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Uk NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE.
tude de noblesse, Un rien le fera S'épancher en torrents de paroles sonores; mais que l'affaire soit d'importance, un mot, un geste lui suffiront. [est souvent grave et solennel d'aspect, 11 a un grand fonds de sérieux, une rare solidité de caractère, mais avec cela une gaieté toujours bienveillante, L'avantage immense, inappréciable que l'Espagnol, si l'on excepte toutefois le Vieux-Gastillan, à d'ordinaire sur la plupart des autres Européens, est celui d'être heureux. Rien ne Finquiète ; ile fait à tout; il prend philosophiquement La vie comme elle vient; a misère ne Peffraye point, et il sait même, avec une ingéniosité sans pareille, en extraire les joies et les avantages, Quel héros de roman eut Ja vie plus traversée et pour ant plus gaie que ee Gil Blas, dans lequel les Espagnols se sont si bien reconnus ? EU néanmoins €’élait alors la sombre époque de lInquisition ; mais leffroyable Saint-Office n’empêchait pas la joie. «La parfaite félicité, dit le proverbe, est de vivre aux bords du Manzanarès ; le second degré du bonheur est d'être en paradis, mais à la condition de voir Madrid par une lucarne du ciel. »
A tous ces contrastes, qui nous paraissent étranges, de jactance et de courage, de bassesse et de grandeur, de dignité grave et de franche gaieté, sont dues ces contradictions apparentes de conduite, ces alternatives bizarres d'atütude qui étonnent létranger, et que l'Espagnol appelle complaisamment cosas de España, comme si lui seul pouvait en pénétrer le secret. Comment expliquer, en effet, que lon trouve chez ce peuple tant de faiblesse à côté de tant de hautes qualités, tant de superstitions et d’ignorance avec un bon sens si nel el une si fine ironie, parfois tant de férocité avec un naturel de générosité magnanime, Ja fureur de la vengeance avec le tranquille oubli des injures, une pratique st simple et si digne de égalité avec tant de violence dans Poppression? Malgré Ta passion, le fanatisme que les Espagnols apportent dans tous leurs actes, ils acceptent avec la plus grande résignation ce qu'ils croient ne pouvoir empêcher, À cet égard, Hs sont tout à fait musulmans. Is ne répètent point comme l'Arabe : « Ce qui est éerit est éerit » Mais ils disent non moins philosophiquement: «Ce qui doit être ne peut manquer!» (Lo que ha de ser no puede fallar); et, drapés dans leur manteau, ils regardent avec dignité passer Le flot des événements. «© Les Espagnols paraissent plus sages qu'ils ne le sont, » a déjà dit depuis trois siècles le chancelier Bacon, Presque tous possédés de Hi passion du jeu, ils se Jaissent d'avance enrporter par la destinée, prêts au triomphe, non moins prêts à l’insuccès. Que de fois la sérénité fataliste de PEspagnol a-telle laissé des maux irré-
parables s'accomplir !
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Parmi ces maux on à pu craindre qu'il ne fallèt ranger la décadence
ivrémédiable de la nation tout entière. En voyant toutes les ruines accu-
mulées sur le sol de l'Espagne, en assistant aux luttes qui s’éternisent sur
cette terre ensanglantée, des historiens qui n'avaient pas une idée assez
nette du lisn de solidarité qui rattache les nations les unes aux autres ont
parlé des Espagnols comme d'un peuple absolument tombé. C'est là une
erreur, mais le recul étonnant qu'a subi la pnissance castillane depuis 1: LU
trois siècles explique comment il a été facile de se tromper. Même dans sl
le voisinage des grandes villes et de la capitale, que de campagnes, jadis