N° 131 — ZONES DE VÉGÉTATION SUR LE LITTORAL DE L'ANDALOUSIE
+ Limite des Dattiers. = - Limite des Orangers Æchelle de 2: 3000.000
À o 50 200 KiL.
froid, Les parties les plus torrides de Ta côte méditerranéenne de FAndalousie ne sont pas les promontoires qui s'avancent au loin vers le sud ; ce sont, au contraire, les baies semi-cireulaires qui se reploient vers le nord. Parfaitement abritées contre tous les vents qui pourraient leur apporter de la fraicheur, elles ne sont exposées qu'aux courants atmosphériques venus du continent africain, et leur chaleur moyenne en est fatalement accrue. C'est par une raison du même genre que le littoral méditerranéen est dans son ensemble beaucoup plus tropical que la ville de Cädiz et les cités voisines, situées sur la côte atlantique. Tandis que celles-ci reçoivent librement le vent d'ouest, les rivages espagnols qui se développent en dedans du détroit sont privés de cette atmosphère rafraichissante. La porte de Gibraltar est naturellement le lieu où s'opèrent la
nale, où grandes reciras et es monts Cartha-
te région
moyenne : Madère, pas des précieux ‘ur et de
de l’An-
le sud;
LE vers le ent leur LS atmoe en es!
‘ littoral * la ville ndis que Is qui se ce rafraidrent 1h
CLIMAT DE L'ANDALOUSIR. 751
lutte et le renversement des courants aériens. Les vents y sont toujours jort vifs, surtout au milieu du détroit, et pendant l'hiver ils souffient souvent en tempête. Les courants qui prédominent sont ceux de l’ouest en hiver, ceux de l'est en été; les premiers apportent fréquemment des pluies violentes, qui vont en s'amoindrissant de Cädiz à Gibraltar; les vents d'est sont d'ordinaire les indices du beau temps. Les deux grandes bornes d'Afrique et d'Europe qui se dressent en face l'une de l'autre sont pour les marins les grands indicateurs météorologiques : quand elles se ceignent de nuages élevés où s’'enveloppent de brouillards, parfois non moins épais que ceux de Londres, le vent d'est s'annonce; quand elles se profilent nettement dans le ciel bleu, c’est un signe assuré de vent d'ouest !,
Le climat semi-tropical de la basse Andalousie est quelquefois tout à fait accablant pour les Européens du Nord ; la sécheresse de l'atmosphère finit par leur devenir intolérable. Dans la plaine et sur le littoral, l'été est presque toujours sans pluies; il est rare qu'une goutte d’eau tombe de juin en septembre. Au fond des vallées latérales dont Fair n’est pas renouvelé par les brises, la chaleur est souvent très-pénible à supporter, elle est aussi fort génante dans la plaine libre, parce que les vents aliés, qui renouvellent l'atmosphère sous les latitudes tropicales, ne soufflent pas dans le bassin du Guadalquivir. Même à Cädiz, qui pourtant se trouve environnée par les eaux, le vent de terre, connu sous le nom de medina, parce qu'il traverse les solitudes du domaine de Medina Sidonia, apporte un air étouffant, intolérable pour les gens nerveux : on dit que les actes de violence, les disputes et les meurtres sont beaucoup plus fréquents sous l'influence de ce vent que dans tout autre état de l'atmosphère, Pour les côtes méridionales le vent le plus redouté est le courant dit so/ano ou levante. Quand il se met à souffler, la chaleur devient comme lhaleine d'un four : on se croirait transporté en plein Sahara. Une vapeur quelquefois rougeûtre, blanchâtre le plus souvent et d° nature encore inexpliquée, la calina, pèse sur Fhorizon du sud; les chaudes bouffées soulèvent sur les chemins, dans les campagnes mêmes, des tourbillons de poussière et flétrissent le feuillage des arbres; souvent, lorsque le vent à persisté pendant plusieurs jours, on a vu les oiseaux périr comme étouffés,
Tandis que dans les régions tempérées de l'Europe lété est une saison
de fleurs et de feuillage, elle est, au contraire, une saison de sécheresse el
Grenade. Séville. Gibraltar,
! Température, d’après Coello.. 18,9 20° (?) 20°,7{?) Pluie annuelle, , , . , . 10,232 0,664 0,755
Pluie d'octobre en mars. . . 1®,093 0,588 0,516
Pluie d'avril en septembre. 0,209 0,076 0,219
de mort dans Andalousie, Si ce n'est dans les jardins et les campagnes arrosées, qui gardent leur éclat pendant les chaleurs, la végétation se brûle, se raccornit, prend une teinte grisâtre qui se confond avec celle de la terre. Mais à l’époque des averses équinoxiales d'automne, tombant en pluies dans les terres basses, en neiges sur les montagnes, les plantes jaillissent et se dressent de nouveau ; elles jouissent d'un second printemps. En février, la campagne est dans toute sa beauté. Les pluies de mars, d'ailleurs assez peu régulières et presque toujours accompagnées d’orages, entretiennent cette richesse de la flore, puis la chaleur et les sécheresses reprennent le dessus, la nature se fétrit de nouveau.
IL est certain que le climat de P'Andalousie, considéré dans son ensemble, ne fournit pas au sol une suffisante humidité. Quelques parties de la contrée sont de véritables steppes sans eau, sans végétation arborescente, sans demeures humaines. La plus grande de ces plaines infertiles oceupe les deux bords de la basse vallée du Genil, entre Aguilar, Écija, Osuna, Antequera ; en certains endroits, elle n'a pas moins de #8 kilomètres de largeur, et dans cette vaste étendue on ne trouve d'eau douce nulle part, si ce n'est dans le Genil lui-même. Les fonds sont remplis par des lagunes saumâlres et salées aux rives argileuses blanches de sel en été : on pourrait se croire dans le désert d'Algérie où sur les plateaux de la Perse, La culture y est impossible; elle ne reparaît qu'aux abords des fontaines qui donnent leur nom aux villages circonvoisins, Aguadulee, Pozo Ancho, Fuentes. Un autre steppe considérable, dit de la « Manche royale », s'étend à l’est de Jaen, sur le versant oriental des terrasses grenadines et se rattache à diverses solitudes infertiles que dominent les sierras Nagra, Maria, de las Estancias, et que parcourent des ruisseaux d’eau salée, Sur les pentes méditerranéennes de PAndalousie, les régions absolument désertes sont encore plus étendues en proportion que dans le bassin du Guadalquivir. Ainsi toute la pointe sud-orientale de l'Espagne, occupée par les basaltes et les porphyres des montagnes de Gala, est complétement stérile, et lon n'y voit d'autres constructions que les tours de défense bâties de loin en loin sur les promontoires. Les plaines salines du littoral qui alternent avec les campagnes bien arrosées ont une végétation très-rare, composée presque uniquement de salsolées, de plombaginées, de crucifères; plus d’un cinquième des espèces est essentiellement africain. Ces terres salées ne se prêtent qu'à la culture ou plutôt à la récolte de la barille, plante dont les cendres servent à la fabrication de la soude.
Mais d'ordinaire le nom de l’Andalousie ne rappelle point à lesprit l'idée de ces régions infertiles, On songe plutôt aux orangers de Séville, à
npagnes ation se ec celle 1e, tomnes, les | second luies de pagnées
net les
semble, s de la escente, occupe Osuna, ètres de le part, lagunes 1h pour- ‘se, La ontaines Ancho, s'étend attache , de las pentes es sont quivir.
asalles et l’on oin en nt avec resque n cin-
ne sc
ont les
: ; espri (R
ille, à