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Les hnertas des rives du car sont moins fameuses, mais plus riches, Silest possible, que celle de Valence, à laquelle elles se rattachent par une succession non interrompue de cultures. Le Jüear, soutenu par des digues qui lui donnentun niveau supérieur à celui des eumpagnes environnantes, se répand en mille canaux parmi les jardins, L'oranger ÿ domine : autour des deux seules villes d'Acira et de Careagente, la récolte annuelle dépasse vingt millions d'oranges et suffit à fournir au port de Marseille une grande partie de ces fruits qui se vendent sous le nom de « valences » sur tous
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que celle d'Acira, mais plus pittoresques par le contraste des rochers, s'échelonnent vers le sud-est duns toutes les vallées des montagnes dont les derniers promontoires forment les eaps de San Antonio et de la Nao, Dans
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} la région basse qui s'étend de l'autre côté du Fücar, sur les bords de Falbufera de Valence, Feau s'emploie surtout à l'irrigation des rizières, qui,
1 lout en donnant de riches moissons, empestent la contrée,
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| Les oùsis du grand steppe de PEspagne africaine, entre les montagnes ù d'Alcoy et celles d'Mmerfa, n'ont pas la richesse de celles des bassins du Jücar et du Guadalaviar, à cause de leur moins grande abondance d'eau ; mais elles ont aussi leur physionomie spéciale, Celle d'Aicante est f6-
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condée par les eaux de la Castuila, que l'on à recucillie dans le bassin de Tibi, célèbre dans toute PEspagne par la hauteur et la solidité de ses digues, La huerta d'Elche, sur les bords du petit Vinalapo, est en
grande partie occupée par une forèt de palmiers, tout à fait unique en
Europe, car les petits bosquets de Bordighera, sur les côtes de la Ligurie, et les groupes de dattiers épars çà et à sur les rivages de la Méditerranée AMIE ne peuvent lui être comparés. Ces arbres sont lt principale richesse des habitants d'Elche, à cause des fruits, que lon exporte jusqu'en France, et plus encore à cause de leurs feuilles, expédiées en Italie et dans l'intérieur de l'Espagne pour la fête des Rameaux. La culture de cet arbre demande des soins constants et très-pénibles; non-seulement il faut arroser le dattier et nettoyer la terre qui l'entoure, mais il faut souvent grimper le long de la tige raboteuse pour examiner les fleurs et les fruits, les tourner du côté du soleil, attacher les feuilles en faisceaux, réparer les dégâts qu'y EE a faits le vent, C’est peut-être à ces difficultés qu'il faut attribuer la dimi- Al 12 nution graduelle de la forêt de palmiers; à la fin du siècle dernier, on comptait encore dans le district d'Elche 70,000 palmiers, autant que dans ER RES | une grande oasis du Sahara; de nos jours, c'est à peine S'il en reste a 1 moitié.
La huerta du bas Segura, autour de la ville d'Orihuela, n'a pas l'originalité pittoresque de la forèt d'Elche, mais elle est plus productive : les Hi orangers, les citronniers, mélés aux amandiers, aux grenadiers, aux mû- tin riérs, abritent du soleil les plantes basses et sont dominés eux-mêmes çà et là par Les hampes des palmiers. Le grain d'Orihuela donne la meilleure farine et le meilleur pain de toute Espagne. Un proverbe local que lon peut traduire ainsi :
Qu'il pleuve ou non, AUS à Toujours bonne moisson!
fait hommage de cette fécondité du sol à l'intelligence et à l’activité des cultivateurs autant qu'à la bonté de la terre et à l'excellente qualité de l'eau du Segura. Plus haut, sur les bords du même fleuve, les habitants de Murcie, auxquels la nature à départi les mêmes avantages, sont loin de les utiliser avee autant de zèle et de savoir-faire. Leur huerta, dans laquelle vit un tiers de la population totale de la province, est certainement trèsriche, mais elle n'est point comparable à celles que cultivent leurs voisins De même, les campagnes de Lorca, quoique fort riantes, sont bien inftricures en beauté à celles d'Orihuela; il est vrai qu’en 1$02 elles furent cffroyablement dévastées à la suite d'un accident dont toutes les huertas du littoral méditerranéen peuvent être également menacées : plusieurs digues qui se succédaient sur un espace de plus de 400 mètres de hauteur totale cédèrent sous la pression des eaux d’un réservoir d'irrigation; la masse liquide, mêlée aux débris qu'elle entraînait avec elle, se précipita sur la ville; un faubourg de six cents maisons fut rasé, plusieurs villages furent entraînés dans la débâcle avec des milliers d'habitants. L'inondation soudaine causa même de grands ravages dans la ville de Murcie et jusque dans les jardins d'Orihuela, à 100 kilomètres en aval du réservoir vidé,
Une digue rompue se dresse encore au-dessus de la vallée, pareille à un
porche triomphal de 50 mètres d'élévation.
Une contrée qui présente d'aussi violents contrastes que ceux du plateau froid et de la plaine brûlante, du désert et des jardins, ne peut manquer d'offrir aussi de singulières oppositions dans F'apparence physique et morale de ses habitants, Quoique issus des mêmes ancêtres, Tbères et Celtes, Phéniciens, Carthaginois, Massiliotes et Romains, Visigoths, Arabes etBerbères, les hommes de li campagne rase eteeux qui vivent dans les bosquets toujours verdoyants différent grandement les uns des autres, Aux changements du milieu correspondent les changements de la population elle-même.
Les gens de li province de Murcie sont en contact plus immédiat avec une nature hostile, avec la roche nue, le vent desséehant, Fatmosphère poudreuse et sans vapeurs; ils sont aussi, diton, ecux qui savent le moins réagir contre le sol, Pair et le elimats ils abandonnent avee un fatalisme tout ortental, prennent les choses comme elles se présentent, sans essayer d'y rien changer par leur initiative, HS se plaisent beaucoup à la nonchalance et au repos, pratiquent la sieste en temps et hors de temps; mème aux heures de veille, ils restent graves et froids, comme S'ils poursuivaient un rève intérieur, Rarement ils se Tivrent à la gaieté; ils ne dansent même pas,
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