SÉVILLE, UTRERA, SANLÉCAR, JEREZ
sources nombreuses et limpides. Après avoir fait mouvoir les roues de plusieurs minoteries, Peau d’Alealä entre dans Séville par un long aqueduc de plus de quatre cents arcades, connu sous le nom d’Arcos de Carmona. On le désigne ainsi paree qu'il est parallèle à la route qui mène, à travers les vignes et les oliviers, à l’ancienne ville romaine de Carmona (Carmo), dominant les campagnes du haut de sa colline avancée.
Au sud de Séville, les anciennes cités de la Bétique inférieure, trèspopuleuses du temps des Maures, n’ont plus qu'une faible importance. Utrera, la plus considérable, et d’ailleurs assez jolie ville, à le grand avantage, rare en Espagne, d’être au point de croisement de quatre lignes de fer : là viennent s'unir à la principale voie de lPAndalousie le chemin de fer de Moron, qui apporte les beaux marbres de la sierra, et celui qui parcourt les riches campagnes d'Osuna et de Marchena, villes limitées à l’est par le désert, Utrera est célèbre dans le monde des aficionados, à cause des taureaux de course qui paissent, à l'ouest de son terri- Loire de culture, dans les maremmes du Guadalquivir. Lebrija, ceinte de ses vicilles murailles et aère de sa belle tour d'église, imitée de la Giralda, est encore plus rapprochée qu'Utrera de ces espaces marécageux, qui commencent presque immédiatement au pied de son coleau pour se continuer au sud-ouest, jusqu’à la bouche du Guadalquivir, À Lebrija naquit Juan Diaz de Solis, le navigateur qui découvrit le rio de la Plata.
La gardienne de l'embouchure, Sanlücar de Barrameda, aux maisons blanches et roses ombragées de palmiers, n’est plus, comme au temps des Arabes, le grand port d'expédition de la vallée du Guadalquivir; ses embareations de cabotage et celles du petit havre de Bonanza, situé à une faible distance en amont, à l'endroit où les flots transparents de la mer viennent se rencontrer avec les eaux jaunes du fleuve, ne servent plus qu’au transport des denrées locales. Sanlücar, que l’on aceusait jadis, à tort on à aison, de compter parmi ses habitants un nombre malheureusement trèsconsidérable d'hommes violents et débauchés, eut l’insigne honneur de voir sortir de son port, en 1519, les trois navires de Magellan et d’y voir rentrer, trois années après, le premier bâtiment qui eût tracé son sillage sur toute la rondeur du globe. Mais, en dépit de ce grand titre de gloire commerciale, Sanlücar, dont les belles plages invitent les baigneurs, est bien plus une
ville de plaisir et de villégiature qu'une cité de trafie maritime. C'est dans un autre bassin fluvial, aux bords du Guadalete, peut-être le Léthé des anciens, que l’on rencontre le centre de commerce le plus actif entre Séville et Cädiz, la ville élégante et même fastueuse de Jerez de la
Frontera, qu'entourent les immenses bodegas ou celliers, dans lesquels
sont entassées les barriques remplies du vin précieux. La réputation des divers crus de Jerez date du commencement du dix-huitième siècle, et
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depuis celte époque elle n'a cessé de grandir; actuellement, le sherry occupe, avec le vin de Porto, la plus grande part des caves de l'Angleterre. En montant à la pittoresque cité d'Arcos de la Frontera, bâtie au sommet d'un escarpement blanchâtre, on à sous les yeux toute la riche vallée du Guadalete où se recueille la liqueur exquise. Un petit montieule qui ‘élève au milieu des vignobles indique, suivant la tradition, l'endroit où aurait eu lieu le gros de Ja fameuse bataille qui livra PEspagne aux musulmans.
La baie de Cädiz, si bien défendue des vents et de la houle du large par la flèche allongée qui commence à l'ile de Leon, est tout entourée de