‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 379 sur 545 · PAY · texte numérisé non relu

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TÿPES ANDALOUS.

Dessin de Maillard, d'après des photographies de M. J. Laurent.

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nid é l'OPULATIONS DE L'ANDALOUSIE, 737 Al ROLE Turdétans, relativement très-policés, puisqu'ils possédaient des annales, ï DE UE des poëmes, des lois écrites, avaient reçu sur leur territoire des colonies | | Îl de Phéniciens, de Carthaginois, de Grecs; puis ils se latinisérent; ils ou- {1 113 blièrent leur langue, leurs cités devinrent autant de petites Romes, En ‘fl ft dehors de lltalie, peu de contrées étaient plus romaines que la leur et ai prenaient une plus large part d'influence dans les destinées communes de LR l'empire. On a retrouvé à Mäilaga et, plus récemment encore, à Osuna AE (Colonia Julia Genctiva), des textes de constitutions municipales du temps ia de Jules César et de Domitien : ces documents ont démontré que les cités de LU JL ces provinces jouissaient d'une autonomie locale presque absolue. no! (ii La désorganisation du moade romain amena dans l'Espagne méridio- FL) hi nale de nouveaux éléments tiniques, les Vandales, les Grees byzantins, LL les Visigoths, auxquels succédèrent les Arabes et les Berbères, aceompa- ol 1 gnés des Juifs, On fait dériver le nom de l'Andalousie des Vandales qui l'ont {Al il habitée pendant quelques années au commencement du cinquième siècle. AUUR ILest vrai que les chroniqueurs espagnols ne donnéreat jamais le nom de ; | M Q7 € Vandalousie » à l'ancienne Bétique. C'est au tenips des Arabes seule- | :] HE ment que l'appellation d'Andalou apparait pour la première fois, mais Re 4 appliquée à la Péninsule tout entière auses bien qu'à la vallée du Guadal- Rai quuie; elle ne fut restreinte à l'Andalousie actueile qu'à l'époque où les pl 4 Arabes eurent perdu toutes les autres provinces de l'Espagne. Peut-être, fl \ ainsi que le suppose M. Vivien de Saint-Martin, les habitants du nord de fl HN l'Afrique avaientals donné ce nom à lFispanie tout entière lors de la con- NDS quête de leur pays par les Vandales : la contrée qu'ils apercevaient de Li l'autre côté de a mer m'avait d'importance à leurs veux que parce que hi À leurs maîtres en étaient sortis. ii nl !} Les Maures eux-mêmes, c’est-à-dire les populations mélangées du nord 4 # de l'Afrique, Arabes et surtout Berbères, eurent une part bien autrement qi | grande que les tribus d'origine germanique dans la formation du peuple 1} 1 | andalou. Possesseurs du pays pendant sept cents années, foisonnant en 1 (Al tu multitudes dans les grandes cités, et eultivant partout les campagnes à Eat A] É côté des anciens habitants, ils s’unirent intimement avec eux el, plus Î À 1 | tard, quand l’ordre d'exil fut promulgué contre toute leur race, ceux Ü ui mêmes qui le prononçaient et qui étaient chargés de le mettre à exécu- il À LE Ù + lion avaient dans leurs propres artères une forte part de sang maure. EU Dans certaines régions des provinces andalouses, notamment dans les val- | 4e tip lées de lAlpujarra, où les Maures réussirent à se maintenir indépen- t di th dants jusqu'à la fin du seizième siècle, là population était devenue tel- jf if] lement africaine, que les pratiques religieuses, et non nuance de Ja % k. n 95 ET eu

peau, étaient les seuls indices de démareation entre musulmans et chrétiens. L'idiome andalou, plus encore que le castillan, est fortement arabisé par l'accent, non moins que par les mots et les tournures de phrase; les noms de Dieux d'origine sémitique sont beaucoup plus nombreux en maints districts que les noms ibères et latins: les fêtes, les cérémonies, les mœurs ont gardé leurs traits mauresques. Dans les cités, presque tous les édifices remarquables sont des aleazars ou des mosquées, et inème les constructions modernes ont toutes quelque chose du style arabe modifié par les traditions romaines, Au lieu de regarder au dehors, comme le font les demeures des autres Européens, les riches habitations de PAndalousie regardent surtout en dedans, vers le patio, cour intérieure poée en dalles de marbre blane où multicolore : c’est à que s'assemble à famille pour prendre le frais, à côté de Ta fontaine, dont le jet grésille incessamment dans la vasque polie.

