N° 02, — MONTE GARGANO
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pas sans inquiétude à doubler la presqu'ile du Gargano et à s'aventurer au milieu des îles bordées d’écueils qui la continuent au large vers la côle dalmate, Tremiti, Pianosa, Pelagosa.
L'ancien volcan du mont Vultur, au sud de la vallée de l'Ofanto, se dresse comme la borne méridionale des Apennins de Naples. Au delà, le sol s’abaisse graduellement et n’est plus qu'un plateau raviné d'où les eaux rayonnent en trois directions, à l’ouest par le Sele vers le golfe de Salerne, au sud-est vers le golfe de Tarente, au nord-est vers l'Adriatique. Loin de se bifurquer, comme on le représentait jadis sur les cartes, l’Apennin est
Ein ÿ | rt À MONTAGNES DE L'ITALIE MÉRIDIONALE, 485 } les même complétement interrompu par le seuil de Potenza, et a longue \i lus | presqu'ile qui forme le € talon » de Fltalie n'a pour toutes élévations que tt} \ 4 édé ! des terrasses aux contours indécis et des collines aux longues croupes : UHR des monotones. if lo, L'autre presqu'ile, celle des Calabres, est, au contraire, montueuse et | UE un très-accidentée d'aspect. L'Apennin recommence au sud de Lagonegro et 4 ion s'élève en brusques escarpements jusqu'au-dessus de la zone des bois, Le 4 4 ent mont Pollino, d'où l'on domine à la fois les deux mers d'Ionie et d'Éolie, ul est plus haut que le Matese et que toutes les autres cimes du Napoli- fl tain; le groupe dont il occupe le centre barre Ta presqu'ile dans toute sa 4 il largeur, d'une mer à l'autre mer, et se prolonge au bord des eaux occi- {4h dentales en un mur de rochers plus abrupts encore que ceux de la Ligurie 08 “Je et beaucoup plus inaccessibles à cause du manque complet de routes. Au al | sud, il s'ouvre en de beaux vallons boisés où les habitants vont recueillir t k| ‘ | sur le tronc des frênes li manne médicinale qui s'expédie ensuite dans ih EN tous les pays du monde, La profonde vallée du Crati limite au sud et à li # HAL l'est ce premier massif et le sépare d’un deuxième, moins élevé, mais à La base plus étendue : é'est a Sila, dont les rochers de granit et de : Ci schistes, d'origine beaucoup plus ancienne que les Apennins, ont encore (il A gardé la parure et, Pon pourrait dire, Phorreur de leurs grandes forêts de ; il d'à pins et de sapins, hantées par les bandits. Jadis ces forêts, qui valurent AL ja f: aux montagnes le nom de « Pays de la Résine », fournirent aux Hellènes 4 à à de la Grande Grèce, puis aux Romains, le bois nécessaire à la construction Î fl HA ï de leurs flottes, et maintenant encore les chantiers de construction de 1] RFO: l'Italie y prennent un grand nombre de leurs madriers, Des pâtres, que 1 FE l'on dit être en partie les descendants des Sarrasins qui occupèrent autre- À + fois la contrée, mènent leurs troupeaux pendant la belle saison dans les ‘À Fi clairières de ces forêts. { Li, Au sud du groupe isolé de la Sila s'arrondit le large golfe de Squillace, 41 ( 4 au devant duquel la mer Tyrrhénienne projette une autre baie semi-cireu- Li 1 rer laire, celle de Santa Eufemia. Il ne reste plus entre les deux mers qu’un a la isthme étroit, occupé par de petits plateaux disposés en degrés et entourés il ! |A d'anciennes plages qui marquent les reculs successifs de 1 mer; mais au Ft All lg sse delà de ce seuil, où des souverains ont eu idée, non suivie d'effet, de : 4 ji ji sol faire creuser un canal maritime, s'élève un troisième massif, au noyau de Fi tl'ACA aux roches cristallines, bien nommé l'Aspromonte. Énorme croupe à peine | ea ne, découpée en sommets distinets, mais rayée sur tout son pourtour de ravins ia | de rougeûtres où de furieux torrents roulent en hiver, « l’äpre montagne, » 1} f est encore revêtue de ses bois, étale largement dans la mer Jonienne ses pro- un 1 ‘Al
486 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE,
montoires panachés de palmiers et disparaîtenfin sous les flots, à la pointe désignée par les marins sous le nom de «€ Partage des vents Un (Spartivento).
