‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 314 sur 545 · POPULATION DE LA SARDAIGNE · texte numérisé non relu

POPULATION DE LA SARDAIGNE

presque tous résidant en dehors de l'île, les titulaires des fiefs ne pouvaient s'occuper de l'amélioration des cultures et laissaient gérer leurs domaines par des intendants cupides ; de leur côté, les paysans, quoique jouissant de l'ademprivio, ne pouvaient soigner des terres qui changeaient constamment de mains : l'agriculture n’était qu'une forme de pillage. Actuellement, l'État, devenu possesseur d’une grande partie des terres vagues des anciens fiefs, cherche à s'en débarrasser pour reconstituer la propriété privée; il en a cédé d'un coup 200,000 hectares à la société anglo-italienne qui s’est chargée de construire le réseau des chemins de fer de la Sardaigne.

Dans les districts où la population est relativement considérable, la division de la propriété est devenue extrème; le sol s'est émietté pour ainsi dire et les champs se sont hérissés de haies, pépinières de mauvaises herbes : chacun d’eux se divise en autant de parcelles qu'il y a d’héritiers. Parfois, de deux frères, l'un garde le terrain et l'autre prend la récolte. Par contre, le berger nomade des districts presque déserts n'a point de terre bien définie, mais il a son troupeau; les landes, les maquis lui appartiennent, et si la fantaisie lui en vient, il peut avoir son petit enclos de cultures à l'endroit le plus fertile du pâturage. Il est certain qu'avec de semblables errements l'exploitation sérieuse du sol est tout à fait impossible, Le mal est si criant, que des économistes ont même proposé le remède bien pire d’exproprier toutes les parcelles, tous les terrains vagues et de les revendre à de grands feudataires où à des compagnies industrielles. Un pareil régime, renouvelé, sous une autre forme, de celui des fiefs catalans, ne pourrait qu'accroitre la misère déjà fort grande En certains villages du district de l'Ogliastra, sur la côte orientale, les indigènes mangent encore du pain de glands (quercus ilex) dont la pâte à été pétrie avec de l'eau provenant d'une argile onetueuse de schistes décomposés, sur laquelle on verse ensuite un peu de lard fondu En Espagne, on mange aussi des glands, mais ce sont ceux du quercus bellota, qui sont vraiment comestibles et qu'on se garde bien de mélanger #5 terre Ainsi la Sardaigne offre un exemple, probablement unique en Europe, de populations partiellement géophages, comme plusieurs tribus indiennes de la Colombie et du Venezuela.

Quoique possesseur de pâturages où de parcelles cultivées, le Sarde n'habite point la campagne. Dans l'île tyrrhénienne comme en Sicile, la population des laboureurs se groupe dans les bourgs et dans les villages. I n'y a point de hameaux ni de logis solitaire: ear il eût été jadis trop dangereux de vivre à l'écart exposé aux ravages des pirates mahométans ou chrétiens et à l'invasion de la fièvre, De nos jours le premier péril, celui de la guerre, n'existe plus, mais Fhahitude est prise et le Sarde

continue d'élever sa cabane ou sa maison dans la bourgade dont les murs offraient un refuge à ses aïeux. Même les pâtres des montagnes aiment à grouper leurs huttes en villages informes, auxquels on donne le nom de slazzi; eux-mêmes s'unissent en confédérations de défense et de protection mutuelles : ce sont les cussorgie, républiques temporaires qui offrent un modèle parfait de déférence réciproque, de justice et d'égalité. Lorsqu'un berger a eu le malheur de perdre son bétail par la peste ou par l'incendie, lusage l'autorise à réclamer de chacun de ses camarades du district et des cantons environnants au moins un animal : il reconstitue ainsi son troupeau, sans autre obligation que d’avoir à rendre la pareille quand un autre pâtre tombera dans l'infortune. Aïlleurs, notamment dans les environs d'Iglesias, les vergers sont encore en commun. Quelle que soit leur pauvreté, les Sardes des montagnes exercent les vieilles pratiques de l'hospitalité avec une véritable joie; ils habitent des maisons de pisé grossier où de pierres brutes, dépourvues de tout confort, mais ils trouvent moyen d'en faire un séjour agréable pour l'étranger. D'ailleurs l'avantage de posséder un hôte fournit à la communauté l’occasion, toujours bienvenue, de célébrer un banquet.

Dans l'ensemble des produits de Ftalie, ceux de Ta Sardaigne ne comp-

tent encore que pour une bien faible part. La plupart des paysans ne sont laborieux que par boutades, et la proportion des terres qu'ils eultivent est seulement d'un quart où d'un tiers de la superficie totale de File. Il arrive

aussi, en quelques années exceptionnelles, que les récoltes sont brülées par

| AA pi of A

les sécheresses où même dévorées par les sauterelles, que le vent apporte en nuages par-dessus la mer d'Afrique. Ni ce n'est dans le district de Sassari, les Sardes ont encore une culture rudimentaire et ne connaissent point l'art d'ennoblir leurs produits. L'olivier est l'arbre auquel ils donnent le plus de soin. Séduits par des priviléges politiques qui, suivant le nombre des arbres plantés, pouvaient s'élever jusqu'à la possession du titre de comte, des milliers de propriétaires ont changé leurs steppes ineultes en vergers, et quelques districts, dans la vallée du torrent de Bosa, sont devenus d'immenses olivettes dont les huiles s'exportent en Talie. Quant aux millions d'oranges que fournissent les jardins de Millis et d’autres villes sardes, elles ne sont point considérées comme ayant assez de valeur pour être expédiées sur le continent, et ne sont vendues que dans l'île mème, par des marchands voyageurs, Les produits exquis des orangers de la Sardaigne ont moins d'importance dans le commerce de Pile que les salicornes et autres plantes salines qui eroissent dans les terrains bas du littoral et dont les cendres sont expédiées à Marseille pour a fabrication

murs ent à n de ction t un u'un l'ins du titue eille dans soil S de I TOSvent age

en

mpson!

, est rive par prie de ent ent bre de en nl ul res "ur ile

Page 1