VALLÉE DU TIBRE
} sont les nombreuses cascatelles de l'Anio (Aniene ou Teverone), le dernier affluent que reçoit le Tibre en amont de Rome, De la colline verdoyante qui porte le pittoresque Tivoli, entouré de ses vieux murs, on voit s'échapper de toutes parts le flot argenté des cascades ; les unes glissent en longues nappes sur la roche polie, les autres S’élancent d'une voûte d'ombre, se déploient un instant dans Pair, puis disparaissent de nouveau sous le feuillage ; toutes, LA puissantes gerbes ou simples filets d'eau, ont un trait spécial de beauté qui dll les distingue, et par leur ensemble elles forment un des tableaux les plus
AN | s £ "pe. je . j fi gracieux de l'Italie, Aussi Tivoli, dont le nom est proverbial dans le monde {l AE culier comme synonyme de lieu charmant, a-t1l été de tout temps l'un des 14 { grands rendez-vous des Romains. En dépit de la rime populure : LE
livoli di mal conforte, — 0 piove, o tira vento, o suona « morto! (Tivoli sans comfort, — Eau, vent où glas de mort!)
quelques villas modernes y ont succédé aux maisons de plaisance, vraies où prétendues, de Mécène, d'Horace, de Catulle, de Properce et à l'immense villa d'Hadrien, la plus somptueuse qui fût jamais, et dont les ruines couvrent, à l'ouest de la Tivoli actuelle, plusieurs kilomètres carrés de sur- | ion face. De nos jours il est grandement question d'utiliser les eaux de l'Aniene pour la grande industrie. Ce fleuve roule environ 400 mètres cubes en temps de crue et, pendant les saisons les plus sèches, son débit ne tombe pas au-dessous de 50 où 25 mètres; les ingénieurs ont calculé que cette masse d'eau tombant d'une centaine de mètres de hauteur leur donnerait une force d'au moins 15,000 chevaux, et ils font leurs plans pour en tirer profit. Les il
anciens n'exploitaient industriellement les chutes de Tivoli que pour en re- ie IH 6:
ürer les concrélions de ©pierre Uburtine » où travertin que les eaux cale mn caires déposent à droite et à gauche de leur Bit et qui en maints endroits atteignent une puissance de 50 mètres. Is s'en servaient pour & construclion des monuments de Rome. La couleur du travertin, quand on le tire de la carrière, est blanche, mais après un certain temps elle tourne au jaune el prend ensuite une teinte rougeâtre très-agréable à l'œil, qui contribue à donner aux édifices un caractère de majesté.
En aval de son confluent avec l'Anio, le Tibre ne reçoit plus que de faibles ruisseaux. Îl est tout formé, et son flot, toujours jaune de Pargile qu'il a délayée dans son passage à travers les plaines de l'Ombrie, vient rouler avec Loute sa puissance sous les ponts de Rome. Bientôt après, il contourne de ses méandres les dernières collines, qui bordent un ancien golfe comblé, et, déjà soulevé par le flot de marée qui vient à sa rencontre, se bifurque autour de l'île Sacrée, jadis File de Vénus, célèbre par ses roses, aujourd'hui
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triste solitude marécageuse, couverte de jones et d'asphodèles, Le vieux Tibre est le bras qui coute au sud de File; c'est lui qui porte encore à la mer la plus grande quantité d'eau et qui a poussé en dehors du continent la péninsule d'alluvions la plus considérable, Ostie, qui était la « porte » du fleuve aux premiers temps de lhistoire romaine, repose maintenant sous les champs de céréales et les chardons à 6 kilomètres et demi du rivage: les fouilles entreprises depuis 1855 la font ressusciter peu à peu comme la Pompéi napolitaine : On peul \ visiter les temples de Jupiter, de Cybèle, entrer dans un sanctuaire de Mithra, parcourié Pancienne voie des tome beaux, se promener dans les rues bordées d'arcades, à côté de magasins fermés depuis plus de deux mille ans. Les commerçants de Rome avaient dù abandonner la ville à cause de Fallongement du KE fluvial et de la barre de sable qui en obstruait Pentrée, Déjà du temps de Strabon Ostie n'avait plus de port.
Pour reconquérir un débouché sur la mer, les empereurs romains firent creuser au nord du bras d'Ostie un canal que les eaux du Tibre ont peu à peu transformé par leurs érosions et leurs apports en un petit fleuve sinueux : e'estle Fiumicino, Claude fit excaver de vastes bassins au bord d'une erique assez profonde Située an nord du canal, et lt s'éleva bientôt une nouvelle Ostie, Trajan ouvrit, un peu plus au sud-est, un autre port, qui fut pendant plusieurs siècles la véritable embouchure commerciale du Tibre. Mais depuis environ mille ans ce port S'est comblé ; les alluvions gagnent incessamment sur la mer et prolongent le triangle de terres qu'elles ont formé au devant de lt courbe naturelle du rivage Lace entre CGinita-Vecelia et Porto d'Ansio ; actuellement les anciens bas- Sins sont laissés à près de 2 kilomètres dans les campagnes. Du côté du Fiumieino, où le chenal est indiqué par des rangées de pieux que Peau vient aouiHer à la base, les progrès du delta sont d'environ un mètre par an, lundis qu'ils atteignent près de trois mètres à li bouche de Fancienne Ostie, Sur les bords d'un grand étang qui servait de darse intérieure au port de Trajan, où trouve des ruines en grand nombre, palais, thermes, entrepôts. Des fouilles entreprises en ceLendroit pour le compte de a famille Torlonia ont amené la découverte de quelques objets d'art.
Ainsi le Tibre, comme l'Arno, le Po, le Rhône, l'Ébre, le Nilet tous les autres fleuves qui se jettent dans Lx Méditerranée, est obstrué à son embouchure par des banes de sable infranchissables aux grands navires, et Rome, au lieu de se servir de son fleuve pour communiquer avee les pays d'outre-mer, est obligée d'avoir recours à des ports éloignés : est par An-
Hum, Anxur (Terracine), Pouzzolles même, qu'à défaut d'Ostie elle se met