POPULATIONS DE LA GRECE
tefois la langue policée des Hellènes à repris graduellement le dessus, et la race elle-même a si bien reconquis la prédominance, qu'il est impossible maintenant de retrouver les éléments serbes de la population. Mais, après avoir été presque entièrement slavisée, l'Hellade courut le risque de devenir albanaise, surtout pendant la domination vénitienne, Encore au commencement du siècle, lalbanais était la langue prépondérante de l'Élide, d'Arcos, de la Béotie et de l'Attique; de nos jours, plus de cent mille prétendus Hellènes la parlent encore. La population actuelle de Ta Grèce est donc fort mélangée, mais il serait difficile de dire dans quelles proportions se sont unis les éléments divers : hellène, slave, albanais. On pense que les Grecs les plus purs de race sont les Maïnotes où Maniotes de la péninsule du Ténare; eux-mêmes se disent les descendants directs des Spartiates et montrent encore parmi leurs châteaux forts celui qui appartint au « seiuneur Lycurgue ». Depuis un temps immémorial jusqu’à la guerre de l'indépendance, leurs assemblées de vieillards gardèrent le titre de «Sénat de Lacédémone ». Tout Maïnote jurait d'aimer jusqu’à la mort «le premier des biens, la liberté, héritage des ancètres spartiates ». Cependant les noms d'une foule de localités du Magne sont d'origine serbe et témoignent du long séjour des Slaves dans la contrée. Les Maïnotes pratiquent la « vendetta » comme s'ils étaient des Monténégrins; mais cette coutume n'est-elle pas celle de presque toutes les peuplades encore barbares?
Quoi qu'il en soit, il est certain qu'en dépit des invasions et des croisements, là race grecque, peut-être en partie sous l'influence du elimat qui l'entoure, a fini par se retrouver avec la plupart de ses traits distinctifs, D'abord, elle à su garder sa langue, et l'on à vraiment lieu de S'étonner que le grec vulgaire, issu d’ailleurs d'un idiome rustique, ne diffère pas davanlage du grec littéraire ancien, Les changements, analogues à ceux que Fon retrouve dans les langues néo-latines, se réduisent presque à deux, Fabrévialion des mots par la contraction des syllabes non accentuées et l'emploi des auxiliaires dans le verbe, Aussi n'est-il pas difficile aux Grecs modernes d’expurger peu à peu leur idiome des tournures barbares et des mots étrangers pour le rapprocher de la langue de Thucydide, Physiquement, la race n'a guère changé non plus; on reconnait les anciens types en maint distriet de la Grèce moderne, Le Béotien a cette démarehe lourde qui faisait de lui un objet de risée parmi les autres Grecs; le jeune Athénien a la souplesse, la grâce et l'allure intrépide que l'on admire dans les cavaliers sculptés sur les frises du Parthénon; la femme de Sparte à gardé ete beauté forte et fière que les poëles célébraient autrefois chez les vierges doriennes, Au moral, la filiation
des Hellénes modernes n'est pas moins évidente, Comme ses ancètres, le
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NOUVELLE GÉOGRAUIHE UNIVERSELLE.
Grec de nos jours est amoureux du changement, curieux de nouveautés, grand questionneur des étrangers; descendant de citoyens libres, ia gardé le sentiment de légalité, ettoujours enivré de sa dialectique, discute sans cesse comme S'il était encore dans Fagoras il s'abaisse souvent à Matter, mais sans conviction et par artilice de langage, Enfin, comme Fanecien Grec, 1 place trop souvent le mérite intellectuel au-dessus du mérite morals à l'exemple du « sage Ulysse », le héros des chants homériques, ne sait que trop bien mentir et tromper avec grâces pour lui PAcarnanien véridique et le Mai note « lent à promettre, fidèle à tenir», sont des rustres bizarres. Un des traits de caractère qui distingue aussi de tous les autres Européens Faneien Grec et Le moderne, est qu'il se laisse rarement entrainer par les fortes passions, à l'exception du patriotisme, De plus, ignore li mélancolie; il aime la vie etil veut en jouir, Ia donnera pourtant volontiers dans un jour de bataille, mais dans ec cas la mort elle-même est un acte où se concentreut toutes les forces de la vie. Le suicide est un genre de mort inconnu parmi les Grecs de nos jours : le plus malheureux, celui qui a le plus de raisons d'être désespéré, se rattache quand même à existence, Un Grec atteint de folie est également un phénomène des plus rares,
\etuellement, la nationalité grecque, en dépit des éléments st divers qui l'ont composée, estune de celles qui dans leur ensemble présentent le enractère le plus homogène, Les Albanais, d'origine pélasgique, comme les Hellènes, ne leur cèdent point en patriotisme, eee sont eux, Nouliotes, Hydriotes, Spezziotes, qui ont peut-être le plus vaillamment tutté pour la cause commune de Findépendanee nationale. Les huit cents familles de finrares Kutzo-valiques où roumains, qui paissent leurs troupeaux dans les montagnes de PAcarnanie et de FÉtolie, etque lon connait sous le nom de Kara-Gounis où «@ Noires-Capotes », parlent à la fois les deux langues, el plusieurs d'entre eux épousent des Grecques, bien qu'ils ne donnent jamais leurs filles en mariage à des Hellènes. Fiers et libres, 11 sont trop clair-semés pour que leur groupe de population puisse avoir une grande inportance, Quant aux étrangers proprement dits, les Grees sont assez intolérants à leur égard et ne prennent point à che de leur rendre le séjour agréable, Les Tures, jadis St nombreux dans certaines parties du Péloponèse, en Béotie el dans File d'Eubée, ont dû fuir jusqu'au dernier le pass où leur présence rappelait les tristes souvenirs de servitude, et il r'ont laissé en témoignage de leur séjour que Le Lez, Le narghilé, les babouches. Les fuils, que Fon rencontre en multitudes dans toutes les villes de FOrient slave et musulman, n'osent guère se hasarder parmi les Grecs, qui du reste
sont pour eux de redoutables rivaux dans Le maniement des finances. On ne
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