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GIBRALTAR, CLIMAT DE L'ANDALOUSITE

naturels et ils en ont fait une citadelle prodigieuse, ayant une sorte de « coquetterie » dans ses formidables armements. C'est que la valeur stratégique de Gibraltar est précisément en rapport avec son immense imporlance dans le mouvement des échanges de commerce. Ni des navires, par dizaines de mille et portant ensemble des millions de tonnes de marchandises, passent chaque année entre les promontoires de l'Europe et de l'Afrique, des centaines de bâtiments de guerre avec leurs milliers de canons, utilisent le mème passage pour aller faire, sur quelque rivage lointain, acte ou démonstration de force, Les batailles navales qui se sont livrées dans la baie même de Gibraltar et aux abords occidentaux du détroit, à Trafalgar et au cap Saint-Vincent, témoignent du rôle considérable que la porte des deux mers à rempli dans Fhistoire militure du monde, IP n'est done pas étonnant qu'à une époque où nul ne reconnaissait le droit des populations à disposer d’elles-mèmes, FAngleterre se soit emparée d'une place de cette valeur. Les Espagnols le ressentent comme une insulte et leur cause devrait avoir la sympathie de tous, s'ils ne détenaient eux-mêmes, de l’autre côté du passage, la ville et le territoire de Ceuta. On leur a pris Pun des piliers d'Hereule avec autant de droit qu'ils en avaient eu à 'emparer de l'autre.

La fréquence des rapports historiques entre PAndalousie et les contrées berbères ne s'explique pas seulement par le voisinage des terres disjointes, elle à aussi sa raison dans la ressemblance des climats. L'Espagne méridionale à les mêmes conditions de température, d'humidité, de mouvements aériens que les campagnes du Maroc. L'Andalousie méridionale, Murcie, Alicante, sont, avec quelques localités exceptionnelles de la Sicile, de la Grèce, de l’Archipel, les contrées de l'Europe dont la température moyenne est la plus élevée, Les tableaux de température dressés par Coello, Willkomm et d’autres géographes permettaient même de croire ue l'isotherme de 20 deyrés passait dans cette partie de Espagne. Des observations plus récentes ne confirment pas cette hypothèse ; li moyenne de température ne serait que de 17 à 18 degrés à Gibraltar et à Tarifa. Quoi qu'il en soit, la zone de plus grande chaleur occupe, jusqu'à une certaine distance dans Pintérieur, le littoral de l'Algarve portugais et de la province de Huelva, puis entre fort avant dans la plaine du Guadalquivir pour embrasser Séville, Carmona, Écija, la « Poële à Frire », où le @ Fourneau » de l'Espagne, et se reploie au sud-ouest, pour aller rejoindre la eôte à Sanlücar de Barrameda. Celle région à ceci de remarquable, qu'elle forme une île de chaleur parfaitement limitée de tous les côtés par des zones de température plus basse,

Au sud de la grande enelave de fraicheur relative formée par la baie de

Cädiz et tout le district montagneux de la pointe méridionale, où souffle librement la virazon ou brise océanique, la région des grandes chaleurs recommence par les villes du détroit; elle englobe Algeciras et Gibraltar et s'élève à des hauteurs diverses sur le versant de tous les monts qui se prolongent à l'est jusqu'au cap de Gala, puis au delà de Carthagène et d’Alicante, jusqu'au promontoire de la Nao. Dans cette région côtière, les froids sout pour ainsi dire inconnus; la température moyenne du mois le moins chaud est de 12 degrés centigrades. L'ile de Madère, située à près de 500 kilomètres plus près de l'équateur, n'a pas des années aussi chaudes que Gibraltar et Mälaga, quoiqu'elle ait le précieux avantage d’avoir un moindre écart dans les alternances de chaleur et de

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