Mais, outre les divers massifs plus où moins isolés que l'on peut considérer comme faisant partie du système des Apennins, le pays de Naples a, comme les provinces romaines, ses montagnes volcaniques. Elles forment deux rangées irrégulières, l'une sur le continent, l'autre dans la mer Tyrrhénienne, et se rattachent peut-être souterrainement par un foyer caché aux volcans des îles Lipari et au mont Etna, L'une de ces montagnes
est le Vésuve, la bouche de laves la plus fameuse du monde entier, non qu'elle soit la plus active ou qu'elle s'élève le plus haut dans la zone des
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nuages, mais son histoire est celle de tout un peuple qui vit au milieu de
ses laves; nul volcan n'a été mieux étudié : grâce à la proximité immédiate de Naples, c'est une sorte de laboratoire de géologie fonctionnant sous les veux de l'Europe.
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A peine, en sortant du défilé de. Gaëte, a-t-on pénétré dans le paradis de Ja Terre de Labour, que l'on voit un premier volcan, la Rocca Monfina, se dresser entre deux massifs calcaires, dont lun est le Massico, aux vins exquis célébrés par Horace, le poëte gourmet, Depuis les temps préhistoriques le volean repose, où du moins on ne possède aucun récit authentique de ses fureurs; un village, qui à succédé à une place forte des anciens Auronces, adversaires des Romains, s'est niché avec confiance dans la riche verdure de son cratère ébréché, quoique l'aspect extérieur de la montagne soit encore en maints endroits aussi formidable qu'au lendemain d'une éruption. La principale bouche des laves, entourant un dôme de trachyte, le mont Santa Croce, qui s'élève à près de 1,000 mètres, est l'une des plus vastes de Ftalie : elle n'a pas moins de 4,600 mètres de large ; deux autres cratères s'ouvrent dans le voisinage et plusieurs eûnes parasites d'éruption, hérissant les pentes extérieures de la montagne, font corame une sorte de cour à la coupole centrale. Le sol de la Campanie est formé jusqu'à une profondeur inconnue des cendres rejetées jadis du cratère de Rocca Monfina, et qui se sont déposées, soit à l'air libre, soit an fond de baies émergées depuis. Dans 1 région méridionale de la Terre de Labour, ces tufs renferment un grand netabre de coquillages en tout pareils
! Altitudes des Apennins de Naples :
Meta. , . . . es ce 2,9% mt. ! Capri (Monte Solara). . . . 597 môt.
Monte Miletto (Matese) . , . , . 2,047 » Monte Pollino. , . TE 9,554 » » Calvo (Gargano). .. 1,970 » La Sins 45 0 den .. 1,187 » »Nant' Angelo (cap Campanella) 1,470 » Aspromonte, 4,909 »
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VOLUANS DE L'ITALIE MÉRIDIONALE, A7 4e Pa, LU 4 1:
à ceux de la mer voisine, Toute cette région a done été récemment soulevée, 14 Les collines qui S'élévent au sud de la merveilleuse campagne n'ont pas (90 : ’ , , ‘ à HA la majesté de la Rocea Montina, mais leur voisinage du bord de la mer et nan || nl h NU US, CENDHES DE LA CAMPANIE, f il è a k # (A L { { ; FA | RE F4 Capote LS Pres Cut ( HAT M pa RTE î ; | (4 | £ Halle LS ! qd “(nt | (1 4!
