PLATEAUX DES CASTILLES, DE LEON ET DE L'ESTREMADURE
Le plateau central de la Péninsule, entre la vallée de l'Ébre et celle du Guadalquivir, est parfaitement délimité par la nature : une enceinte semicirculaire l'entoure au nord, à l'est et au sud, des Pyrénées Cantabres à la sierra Morena*, Il est vrai que du côté de l’ouest la pente générale du plateau s'incline vers le Portugal et l'Atlantique ; mais là aussi des massifs montagneux et surtout les escarpements des gorges fluviales par lesquelles il faut dévaler pour entrer dans les vallées inférieures constituent une véritable barrière, dont certaines parties sont malaisées à traverser. La haute région où le Ducro, le Tage, le Guadiana développent leur cours supérieur est done un tout géographique distinet encadré par une zone complétement circulaire de terres à versant maritime : on peut la comparer à une sorte de péninsule plus petite enfermée dans la grande presqu'île et ne tenant aux Pyrénées françaises que par l'isthme étroit des provinces Basques. En effet, si l'eau de Fa mer s'élevait brusquement de 600 mètres, les plateaux des Castilles, diversement échancrés par des golfes, s’isoleraient du reste de l'Espagne. Leur étendue considérable, car ils forment bien près de la moitié de tout le pays, leur assurait d'avance un rôle historique des plus imporlants; par le fait même de leur position dominatrice, les Castillans ont
; .. Superficie. Popul. en 1871. Popul. kilom. 4 Bassin du Ducro, Leon et Vieille-Castille, sans Logroûo et Santander, , . , . . 94,775 kilom. car. 2,550,000 97 hab. Bassins du Tage et du Guadiana, . . . 115,819 » 2,276,000 20 »
210,592 kilom. car, 4,826,000 23 hab.
l'autres ans Îles r équi-
est le
sol et | consé- 1s natulitiques
:s fron-
elle du e semires à la plateau
montail faut iritable région st donc culauire pénin- X Pyr a.
effet, si ux des este de moitié imporns ont
il. kilom.
| hab.
) hab.
l'LATEAU DES CASTILLES, 667
annexé presque lous les territoires circonvoisins à leur domaine, qui oceupe déjà plus des deux einquièmes de toute l'Espagne.
Les Castilles, cette Espagne par excellence, ne sont point un beau pays, ou du moins leur beauté, solennelle et formidable, n’est point de nature à être comprise par la plupart des voyageurs. De vastes étendues du plateau, telles que la Tierra de Campos, au nord de Valladolid, sont d’anciens fonds lacustres, au sol d’une grande fécondité, mais d’une extrême monotonie, à ause du manque de variété dns les cultures et de l'absence de toute végétation forestière ; Le sol s'y montre à nu avee ses argiles et ses sables diversement nuancés en gris, en bleu, en rouge clair, en rouge de sang. Ses chemins, sur lesquels de longues files de mules passent en soulevant des tourbillons de poussière, se confondent avec les terrains environnants. D'autres parties du plateau, beaucoup plus inégales, sont bosselées de monlicules pierreux jaunis par le soleil et rayés sur leurs pentes de sillons où les chardons et d’autres plantes épineuses se mêlent aux céréales. Ailleurs, notamment à lorient de Madrid, le plateau prend Paspect d’un pays de montagnes ; de toutes parts l'horizon est fermé par des croupes et des cimes revêtues d’une herbe maigre, et des gorges sombres, entaillées par les eaux naissantes, s'ouvrent çà et là entre des parois de rochers. Ailleurs encore, comme dans la basse Estremadure, les pâturages s'étendent à perte de vue jusqu’à la base des montagnes éloignées, et dans ces plaines, semblables à certaines parties des pampas américaines, pas un arbre n’arrète le regard. Au commencement du siècle, des terres tout à fait incultes, quoique trèsfertiles naturellement, occupaient dans le distriet de Badajoz une étendue de plus de 100 kilomètres en longueur sur une largeur de la moitié, Un demi-million d'hommes eût véeu à l'aise dans ce désert.
