VILLES DU LATIUM ET DE L'OMBRIE
nid de verdure au pied de ses « rochers blanchissants », n'est plus la porte de Rome que pour les voyageurs venus du Midi par la route du littoral, Presque toutes les autres villes du Latium sont situées sur les deux grandes routes historiques, dont l'une remonte au nord vers Florence, tandis que l'autre pénètre au sud-est dans la vallée du Sacco et descend dans les campagnes du Napolitain. Au nord, la cité principale est Viterbe, « Ja ville des belles fontaines et des belles filles; » au sud, sur le versant du Garigliano, Alatri, dominée par sa superbe acropole aux murs eyelopéens, est le grand marché et le lieu de fabrique pour les paysans des alentours, À l'est, dans une des plus charmantes vallées de Ta Sabine, que parcourt l'Anio, € aux ondes toujours froides, » est une autre ville célèbre, Subiaco, l'antique Sublaqueum, ainsi nommée des trois lacs qu'avait formés Néron au moyen de digues de retenue et dans lesquels il pêchait les truites avec un filet d'or, C'est près de Subiaco que saint Benoît établit dans la « sainte caverne » (sacro specu) le couvent célèbre qui précéda l'abbaye plus fameuse encore de mont Cassin, et qui fut, après le monastère de Lerins en Provence, le berceau du monachisme de l'Occident!
Lande ville qui sert d'intermédiaire entre Rome et Ancône, entre la vallée du Tibre inférieur et la région des Apennins de Toseane et des Marches, est le chef-lieu de Ombrie, l'antique Pérouse, l'une des puissantes cités étrusques des premiers temps de l'histoire, une de celles dont le voisinage, sondé par les travaux de fouille, à livré aux regards des tombeaux du plus saisissant intérêt, Après chaque guerre, après chaque période de destruction et de ruine, la ville s'est relevée, grâce à sa position des plus heureuses au bord d’une plaine très-fertile et au point de jonction de plusieurs routes naturelles. A Ta fois toscane et romaine, elle devint, à l'époque de la Renaissance, le siége de lune des grandes écoles de peinture ; par Vanucci «le Pérugin », sa gloire est une des plus éclatantes de l'Italie. I reste encore à Pérouse de beaux monuments de cette époque célèbre, Actuellement la ville n'est plus l’une des capitales artistiques de la Péninsule, mais, comme siége d'université, elle a toujours son groupe de littérateurs et d'érudits; elle est aussi fort active, surtout pour le commerce des soies gréges ; la propreté de ses maisons et de ses rues, qui cependant ont gardé leur aspect original, la pureté de son atmosphère, le charme de sa population, y attirent chaque été une partie considérable de la colonie d'étrangers riches qui passent l'hiver à Rome, Pérouse à de beaucoup distancé son ancienne rivale, Foligno ou
* Communes du Latium ayant plus de 10,000 habiiants :
Rome, . . 256,000 habitants (1875). Velletri . . 13,500 habitants (1871). Viterbe.. . 20,600 n (1871). Alatri. . , 19,800 » n
Faligno, dont le bassin lacustre est changé en campagnes d’une si grande fertilité et qui fut jadis le principal marché d'échanges de toute l'Italie centrale; ses habitants, fort industrieux, ont gardé quelques spécialités de fabrication, entre autres le tannage des cuirs. Quant à la ville d’Assisi, st gracieuse à voir dans son doux paysage, elle est à bon droit célèbre par son temple de Minerve, si parfaitement conservé, et par le couvent magnifique où l’on admire les fresques de Cimabüe, «le dernier des neintres grecs, » et celles de son continuateur Giotto, «le premier des peintres italiens ; » ce n'est qu'une bourgade sans activité, mais elle est entourée d’une banlieue agricole, riche et populeuse : c'est Tà que naquit, à la fin du douzième siècle, François d'Assise, le fondateur de l'ordre fameux des Franciscains.
D'autres villes secondaires de l'Ombrie, sans grande importance commerciale, ont du moins un nom considérable dans l’histoire ou se distinguent par la beauté de leurs monuments ou de leurs paysages". Spoleto, dont Hannibal ne put forcer les portes, à sa basilique superbe au porche si original, son viaduc romain jeté sur une gorge profonde et ses montagnes couvertes de bois de pins et de châtaigniers; Terni à dans les environs l’un des plus beaux spectacles de FTtalie, la puissante cascade du Velino, dont les Romains ont taillé le lit dans la roche vive; Rieti, jadis surnommée l'Heureuse, à son lac, reste de Paneienne mer qu'a vidée la chute du Velino, à la tranchée delle Marmore. Au nord du Tibre, sur les frontières de la Toscane, la fière et malpropre Orvieto, où se fabriquait jadis le fameux remède dit orviétan, la vieille cité papale hérissant de ses clochers et de ses tours le promontoire de scories qui la porte, possède la merveilleuse façade de sa cathédrale, aux mosaïques incrustées, qui en font un chef-d'œuvre d'ornementation et presque de bijouterie, Enfin, les deux villes principales de lApennin d’'Ombrie, Città di Castello, située au bord du ruisseau qui deviendra le Tibre, et Gubbio, bâtie au cœur même des montagnes, sont toutes les deux riches en sites charmants ou grandioses, et l'une et autre ont des eaux médicinales fréquentées. Les érudits vont visiter dans le palais municipal de Gubbio les fameuses € tables Engubines », sept plaques de bronze couvertes de caractères ombriens : ce sont les seuls monuments de ce genre
qui nous restent, À moitié chemin entre Pérouse et Città di Castello, dans
! Communes de l'Ombrie ayant plus de 10,000 habitants en 187L :
Pérouse (Perugia).. 49,500 hab. Terni. 16,600 hab. Città di Castello. , : ., 24,000 » Orvieto.., A | 14,600» Gubbio, . . , . . . . . 929,700 » Rien... . . 14,200 » Fuligno.. . . . . , « , 21,700 » Assisi, . , 14,000 »
Spoleto «20,700 » | Umbertide (Fratta) . 411,000 »
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