Le (hi Se CN | x, ge lschia d aceeR WE deGr ne 14/30! DEN EEE) d'après Carl. Vogt Echelle de 1:835.400 | pierres D dE dal. Calcai eus pires Etage Etain les remarquables phénomènes qui Sy sont accomplis les ont rendues bien autrement célèbres; dès l'antiquité la plus reculée, elles ont été consi- HE r + RTE nt r Se ‘4 dérées comme une des grandes curiosités de la Terre, Vas de la position . , : à - LAN 10 dominatrice de la colline des Camaldules, au-dessus de Naples, les « champs NE à Phlégréens », cmbellis d'ailleurs par Li verdure et le voisinage des eaux fi : nul
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marines, ne nous paraissent point une région d'horreurs, depuis que nous connaissons des régions du monde incomparablement plus ravagées par les laves et qui par leurs explosions ont causé des désastres beancoup plus effrayants. Les voleans de Java, des îles Sandwich, de l'Amérique centrale, de la Cordillère andine, ont porté tort dans notre imagination aux pustules du golfe de Baïa; mais les phénomènes st divers de cette petite région volcanique durent frapper singulièrement lesprit de nos premiers ancêtres gréco-romains, Leur inteiligence, si ouverte pourtant, ne pouvait comprendre ces merveilles : aussi ne manqua-t-elle pas de les attribuer à des dieux : là était pour eux le seuil du monde souterrain. Cette terre qui frémit, ces flammes sortant d'un foyer caché, ces ouvertures béantes en communication avec des cavernes inconnues, ces lacs qui se vident et s'emplissent soudain, ces antres vomissant des gaz mortels, tout cela entra pour une forte part dans leur mythologie et dans leur poétique, et c'est encore là que, malgré nous, se trouve l'origine d’une multitude de nos images, de nos comparaisons et de nos idées. Du temps de Strabon, les bords du golfe de Baïa étaient devenus le rendez-vous des voluptueux, et tous Îles promontoires, toutes les collines des environs portaient de somptueuses villas; a contrée tout eatière était le plus charmant des jardins, embelli par la vue la plus admirable de la mer et des îles; mais on se racontait encore des choses terribles sur le monde de cavernes et de flammes caché dans les profondeurs, Un oracle “edoutable + siégeait, entouré d'un peuple de mineurs, les mythiques Cimmériens, auxquels devaient S'adresser les étrangers qui voulaient consulter les dieux : ces populations de troglodytes étuent tenues de ne jamais voir le soleilet ne quittaient leurs souterrains que pendant li nuit. On disait aussi que les champs Phlégréens avaient été le théâtre de grandes luttes entre les géants; peut-être était-ce un souvenir des batailles qui s'étaient livrées pour a possession des terres fertiles de la Campanie. Au moyen âge, Pouzroles était considéré par les fidèles comme le lieu par lequel Jésus-Christ était descendu aux enfers.
Les cratères qui servirent de vomitoires à ce foyer où € pyriphlégéton » des anciens sont au nombre d'une vingtaine, si lon compte seulement ceux dont les bords, entiers ou ébréchés, sont encore nettement reconnaissables ; mais il en est aussi plusieurs qui se sont mutuellement oblitérés en s'enelavant les uns dans les autres, en croisant ou en superposant leurs murailles. Vu de haut, et sans là végétation qui l'embellit, l'ensemble du paysage prendrait un aspeel analogue à celui de la surface lunaire, parsemée d’entonnoirs inégaux. Naples même est bâtie dans un cratère aux contours Indécis, rendus plus vagues entore par les édifices qui s'élèvent en amphi-
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e e So H * k CHAMPS PHLEGREENS. 489 + Dj * nous k ” Las | + AE à théâtre sur les pentes; mais à louest se groupent plusieurs cuvettes vol- Lt 4 [el 1 Ÿ "les : ; dr à : ee HEAR | caniques mieux dessinées, dont l'une s'appuie extérieurement sur un long ( hi RTS Jus . | k ee , . , : + te Al I | promontoire de tuf, où s'élève le prétendu tombeau de Virgile, Dès qu'on 4 ï rale, Re de k s ul a dépassé le tunnel du Pausilippe, Pune des anciennes € merveilles du qu ules ie + s monde », on se trouve dans la région des champs Phlégréens proprement il rion : ne ne : | FÉH À ; dits, À gauche, la petite île de Nisita où Nisida, au profond cratère ouvrant ee tres ; \ nl:
