IRRIGATIONS DE MURCIE ET DE VALENCE
les deux bords du bas Guadalaviar; mais il parait prouvé que les grands lravaux systématiques d'irrigation sont dus aux Arabes. Au moyen de huit “anaux principaux qui se subdivisent en nombreuses rigoles secondaires, ou acequaas, ils transformèrent toute la campagne de Valence en un paradis de verdure, Aidée dans son travail de production par des engrais que les cultivateurs diligents de la plaine vont recueillir, non-seulement dans les élables, mais aussi dans la boue des rues, la terre humide produit sans se reposer jamais, el avec une fougue étonnante. On voit dans les jardins des Uges de maïs de 9, de 6 et mème de S mètres de hauteur; les müricrs donnent trois et quatre récoltes de feuilles dans l'année; quatre, cinq moissons de plantes diverses se font dans le même terrain; on fauche jusqu'à neuf et dix fois l'herbe renaissante des prairies. Il est vrai que toute celle végétation, trop hâtivement venue, est aqueuse et sans consistance : c’est de la séve à peine consolidée ; de R le proverbe, trèsmalveillant pour Valence, que répètent les habitants des contrées voisines :
se En Valencia La carne es yerba, la yerba agua, Los hombres mujeres, las mujeres nada!
(La chair n'est que de l'herbe, et l'herbe que de l'eau : — L'homme n'est qu'une femme, et la femme est zéro.)
Cette eau précieuse, qui se transforme en une si grande quantité de produits agricoles et qui enrichit la campagne de Valence, ne pouvait manquer d’être l'objet de litiges nombreux entre les propriétaires limitrophes. Aussi at-il fallu régler l'usage des eaux de la manière la plus stricte. Chaque commune à ses heures précises; Le signal de louverture et de la fermeture des rigoles d'alimentation est donné par la cloche de lt cathédrale de Valence, Un tribunal des eaux juge toutes les questions d'arrosage qui surgissent entre les cultivateurs; il se compose des huit syndies des huit acequas, simples laboureurs élus librement par leurs égaux, non comme les plus versés dans la chicane, mais comme les plus sensés et les plus honnêtes. On fait remonter l'honneur de la fondation de cette cour de justice à un souverain musulman, Aakem-Al-Mostansir-Bilah ; mais il est probable que ce tribunal est d’origine toute populaire et n'a pas en besoin pour naître de plus de chartes et de papiers qu'il ne lui en faut pour se maintenir. Tout le mobilier du tribunal consiste en un simple canapé de velours, que le chapitre de la cathédrale, héritier des obligations des prètres de la mosquée, est tenu de fournir aux juges. Tous les jeudis, à nudi, ils s’assoient majestucusement sur leur canapé, placé au grand air,
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716 NOUVELLE GEÉOGRAPIRE UNIVERSELLE,
devant une porte de la cathédrale, Les plaideurs comparaissent devant eux «sans lettrés ni greffiers ». Chacun expose son cas, la cour interroge el discute, puis le jugement est prononcé, In'est pas d'exemple que les délinquants refusent d'acquitter l'amende, où même de céder une part de leur terre où de leurs eaux, lorsqu'ils + ont été condamnés pour réparation de dommage. Is savent ee qu'il leur en coûterait de s'adresser à des tribu-
näaux responsables, élus par d'autres que par eux!
NO 156, — P'ALMIERS D'ELCHE ET JARDINS D'ORDICELA
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