Depuis époque des Arabes, aucun élément ethnique nouveau de quelque importance ne S'est mêlé aux populations primitives. est vrai que pendant la deuxième moitié du dix-huitième siècle des villages peuplés de colons, allemands pour la plupart, furent établis dans certains despoblados de P'Andalousie, à la Carolina, sur la route du Despeñaperros au Guadalquivir, à la Carlota età Fuente Palmera, entre Cordoue et Séville; mais ces colonies, mal entretenues, ne prospérèrent point: les habitants moururent en grand nombre, d'autres retournèrent dans leur pays; en moins d'une généraüon, les étrangers S'élaient fondus dans le reste du peuple. Les quelques négoclants non espagnols établis dans Les ports de Andalousie ont eu une part d'influence bien plus sérieuse,

On l'a souvent répété, les Andaless sont les Gascons de PEspagne. Is sont, en général, gracieux el souples de corps, séduisants de manières, éloquents de mine, de gestes et de Tangage. Ce sont des charmeurs, mais le charme qu'ils exercent n’est souvent employé que pour les buts les plus fuules : sous la faconde on trouve le manque de pensée; toute cette redondance sonore cache le vide. Les Andalous, quoique non dépourvus de bravoure, sont très-portés à la fanfaronnade : ils aiment à faire valoir leur mérite, quelquefois mème aux dépens de la vérité; ils font étalage de tout ee qu'ils possèdent, même de ce qu'ils ne possèdent pas, et leur désir de briller les emporte au delà des limites du vrai. Mais cette tendance à l'exagération fastueuse, cette imagination surabondante ont cela de bon que PAndalou voit toutes les choses par leur beau côté; il est heureux quand même. pourvu qu'il fasse et qu'il entende du bruits ruiné,

misérable, sans ressources matérielles, il lui reste loujours celles de les-

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prit et de la gaieté; il garde aussi son égoïsme bienveillant; non-seulement il est heureux lui-même, mais il aime à voir les autres aussi contents que lui, D'ailleurs, en Andalousie comme dans tout le reste de Espagne, les habitants des monts se distinguent de ceux des campagnes basses par une démarche plus grave et une parole plus réservée. Ainsi, les Jactanos ou montagnards de Jaen sont connus sous le nom de « Galiciens de P'Andalousie ». La beauté des femmes des hautes vallées et de Ti montagne est aussi plus noble et plus sévère que celle des femmes de la plaine, Comparées aux charmantes Gaditanes, aux majas faseinatrices de Néville, les Grenadines, les femmes de Guadix, de Baza ont des traits remarquables surtout par leur noblesse et leur fierté.