aux eaux du large l'échanerure du Porto Pavone, dresse son cône régulier ‘RUE *om- 2 ‘ 2 L'ERU ÿ comme la boëne extérieure de cet amas de volear:. . ERN | des Hire | A } nee Le plus vaste de tous, et celui qui a le plus gardé de son activité d'autre- UE mi + ‘ van sé priee . : s 4 | . fois, est le bassin de la Solfatare, le Forum Pulcani des anciens. Sa dernière 4 uni- ee se x Lo } ; grande éruption date de TT9S, mais il continue d’exhaler ea quantité des 4! SSI À à nn : er vapeurs d'hydrogène sulfuré et de décomposer ses roches sous l'action des une à à À x À Li gaz : la nuit, un vague reflet rougeâtre S'échappe d'une centaine de petites re la & y ; x l ouvertures où S'élaborent le soufre et les sulfates, et quand on se promène , ac Ÿ ‘ " ’ | sur le sol du cratère, on entend résonner ses pas sur le sol poreux, percé s du " Fe dat | d'innombrables vésieules, Immédiatement au nord s'ouvre une autre coupe S ICS : , . . " volcanique emplie de a verdure des grands bois et d'eaux qui la reflètent : uses : , ‘ . * k cest le pare d'Astront, dont les talus circulaires sont tellement abrupts à bell elli rie ee Ë # :
er l'intérieur, qu'ils forment une barrière suffisante pour enclore les sangliers ntai . À : k ds hé et les chevreuils; la seule entrée de l'enceinte est une brèche artificielle, aché ; à : on L ; Un autre cratère moins régulier enferme les eaux, étendues, profondes, ‘uple ju rte us 0 ; et parfois bouillantes, du lac d'Agnano, que lon croit s'être formé au moyen r les R ; 540 ; r ‘ W âge. Dans les environs jaillit, de fa fameuse €grotte du Chien», une source vies ue , te fi à ‘ ” d'acide carbonique visitée par la foule des étrangers. D'autres jets de gaz et “ins ; : : \ | " d'eau sulfureuse s'élancent de tous les terrains des environs, et c'est à eux tele : . ‘ Aa de n GS | que Pouzzoles devrait son appellation, st la véritable signification du mot est enir fé à à À celle de @ Ville puante », Par contre, la ville à donné son nom à a terre de s de ; ne Feu e :
pouzzolane, lave désagrégée par les eaux qui fournit un excellent mortier et nine | : a Va ve qui servit dans Pantiquité à construire des amphithéâtres, des temples, des villas, des môles et des bassi:s Où voit encore à Pouzzoles quelques restes de on » Lou se À :
e la jetée à laquelle se vattaeli ut fe fameux pont de Baïa, construit en travers FE du golfe par Caliguta lu y TIRE iles ; ne I f:<t ) + ; st ; 4 po | Les rivages de Li buie de Pouzzoles ont fréquemment changé de niveau, icla- é . à se Île. Les trois colonnes d'én temple de Neptune, dit de Sérapes, en sont une illes. , S | ‘ | preuve bien connue. Après Pépoque remaine, peut" es de quelque sage , . , , , . ven T'ON or éruption non mentionnée dans l'histoire, Pédifice s'affaissa dans les eaux en- : ; avec la berge qui le portait; ses colonnes durent baigner dans la mer s in- h ; 4 hi pendant de longues années où même pendant des siècles, car jusqu'à la )hi- : Len : ; , l hauteur d'environ six mètres et demi, on voit sur les fûts de inacbre les + ñ ï La @
enveloppes des serpules et les innombrables trous ereusés par les pholades. A une autre époque, sur laquelle les chroniques restent également muettes, le temple surgit de nouveau, avec assez de régularité dans son mouvement d'élévation pour que la colonnade restt partiellement debout. Tout porte à croire que cette émersion eut lieu en 155$, lorsque la € Montagne Nouvelle » (Honte Nuovo) fut rejetée par l'officine intérieure des laves et des cendres. En quatre jours l'énorme cône, haut de 150 mètres et d'un pourtour de plusieurs kilomètres, jaillit de la plaine basse qui continuait le golle vers le nord ; le village de Tripergola fut enseveli sous les cendres ; toute une plage, dite la Ntarza, se forma au pied de la falaise de l'ancien littoral, et deux nappes d'eau qui S'étendent à l'ouest du Monte Nuovo cessèrent de communiquer avec la mer et prirent une autre forme.
