MONTAGNES DES CASTILLES
Manche. À en juger par la superficie des terrains tertiaires que les eaux ont laissés en témoignage de leur séjour, les deux lacs avaient ensemble une superficie de 76,000 kilomètres carrés, soit environ la huitième partie de la surface actuelle de la Péninsule, Relativement à ce qu'elle est de nos jours, la presqu'île d'Ibérie n’était donc à ces âges de la planète qu'une sorte de squelette non encore revêtu de chair ; les massifs de granit et de roches anciennes, unis les uns aux autres par des croupes de terrains triasiques, jurassiques et crétacés, formaient comme un double anneau monlagneux, limité extérieurement par des eaux salées, intérieurement par des eaux douces. Les golfes du dehors et les lacs du dedans s'emplissaient à la fois de dépôts que l’on reconnaît maintenant à leurs fossiles, les uns d’origine marine, les autres provenant des eaux douces. Cette période géologique dura pendant de longs âges, car les couches de terrains lacustres ont en maints endroits plus de 500 mètres d'épaisseur, Les strates miocènes qui forment la partie superficielle des deux bassins des Castilles appartiennent exactement à la même époque de la Terre, puisqu'on y trouve les ossements fossiles des mêmes grands animaux, mégathériums, mammouths, hipparions.
La partie nord-occidentale et septentrionale de l'enceinte montagneuse de la terre de Leon et de la Vicille-Castille est formée par le système des Pyrénées Cantabres; mais immédiatement à l’est du plus haut massif de ces montagnes, au nœud de la Peña Labra, des croupes allongées se détachent vers le sud-est et constituent la ligne de faite qui sépare le bassin du Duero des sources de l'Ébre. Ces croupes, connues sous divers noms, forment d’abord les paramos de Lora, inclinés en pente douce vers le plateau méridional, mais brusquement coupés vers l’Ébre, coulant comme au fond d’un fossé à quelques centaines de mètres de profondeur. À l’est, la ligne de partage, d’une altitude de plus de 1,000 mètres, se prolonge assez régulièrement jusqu’au massif de la Brujula, dont un col est utilisé par la route de Burgos à la mer, et que les voyageurs, trompés par les muletiers, se figuraient jadis être un des points les plus élevés de la Péninsule. Mais au delà, les croupes appelées à tort montes de Oca, s’exhaussent graduellement et se rattachent à un massif de véritables montagnes, au noyau de roches crislallines, la sierra de Demanda, dominée par le pic de San Lorenzo. Un autre massif, appuyé comme le premier sur de puissants contre-forts, lui succède au sud-est et porte la haute cime du Pico de Urbion, qui donne naissance à la source du Duero. Une chaîne, dite sierra Gebollera, continue régulièrement la ligne de faîte, pour s’abaisser par degrés, tout en se ramifiant diversement dans les deux bassins de l’Ébre et du Duero. Enfin, cette
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