‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 276 sur 545 · VILLES DE LA BANLIEUE DE NAPLES. DIE · texte numérisé non relu

VILLES DE LA BANLIEUE DE NAPLES. DIE

d'entrevoir qu'une faible part de ses précieux mystères, et les nouvelles fouilles n’y ont pas été poussées avec assez d'activité pour donner des résultats bien sérieux; enfin, Stabies, qui dort près du rivage marin, sous la ville de Castellamare, garde encore presque en entier le secret de ce qu'elle fut jadis.

Des villes populeuses et très-rapprechées les unes des autres forment tout un cortége à la cité de Naples, et lui disputent le premier rang pour la beauté de la vue. Autour de la baie, sur la plage méridionale, ce sont les célèbres Portici, Resina, Torre del Greco, Torre dell” Annunziata, Castellamare et la molle Sorrente, au climat délicieux, aux villas charmantes, regardant les flots du milieu de leurs bois d’oliviers. Au large du cap Gampanella, et en face des îles volcaniques d’Ischia et de Procida, qui dominent l'autre extrémité de la baie, se dressent les parois abruptes de l'île Capri, pleine encore des souvenirs de leffroyable Tibère, le Timberio des indigènes. Au sud de cette âpre montagne calcaire, d'aspect sicilien, où croissent, dans les fissures de la pierre, toutes les plantes de l'Europe du Midi, se déroulent les rivages d’un autre golfe, gardé à l'entrée par les îlots des Sirènes qui lentèrent en vain d'ensorceler le sage Ulysse. Ce golfe est à peine moins beau que celui de Naples; ses rivages ne sont pas moins fertiles, el pourtant aucune des trois cités qui lui ont successivement donné leur nom, Pæstum, Amalli, Salerne, n'a pu garder sa prééminence, Amalfi, la puissante république du moyen âge, dont les pratiques commerciales étaient devenues le code de tous les marins, n'est plus qu'une bourgade délaissée, abritant quelques balancelles dans sa crique rocheuse ; mais elle a les admirables sites des baies voisines et, dans un charmant vallon des alentours, la vicille cité mauresque de Ravello, presque aussi riche que Palerme en monuments d'archilecture arabe, Salerne, encore mieux Située qu'Amalfi, puisqu'elle est au débouché des chemins de la vieille Campanie, à beau se vanter, dans sa légende, d'avoir été bâtie par un fils de Noé; elle à beau avoir été choisie, comme capitale de leurs domaines, par les chevaliers normands qui s'étaient emparés de la contrée au onzième siècle, elle est fort déchue de l'antique splendeur que lui donna Robert Guiseard, Son université, jadis la plus fameuse de l'Europe par ses professeurs de médecine et Phéritière directe de la science arabe, se tait depuis des siècles, et Salerne n'a plus le moindre litre à se glorifier du nom de « Ville hippocratique », mais du moins ambitionne-t-elle toujours de se relever par le commerce et l'industrie. Elle ne demande qu'un brise-lames et des jetées pour devenir la rivale heureuse de Naples. Les habitants aiment à répéter le proverbe local :

Que Salerne ait un port, Celui de Naple est mort!

C'est vers l'extrémité méridionale de la plage rectiligne qui se prolonge au sud-est de Salerne que se trouvait l'ancienne dominatrice du golfe, Pæs- {um où Posidonie, la ville de Neptune, fondée à nouveau par les Sybarites, après avoir été occupée depuis un Lemps immémorial par les Tyrrhéniens. Pæstum, la &@ cité des roses », chantée par les poëles romains à cause de ses belles sources, de ses ombrages, de son doux climat, a cessé d'exister depuis l'invasion des Sarrasins, en 915: jusqu'au milieu du siècle dernier, ses ruines mêmes n'élaient connues que des pâtres et des brigands, et pourtant il en est peu de plus intéressantes en alie, car elles datent d'une époque

antérieure à la puissance de Rome; ses trois temples, dont le plus beau est

celui dit de Neptune, parce que le sanctuaire du dieu ne pouvait manquer d'être le principal monument dans la ville de Poseidon, sont parmi les plus majestueux de ltalie continentale, surtout à cause de la solitude qui les entoure et de la mer qui vient déferler près de leur base, Mais lors même que des bandits ne rôdent pas dans le voisinage de la route, ce n’est pas sans danger que l'on peut aller contempler cet édifice, car, autour de Pæstum et

de sa superbe enceinte de cinq kilomètres de longueur, si bien conservée,

s'étendent des terrains marécagenx, où les travaux de « bonification » sont encore loin d'être achevés; c'est avec difficulté que, sous un air aussi insalubre, les fouilles entreprises pourront être menées à bonne fin.

De Sorrente à Naples, dans les campagnes qui séparent le Vésuve des premuers contre-forts de FApennin, la chaîne des villes et des villages est pres-

que aussi continue que sur les bords du golfe, entre le cap Misène et le cap Gampanella. En montant de la petite ville de Vietri, faubourg avancé de

Salerne, qui groupe ses vieilles constructions au bord d'un étroit ravin, la roule el le chemin de fer s'élèvent par une brèche des collines vers lom-

breuse Cava, aux villas délicieuses, séjour d'été favori des visiteurs étrangers |

et des riches Napolitains, De Cava, célèbre dans le monde des antiquaires par | les archives d'un couvent voisin, la Trinità della Cava, très-riche en parche-

mins eLen diplômes, on descend dans li plaine du Sarno, où se succèdent

plusieurs villes: Nocera, lieu de villégiature des anciens Romains; Pagani, | encore Située dans la région des bois; Angri, qui utilise le coton de ses cam- | | pagnes dans ses propres filatures; Neafati, plus industrieuse encore, Mais | déjà l'on approche de la banlieue de Naples; on aperçoit près de là Pompér, |

la ville de Torre dell Annunziata, et sur les pentes méridionales du Vésuve

li ceinture semi-cireulaire de maisons que forment Bosco Tre Case et Bosco Roule, Quelques savants croient reconnaitre chez les habitants de Nocera et des villes voisines les traces du sang arabe et berbère laissé par les vingt

mille Sarrasins qu'y établit l'empereur Frédérie IL

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