‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 292 sur 545 · ESS · texte numérisé non relu

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marin à la base de l'Etna. Bientôt après, Syracuse, qui plus tard devint une république si puissante, Lentini, Catane, Megara Hyiblea, Messine, Himéra, Selinus, Camarine, Agrigente, accrurent le nombre des cités urecques; tout le pourtour de l'ile, de même que de nos jours le littoral de la Macédoine, de la Thrace et de l'Asie Mineure, devint une autre Grèce, au détriment des populations indigènes, refoulées dans l’intérieur. Les côtes de Sicile n'étaient-elles pas d’ailleurs une véritable Hellade par le elimat, la transparence de l'air, l'aspect des rochers et des montagnes? Le port « marmoréen » et la grande baie de Syracuse, l'acropole et le mont Hybla ne forment-ils pas un paysage que l’on croirait détaché de lAttique ou du Péloponèse? La fontaine d’Aréthuse, que lon voit surgir au bord de la mer, dans l’ilot mème d’Ortygie, el dont les eaux proviennent de l'intérieur de la contrée, par-dessous un détroit marin, ne ressemble-t-elle pas à l'Erasinos et à tant d’autres sources de l'Hellade qui se perdent dans les gouffres des plateaux pour reparaître à la lumière dans le voisinage du littoral? Les Syracusains disaient que le fleuve Alphée, amant de la nymphe Aréthuse, ne se mêlait point à la mer d'Ionie : au sorür des plaines de l'Élide, il s'engouffrait sous les eaux salées pour surgir de nouveau sur la rive sicilienne. Parfois, racontent les marins, on voyait Alphée bouillonner au-dessus de la mer, à côté de la fontaine Aréthuse, et dans son courant tourbillonnaient des feuilles, des fleurs et des fruits des arbres de la Grèce, Est-il une légende qui dise d’une manière plus touchante l'amour du sol natal? La nature tout entière avec ses fleuves, ses fontaines el ses plantes, avait suivi l'Hellène dans sa nouvelle patrie.

Beaucoup plus peuplée qu'elle ne lest de nos Jours, là Sicile devait compter à l’époque de sa prospérité plusieurs millions de Grecs, si l’on en juge par les énormes populations que l’on nous dit avoir vécu dans les murs de Syracuse, de Selinus, d’Agrigente. Les marchands et les soldats carthaginois ont bien plus exploité le pays qu'ils ne l'ont colonisé, et quoique,

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