Un de ces lacs, le plus rapproché du golfe, était ce fameux Lucrin, tant apprécié des gourmets de Rome à cause de ses huîtres; une simple flèche de Sable, percée d'un @ gran » naturel où passaient les petites embarcations, le Séparait de la nier : cette plage était, suivant la tradition, une digue élevée par Hercule, lorsqu'il revenait d'Ibérie, ehassant devant Tai les troupeaux de Gérvon, L'autre lac, qu'un détroit unissait alors au Luerin, est FAverne, dont Virgile, se conformant aux vieilles légendes, avait fait l'entrée des enfers. Nes eaux, claires, poissonneuses et profondes d'environ 120 mètres emplissent un ancien cratère qui n'a plus rien de bien effrayant et n'émet plus de gaz mortels en dépit de l'étymologie de son nom, les oiseaux volent sans danger au-dessus du lac et se reposent sur les bords, Pourtant les vieux souvenirs classiques de l'enfer païen hantent encore les alentours du eratère lacustre; une nappe marécageuse du bord de la Méditerranée, le lac Fusaro, est devenue FA\chéron des ciceront; à eôté se trouve lantre de Cerbère ; le Locle est le ruisseau paresseux de FAequa Morta qui Sécoule de l'étang dans la mer: le lac Lucrin, où plutôt une source qui Sy déverse, est le SUXx; une grotle arüficielle, reste d'une route souterraine que les anciens avaient creusée, du lac Averne à lt mer, est devenue la grotte de la Sibylle, Les habitants de Cumes, l'antique cité de fondation chaleidique dont on voit encore quelques débris au bord de la Méditerranée, entre le lac de Patria et celui de Fusaro, avaient apporté les mythes de Fellade dans leur nouvelle patrie, et la poésie, qui S'en estemparée, continue de les faire vivre jusqu'à nos jours.
Pour contraster avec le Tartare, il faut des Champs Élysées, et l'on donne, en effet, ce nom tune partie de la péninsule de Baïa dont les voluptueux Romains avaient fait le séjour le plus enchanteur de Funivers : tous les grands y possédaient leur villa ; Marius, Pompée, César, Auguste, Tibère,
F7 no:
|: +44 Ÿ CHAPS PIILÉGRÉENS. 49 js ME LT se) Claude, Agrippine, Néron, + résidèrent et leurs palais furent le théâtre de è | al es, mainte effroyable tragédie, Actuellement ilne reste de tous ces édifices que 140 : ont des ruines à dent écroulées dans les flots, La nature à repris le dessus et les 1) M'RtUR vté seules curiosités de la péninsule, avec les huîtrières du lac Fusaro, sont les DR : due collines de tuf et les cratères. Le cap terminal, le célèbre promontoire de Qui NUE des Misène, est un de ces anciens voleans, el jadis faisait partie d'un groupe Hi L ai d'éruption beaucoup plus considérable qui comprenait aussi la charmante 14 RTE Pt petite ile de Procida, séparée de x côte par un canal de moins de dix-huit À Fi 4 ns: mètres de profondeur, La vue que lon contemple du cap Misène est une des LE te ah plus vantées de la planète : de Ron voit dans son entier cet admirable golfe | 1: “va de Naples, «morceau du ciel tombé sur la terre. » Ikchia la joyeuse, la î } | formidable Capri, le promontoire de Korrente, bleui par l'éloignement, le AE dé Vésuve à la double enceinte, le collier de villes blanches qui entoure le : VEN dé golfe, les maisons de Naples qui ruissellent sur les pentes, les fécondes HR k { 6 plaines de la Campanie, se déroulent dans le cadre merveilleux formé par 1 | Fe li mer et F'Apennin. | Li hi . L'île de Procida réunit le massif des champs Phlégréens à la chaine des * 1 ap M, volcans insulaires qui se développe au large du golfe de Gaëte. La plus Hi ns À dé importante de ces iles est Isehia, presque rivale du Vésuve par la hauteur at 1 ê ê: fée apparente de son volean, FEpomeo, Celui-ci, qu'entourent dix ou douze cônes Fi J 1l id parasites, S'est ouvert latéralement plusieurs fois pendant l'époque historique. it nl Une grande éruption de la montagne eut lieu en 1502, et la crevasse vomit MAL IX alors des laves tellement compactes, que jusqu'à présent elles se sont refusées ‘4 ha pe à porter toute végétation, On à remarqué que le Vésuve se trouvait alors 1] ! . dans une période de repos, deux fois séculaire; mais comme il v avait ‘1 