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CLIMAT ET POPULATION DE LA SICILE

pendant rois où quatre siècles, ils aient dominé sur diverses parties de l'île, ils n’y ont guère laissé que de faibles débris de murailles, des monnaies et des inscriptions. Ainsi que le fait remarquer judicieusement Dennis, les monuments les plus frappants de leur règne en Sicile sont les sites désolés où s'élevaient autrefois Himéra et Selinus. Cependant, quelque minime qu'ait été, relativement à celle des Grecs, la part qu'ont prise les Carthaginois dans les croisements de la population sicilienne, et, par conséquent, dans les destinées ultérieures du peuple, cette part ne doit pas être négligée : l'élément punique est entré dans le torrent circulatoire de la nation. [Len est de même, à bien plus forte raison, pour les conquérants romains, auxquels Pile appartint pendant près de sept siècles. Les Vandales, les Goths ont aussi laissé leurs traces, Les Sarrasins eux-mêmes, si mélangés par la race, à la fois Arabes et Berbères, ajoutèrent au génie sicilien leur feu méridional, tandis que leurs vainqueurs, devenus leurs élèves en civilisation, les Normands, apportèrent les qualités solides, Paudace, la force indomptable qui animait à cette époque ces rudes fils des mers boréales, Lorsque ceux-ci mirent le siége devant Palerme en 1071, on ne parlait pas moins de cinq langues dans l’île, l'arabe, l'hébreu, le grec, le latin, le sicilien vulgaire; mais l'arabe avait si bien pris la prépondérance comme idiome civilisé, que, même sous la domination normande, les inscriplions des palais et des églises se gravaient en cette langue : c'est à la cour du roi Roger qu'Edrisi rédigea sa grande géographie, l’un des principaux monuments de la science. En 1225, les derniers Arabes de langage furent déportés dans le Napolitain, mais les croisements avaient déjà profondément modifié la race.

Plus tard, Français, Allemands, Espagnols, Aragonais ont également contribué pour une plus faible part à faire des Siciliens un peuple différent de ses voisins d'Italie par l'aspect, les mœurs, les habitudes et le sentiment naional. Pour l'insulaire, tous les continentaux, même ceux des Calabres, sont considérés comme des étrangers. Le manque de communications faciles permettait aux différents groupes de maintenir plus longtemps leur idiome et leurs caractères distinctifs de race. Ainsi, par un étrange phénomène, les Lombards de Bénévent et de Palerme que les Normands déportèrent dans l’île,

- ont gardé leur langue en Kicile plusieurs siècles après la disparition de ce

dialecte en Lombardie même. Encore de nos jours, environ cinquante mille

Siciliens témoignent par leur langage de leur origine lombarde; Piazza Ar-

merina, Aidone, San Fratello, Nicosia sont les localités où le patois lombard

continue de se parler. C’est à San Fratello, sur une colline escarpée de la

côte septentrionale, que le vieil idiome est resté le plus pur ; à Nicosia, dans

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