SIERRAS DE GUADARRAMA ET DE GREDON
les cols de Somosierra, de Navacerrada, de Guadarrama ; aussi Ferdinand VE, tout fier du chemin tracé sous son règne à travers la montagne, fit-l dresser, sur lun des plus hauts sommets, la statue d’un lion avec une inseripton grandiose rappelant que « le roi à vaincu les monts ». Quant au chemin de fer du nord de PEspagne, il à dù tourner la sierra du côté de l'ouest par la dépression d’Âvila, mais il passe encore à une altitude plus grande d'une vingtaine de mètres que la voie ferrée dite du mont Cenis ; il l'emporte également par lt hauteur sur toutes les autres lignes des Alpes actuellement utilisées par la vapeur. Le rempart naturel que les montagnes de Guadarrama forment au nord de la plaine de Madrid constitue pour cette ville une ligne stratégique de la plus haute importance; de sanglantes batailles ont été livrées dont le seul enjeu était la possession des passages de la sierra.
Au sud-ouest du pie de Peñalara, qui est le plus élevé de Parête Carpéto- Vétonique, les monts S'abaissent rapidement et bientôt, au pie de la Cierva, la chaîne se divise en deux rameaux. Le plus septentrional, qui se dirige à l'ouest, puis déerit un demi-cerele autour de Lx plaine d'Âvila, forme la ligne de partage entre les eaux tributaires du Duero et celles qui vont se jeter dans le Tage ; en maints endroits, é’est plutôt un renflemerz du sol, une croupe allongée, qu'une véritable chaîne, Le rame du sud, plus haut, plus régulier comme système de montagnes, formerait a chaine naturelle de jonction entre la sierra de Guadarrama et la sierra de Gredos, S'il n'était coupé en deux par le défilé qu'y a creusé la rivière d'Alberche, à sa sortie d’une étroite vallée supérieure, ménagée entre les deux murs parallèles des montagnes. Par une sorte de rhythme dont on trouve beaucoup d'autres exemples en diverses contrées de li terre, FAMberche, affluent du Tage, et le Tormes, tributaire du Duero, ont comme entrelacé leurs sources ; Le massif qui leur donne naissance épanche au sud la rivière dont les eaux coulent au nord, et au nord celle qui se dirige vers le midi.
La sierra de Gredos, qui costinue, à l’ouest du défilé de F'Aberche, le système orographique de Espagne centrale, est, après la sierra Nevade de Grenade et les monts Pyrences, celle qui présente les plus hauts sommets. La cime qui porte le beau nom de Plaza del Moro Almanzor s'élève à 2,600 mètres, é’est-à-dire en pleine zone polaire, bien au-c + de la limite des forêts. Les crêtes pelées des roches eristallines, blanches dé neige pendant la plus grande moitié de Fannée, se dressent au-dessus de pentes désertes, d'énormes éboulis de pierres et de cirques enfermant des vasques d’eau bleue, La sierra de Gredos est une des régions les moins explorées de
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la Péninsule, l'une des plus difficiles à parcourir à cause du manque absolu de villages offrant quelque confort, mais c’est aussi Pune des plus belles. Le versant méridional, limité au sud par le cours du Tietar, est charmant : c’est la contrée connue sous Le nom de Vera, Les eaux courantes et pures, les groupes de beaux arbres parsemés sur les pentes, les vergers fleuris ou verdoyants, dans lesquels se cachent à demi les villages, font de cette partie de Espagne une sorte de Nuisse : Charles-Quint donna une