ja li alternance dans les foyers d'activité, FEpomeo est redevenu tranquille depuis FA ny que le Vésuve à repris le jeu de ses explosions; de mème, lorsque le Monte al Le Nuovo jullit du sol, le grand volean de Naples rentra dans une période de 1 hi: î MS sommeil qui dura cent trente années, Quoi qu'ilen soit de cette alternance de ERA À la. présumée dans le mouvement des laves souterraines, File d'Ischia repose au) Fa il |] depuis cinq siècles et demi; elle n'a plus d'autre issue pour le dégagement Eu il ï. in des gaz élaborés dans ses profondeurs que ses trente où quarante sources | Ai f lie thermales, qui contribuent, avee Fair pur et a beauté de Pile, à augmenter hi Al de re chaque année le flot des visiteurs. ! f 1h ILest certain qu'à une époque géologique moderne la masse insulaire a AMIE e, été soulevée, puisque ses laves trachytiques reposent en maints endroits sur LR (A Ux des argiles et des marnes contenant des coquillages semblables à ceux qui h) hf pà vientencore dans la Méditerranée : des phénomènes analogues ont eu lieu ‘te c, sur les plages de Pouzsoles et de Korrente, mais le mouvement d'élévation LT ;
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paraît avoir été beaucoup plus considérable dans Pile d'Ischia, car on y a reconnu les restes de coquilles récentes jusqu'à 600 mètres de hauteur. Jadis accrue par lexhaussement du sol marin, Ischia diminue maintenant, par suite du travail d’érosion que font les vagues à la base de ses promontoires de tuf. Il en est de même pour les autres îles volcaniques dont la rangée se prolonge au nord-ouest. Ventotiene, l'ancienne Pandataria, qui fut un lieu d’exil pour les princesses romaines, est un äpre rocher de trachyte ne gardant plus qu’une sorte de chapeau de scories et de cendres ; tout le reste a été balayé par les eaux, et les deux îles de Ventotiene et de San Stefano, jadis parties d’un même volean, sont devenues deux terres distinctes. Ponza, autre lieu de bannissement du temps des Romains, était également avec les deux iles voisines, Palmarola et Zannone, le fragment d'une enceinte de volcan démoli depuis par les vagues. Mais ce volcan s'appuyait sur des masses calcaires comme celles du continent voisin, car l'extrémité orientale de Zannone se “ompose d'une roche jurassique absolument semblable à celle du Monte Gi:xello, qui se dresse en face sur la côte romaine,
Le Vésuve, la naine à Ja fois chérie et redoutée des Napolitains, fut aussi, aux temps prélistot ques, un volcan insulaire; des coquillages marins méêlés au tuf du Monte Somma prouvent que cette partie du volcan était jadis immergée, et du côté du continent la montagne est encore entourée de plaines basses qui prolongent la mer des eaux par leur mer de verdure. On sait comment la paisible montagne, couverte jadis des plus riches cultures jusque dans le voisinage du sommet noire, révéla par une explosion soudaine la force terrible qui sommeillait dans ses profondeurs, Il y à dix-huit siècles bientôt que le dôme de la Somma, brusquement soulevé, fut réduit en poudre et projeté dans l'espace. Le nuage de cendres lancé dans les airs cacha toute la contrée sous d'immenses ténèbres ; jusqu'à Rome le soleil en fut obseurei, et l’on crut que la grande nuit de la Terre allait commencer. Quand la lumière reparut vaguement dans le ciel roux, tout était méconnaissable ; la montagne avait perdu sa forme; toutes les cultures avaient disparu sous la couche de débris, et des villes entières étaient ensevelies avec ceux des habitants qui n'avaient pu s'enfuir : on ne les a retrouvées que de nos jours,
Depuis le terrible événement, le Vésuve a fréquemment vomi des laves et des cendres ; il est même arrivé, en #72, que ses poussières d’éruption ont été transportées par le vent jusqu’à Constantinople, à la distance de 1,160 kilomètres. Jamais on n’a constaté de périodicité dans ces divers paroxysmes ; le Vésuve s'est parfois reposé assez longtemps pour que des forêts aient pu naître et grandir aux abords mêmes du cratère ; mais depuis la fin
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