A voir l’effrayante nudité de la plupart de ces plaines, on ne croirait pas que, depuis le milieu du siècle dernier, il existe une ordonnance du Conseil de Castille enjoignant à chaque habitant des campagnes de planter at moins cinq arbres. L'œuvre de déboisement à été menée avec plus de zèle que le travail de repeuplement. Les paysans ont un préjugé contre les arbres : ls disent que le feuillage leur rend le mauvais service de protéger les petits oiseaux contre les rapaces et livre ainsi les moissons en proie aux volatiles granivores ; aussi, non contents d’exterminer tous les oisillons, à l'exception des hirondelles, s'acharnent-ils à la destruction des bois ; en maints endroits il ne reste plus d'arbres que dans les solitudes éloignées de toute demeure de l’homme; on marcherait pendant des journées entières sans en apercevoir un seul. La campagne est réduite à un tel état de nudité, que, suivant le proverbe, « l'alouette traversant les Castillés doit emporter son grain. »
ü68 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Mème au milieu des champs cultivés on croirat se trouver dans un désert, surtout quand x moisson n'a laissé que des chaumes flétris. Les masures en terre grise où en pierrailles semblent de loin se confondre avec le sol environnant; les villes elles-mêmes, entourées de leurs murs ébréchés et jaunâtres, ont l'air de rochers ravinés. L'eau manque en plusieurs régions du plateau comme dans les solitudes de Afrique, Nombre de villes et de villages alimentés par Peau de source proclument joyeusement, par leur nom méme, la possession de ce riche trésor. Des ponts énormes passent sur les ravins, mais, pendant plus d'une moitié de l'année, on ne voit pas une goutte d’eau dans le lit pierreux que les constructeurs de la route ont mis ant de peine à franchir.
Le plateau central de l'Espagne n'est pas incliné seulement à Fouest vers l'Atlantique lusitanien, il descend aussi, mais d’une pente fort inégale, de la base des Pyrénées cantabres au bord septentrional de la vallée du Guadalquivir. Tandis que le haut bassin du Duero se penche de Pest à l'ouest, entre 1,000 mètres et 700 mètres d'altitude moyenne, la Nouvelle-Castille et la Manche, dans les bassins du Tage et du Guadiana, n'ont plus que 600 mètres d’élévation. Dans leur ensemble, les hautes terres de PEspagne centrale sont comparables à deux gradins de différente hauteur séparés l'un de l’autre par une muraille percée de brèches, Cette muraille qui sert de limite commune aux deux terrasses du plateau est la sierra de Guadarrama, prolongée à l'ouest par la sierra de Gredos. Au nord, les eaux qui s'écoulent par le Duero arrosent la province de Leon et la Vieille-Castille ; au sud, les bassins jumeaux du Tage et du Guadiana constituent les provinces de la Nouvelle-Castille, de la Manche et de F'Estremadure,
Les deux plateaux juxtaposés étaient oceupés à l’époque tertiaire par de grands bassins lacustres; des fleuves à cataractes, semblables aux canaux d'écoulement qui déversent dans l'Atlantique les eaux de la méditerranée canadienne, faisaient communiquer entre elles ces hautes mers de lIbérie. L'une d'elles, dont les contours sont indiqués par les limites géologiques d’une couche de débris arénacés, argileux et calcaires, arrachés aux monlagnes environnantes, est celle qui S'est écoulée par les défilés du bas Duero. dadis elle était fermée précisément de ce côté par les montagnes eristallines du Portugal, et e’est au nord-est, par la brèche de Pancorbo, où passe actuellement le chemin de fer de Burgos à Vitoria, que l'excédant des eaux s’'épanchait probablement dans le bassin de l'Ébre. En outre, un large détroit, contournant à l’est les montagnes de Guadarrama, unissait le lac supérieur, celui dont le fond est devenu la Vicille-Castille, au lac inférieur remplacé aujourd'hui par les plaines de la Nouvelle-Castille et de la
141 el Ÿ : ea ; lié Ô ral F DE ! ra ù 14 fie l ” ER :
désert, Ê DR 2 À L NE | fl masures / 1 144 o 149 4 14 € le sol à (1) : 1h échés et à Hi ‘HT régions pli | 4 21} FER es et de : |} FORM ait | ur leur jh ” £ à #4 k Hi sent sur 141 nl | pas une LH ; ie ont mis 1 u | FRA est vers Ul pl RUS { rule, de : QUE | ë (4 ; lu Gua- 3 UE À 1j.
: e Et 13 HN l'ouest, + i4 dl vu: = AA à 1 MARIA Castille Fe fil E R loi lus que Ë °POREAS 2 f ae El 15 hi ispagne =. PES EN | (fi wi + di Li séparés ù À HE FRA : © ,£ sh h F qui sert CRE fl fe:
Guadar- 2 k : e Î :
x qui Ë | Re astille ; ä 11 es pro- 3 JPA H FAR ii >. HEDIR par de CUTAUUX be 15 fl) CLTANCC SEMI Te MS 2 [EN 'a ’Ibérie. Hé 3 2 iques PAHER os IqUe: LE HER X InOnN- k | a Duero. 11 | c j | LL ui à =; ( cristal- \! | ERA ù passe | | Jul jh:
es Caux | ju | ll À 4 1 large | l 4 di le lac Il LRU
férieur : LENARUNRL
de la ; 1