‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 31 sur 545 · PÊCHERIES DE LA MÉDITERRANÉE · texte numérisé non relu

PÊCHERIES DE LA MÉDITERRANÉE

de nos jours, comme il y a vingt-cinq siècles, ils remplissent encore de leurs banes pressés la Gorne-d'Or de Byzance et tant d’autres baies où les anciens naturalistes grecs les ont observés.

Outre la pêche du thon, celle de la sardine et de lanchois, dans les mers latines, est d’une réelle importance économique. Sur les côtes, prineipalement en Halie, les «fruits de mer », oursins el poulpes, contribuent aussi pour une forte part à l'alimentation des riverains ; mais la Méditerrande n'a point de parages où la vie animale surabonde en aussi prodisieuses quantités que sur les banes de Terre-Neuve, les côtes du Portugal

et des Canaries, dans PAtlantique. Une grande partie des flottilles de

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pêche est employée, non à capturer des poissons, mais à recueillir des objets de parure et de toilette, On ne pêche plus le coquillage de pourpre sur les côtes de la Phénicie, du Péloponèse et de Ha Grande-Grèce, mais des centaines d'embareations sont toujours occupées pendant ki belle saison, les unes à la recherche du corail, les autres à celle des éponges.

Le corail se trouve principalement dans les mers occidentales : des pècheurs, italiens pour la plupart, le recueillent non-seulement sur les côtes du Napolitain et de la Sicile, dans le «Phare » de Messine, sur les côtes de Sardaigne, mais aussi dans le détroit de Bonifacio, au large de Saint-Tropez, aux abords du cap Greus, en Espagne, et dans les mers barbaresques. Les éponges usuelles sont récoltées dans le golfe de Gabès et à Pautre extrémité de la Méditerranée, sur les côtes de Syrie, de l'Asie Mineure, dans les bras de mer qui serpentent au milieu des Cyelades et des Sporades. Les éponges

habitant, en général, des profondeurs moindres que les coraux, de 5 mètres

AG à 50 mètres, il est souvent facile d'aller les détacher en plongeant, tandis que le corail est brutalement cueilli par des instruments de fer qui le

cassent et en ramassent les débris, mêlés à la vase, aux algues et aux restes à d'animaleules marins. L'industrie est encore dans sa période barbare. Les À

riverains de la Méditerranée sont loin d’en être arrivés à une connaissance suffisante de la mer et de ses habitants pour qu'il leur soit possible de pratiquer méthodiquement l'élève du corail et des éponges. Tel est pourtant le but qu'ils doivent avoir en vue. Il faut qu'ils sachent arracher à Protée, le dieu changeant, la garde des troupeaux de la mer. La récolte du sel est, après la pèche, la grande industrie des bords de la Méditerranée; mais, comme la pêche, elle est encore en maints endroits dans sa période primitive; c'est pendant le cours de ce siècle seulement que

1 l'on à commencé de procéder avee science à l'exploitation du sel, de la

soude et des autres substances contenues dans l'eau marine. La Méditerranée

se prête admirablement à la produetion du sel, à cause de la température

| élevée de ses eaux, de sa forte teneur saline, de la faible oscillation de ses

marées et de la grande étendue de plages presque horizontales alternant | avec les côtes rocheuses et les promontoires de ses rives. C’est probablement j ‘| en France, aux bords de Pétang de Thau, dans la Camargue et sur le littoral î de Hyères, que se trouvent les marais salants les plus productifs et les mieux disposés; mais on en voit aussi de très-vastes sur les côtes d'Espagne, de l'Htalie, de la Sardaigne, de la Sicile, de la péninsule istriote, et jusque dans | les @ limans » salins de la Bessarabie qui bordent la mer Noire, On peut | évaluer à plus d’un million de tonnes, c’est-à-dire à un total de chargement | plus considérable que celui de la flotte de commerce française tout entière*, la masse de sel que lon récolte chaque année sur les rivages de la Méditerranée, Relativement à la richesse de la mer, c'est à une quantité tout à fait infinitésimale; ce n'est rien en proportion des trésors que la science nous

| | permettra de rer un jour de ces abimes cinfertiles? ». !

* Production du sel marin sur les bords de la Méditerranée : 200,000 tonnes.

| Espagne... , . , , .

| France. . . . . . 250,000 | Halie. . . . . . 300,000 — l Autriche... . , . . . 70,000 — | RUBAÏGS, 6-0: 8 52 site. 5 6h 120,000 | Autres pays. 4. 4, . . 200,000 (?) —

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75,000,000 fr,

# Produit annuel approximatif de la pêche...

— — du corail,, , , 16,000,000 — des éponges... . . 1,000,000

de la récolte du sel, ete, 1,140,000 tonnes. 12,000,000

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