Quoique l'on trouve aussi de rudes travailleurs dans la Bétique, prineipalement dans les régions montagneuses et les districts miniers, on peut dire cependant que Pamour du labeur n'est pas la vertu capitale des Andalous. Aussi les immenses ressourees du pays, qui pourrait être pour le reste de l'Europe une grande serre de productions presque tropicales, ne sontelles que très-médiocrement utilisées. Mais il serait injuste d'en aceuser seulement les habitants eux-mêmes; Ta faute en est ausst aux conditions de li tenure du sol. La basse Andalousie, plus encore que les Castilles, estun pays de grande propriété. Là les domaines princiers sont de véritables États. Aux temps de la conquête sur les Maures, lorsque le pouvoir royal, fort d'une longue tradition et consolidé par la conquête, en était arrivé à tenir les peuples en parfait mépris, les grands seigneurs casillans firent découper la contrée en immenses domaines, et chacun prit le sien. Nombre de ces propriétés, consistant en excellentes terres situées sous Pan des meilleurs climats du monde, se sont peu à peu transformées en pâlis à peine utilisés, Sur des étendues de plusieurs lieues, on ne voit pas une seule demeure, pas un verger, pas même les vestiges du travail humain. @Le grand propriétaire, dit M. de Bourgoing, semble + régner comme le Ton dans les forêts, en éloignant par ses rugissements tout ee qui pourrait anprocher de lui, » Dans les régions montagneuses, la terre se divise aussi en grands domaines, mais elle est répartie entre de nombreux mélayers donnent au maître du sol le tiers des produits et des troupeaux, Leur position est meilleure que celle des habitants de la poune, mais leur mode de culture est des plus rudimentaires.

Les magnifiques jardins d'orangers de Kéville et de Kanliear, de Carmona, d'Estepa, d'Utrera, les olivettes, les vergers et les vignobles de Mälaga et des autres cités de PAndalousie livrent au commerce une quantité

considérable de fruits ; les riches récoltes de céréales ont fait de la contrée

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un des principaux greniers de l'Espagne ; mais les vins sont la seule production agricole de Andalousie qui ait une grande importance économique dans le commerce du monde. Les campagnes de Jerez, à l'orient de la baie de Cüdiz, produisent une énorme quantité de vin, qui, sous le nom de

. sherry, dérivé de celui de Ta cité voisine, est expédié en masse pour les

marchés de PAngleterre, La maladie de la vigne, qui a longtemps épargné les cépages de Jerez, tandis qu'elle dévastait les vignobles du reste de l'Europe, est une des causes qui ont le plus contribué à l'exportation du sherry ; mais la réduction considérable de droits votée par le Parlement anglais a été une raison plus décisive encore, Une grande partie des vignobles est entre les mains de propriétaires anglais; des négociants, des préparateurs de la même nation sont occupés en foule à couper les différents crus avec les gros vins de Chielana, de Rota et de Sanlüear, à se Hivrer à toutes les opérations, légitimes ou frauduleuses, qui appartiennent à ce genre de commerce. Certains vins de premier ordre, la tintilla sucrée de Rota, le manzanilla, jeune vin non encore soumis au coupage, que l’on boit dans un verre à part, le pajarete, fabriqué avee une espèce de raisin particulière que lon fait sécher avant de l'envoyer au pressoir, constituer: un véritable monopole entre les mains de quelques propriétaires et peuvent garder leur authenticité, tandis que les «vins de table » et les autres produits de qualité inférieure sont manipulés à outrance, Mais, dans l'ensemble, ces industries ont propagé dans le pays des habitudes de travail qui n'existaient pas. Le port de Kanta Maria, sur la baie de Gädiz, est au

premier rang pour lexportation des vins, et grâce à ses vignobles de Jerez, de Mälaga et autres villes andalouses, FEspagne à pu, pendant les années favorables, disputer à sa voisine d'outre-Pyrénées la prééminence pour le commerce des « liquides! ».

L'industrie proprement dite, si florissante pendant les âges mauresques, alors que les soies, les draps, les cuirs d'Andalousie avaient une réputation européenne, et que les ateliers de la seule Séville étaient peuplés, dit-on, de plus de 100,000 ouvriers, n'est plus de nos jours que l'ombre d’ellemême ; mais le travail des mines a, sinon gardé, du moins repris une part de son importance, Du temps de Strabon, la Turdétanie, c’est-à-dire la plus grande partie de la vallée du Bétis, « jouissait à tel point de ce double privilége de la fertilité et de la richesse en mines, que nulle expression

1 Exportation des vins de la baie de Cädiz :

1858... ,. . . . . . . . , 163,500 hectolitres. 1 8692. CRC NC 952,500 »

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