et 1e mune, est plus fréquentée que la Garfagnana, à cause de son grand chemin, i f ue è de Parme au golfe de la Spezia. La partie inférieure de cette vallée, dite la na me Lunigiana, du nom de l'antique cité disparue de Luni, n'est pas moins belle Hl k el que la vallée parallèle du Serchio et, de plus, elle offre les magnifiques ! 4 les tableaux que forment les promontoires, les plages et les villes maritimes | j! y Fe entourées d'oliviers, C'est à l'issue de cette vallée, au sud de la charmante 16 ll 1 Sarzana, que les Alpes Apuanes, en se rapprochant de la mer, forment ce î 14 | 7. défilé si important dans l'histoire où se trouvent les villes de Carrara et de que js Massa, dépendant administrativement de Émilie, quoique par le versant, 11 LS le climat, les mœurs, les relations d'affaires, elles se rattachent à la Tos- {: | We cane, Carrara, dont le nom signilie simplement «€ carrière », est la ville le de qui a remplacé Luni comme lieu d'expédition des beaux marbres blancs l' | : que la statuaire demande aux montagnes voisines et dont le mètre cube vaut | ” jusqu'à près de 2,000 franes pour les qualités les plus précieuses; les hau- ‘HR nl é Re ; a : RL leurs environnantes sont perforées de sept cent vingt carrières, dont environ it be trois cents sont en pleine exploitation ; la ville entière est comme un im- il se mense atelier de sculpture et possède une académie qui à formé des mai- ji + tres célèbres, Massa, plus favorisée que Carrara par la douceur du climat, | ; qu ss a des marbres moins beaux, mais d'autant plus employés pour les travaux ; À courants de l'industrie; on les exploite depuis 1856. Quant aux marbres À 4 s. de Serravezza, qui proviennent de FAltissimo et d'autres montagnes mé- | 11 à ridionales de la chaîne Apuane, dans le voisinage de a ville de Pietra le | d Santa, il en est qui sont aussi beaux que ceux de Carrare. Michel-Ange, qui je ù le les appréciait fort, employa trois années à construire la route qui devait j: és faciliter l'accès des plus belles couches; d'ailleurs la ville de Florence avait 'l ki commencé d'utiliser ce marbre depuis longtemps déjà : ce sont les carrières ni À ï de Serravezza qui ont fourni les dalles blanches du fameux campanile!. Les 1 a ë carrières et les mines des environs donnent aussi des ardoises, du fer, du : if j'ANE plomb, de l'argent. |. 1 L ù Ces villes du détilé marin des Alpes Apuanes devaient progresser en raison : Hi He ; | de la prospérité générale, tandis que Pise, la grande république commer- \.14 M i Carrières dé marbre des Alpes Apuincs, en 875 : | A 3) 1 Extraction. Valeur. ER !

l Carrare 4, « 89,000 tomes. 9,000,000 tr. ! nn | ji Massa. . . . . 16,000» },500,000 » mn Serravezz. 0 ee 0000 L,800,000 » ne.

134,000 tonnes. 12,500,000 ti 088 | | 112 : ti j | 1

ciale de la Toscane au moyen âge, devait fatalement déchoir, lorsque ta cause de sa grandeur eut disparu. Quand mème elle n'aurait pas eu à souffrir de la concurrence de Gênes, sa puissante rivale, quand mème sa Motte n'aurait pas été anéantie par les Génois, vers la fin du treizième siècle, entin les tours et les magasins du port n'eussent-ils pas été rasés, Pise ne pouvait éviter la décadence. Les alluvions de son fleuve, ne cessant d'empiéter sur La mer, ont fini par obstruer complétement lancien porto Pisano, Situé jadis à treize kilomètres au sud de la bouche de lArno; en 1#4%2, il n'y avait plus que 5 pieds d'eau; un sièele plus lard, les petites barques de rameurs pouvaient seules entrer; il fut alors définitivement abandonné, et maintenant il n’en reste plus de traces. Au siècle dernier, on disputait sur l'emplacement qu'il fallait lui attribuer ; d'autres cités devaient done succéder à Pise comme intermédiaires des échanges de la Toscane. Pisa morta, «Pise la morte, » à du moins gardé des restes admirables de son passé; elle à son étonnante cathédrale, immense écrin d'objets précieux, son baptistère de forme si élégante, son Campo santo et les célèbres fresques d'Orgagna et de Gozzoli qui le décorent, sa bizarre tour penchée qui, sans plaire au regard, n'en est pas moins une des grandes curiosités de Ptalie, etqui commande ladmirable panorama des monts Pisans et des plaines alluviales de Arno et du Serchio. Bien affaiblie pour le commerce, mais toujours fort importante comme centre agricole. Pise vit pour la pensée, grâce à son université, lune des meilleures de ltalie. Enfin, elle à ce que nul changement d'itinéraire dans le mouvement des échanges ne peut lui ravir, son doux climat sédatif, dont les étrangers du nord viennent en grand nombre jouir pendant l'hiver. Livourne où Livorno fut l'héritière commerciale de Pise, et ses navires ont cessé de suivre les mêmes escales vers les ports du Levant. Débouché naturel des riches bassins de la Toscane, Livourne est un marché beaucoup plus actif que ne le ferait supposer la forme du littoral : e’était naguère le deuxième port de Plalies; il venait immédiatement après Gênes par ordre d'importance, mais Naples l'a récemment dépassé! Les milliers de Juifs espagnols el portugais qui SY réfugièrent et qui ont attiré depuis beaucoup d'autres compatriotes ont su largement développer les ressources de cette ville. Étudiée au point de vue architectural, c’est lune des moins intéressantes de Ftalie, mais comme monument du travail humain, elle est des plus curieuses : pour asseoir, il a fallu consolider la terre marécageuse, tandis Mouvement du port et du district de Livourne, en IKT3 :

Port... AO, 3NO navires, jaugeanit L,N22,000 tonneaux. Ensemble du district. 22,043 » ” 2,226,400 »

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