‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 402 sur 545 · INDUSTRIE DE VALENCE, MINES DE CARTHAGENE, TN · texte numérisé non relu

INDUSTRIE DE VALENCE, MINES DE CARTHAGENE, TN

d'une foule d'objets, de sandales, de nattes, de paniers. Du temps des Romains, nous dit Pline, on utilisait cette plante pour tous les usages domestiques on en faisait des lits, des meubles, des habits, des souliers, et le feu de la demeure était alimenté de sparte. Mais de nos jours ce végétal, le même que lalfa d'Algérie, est devenu fort précieux à cause de la résistance de sa fibre; les Anglais en font grand cas pour la fabrication du papier, ainsi que pour la trame des lapis et d’autres tissus, et depuis 1896, année où contmença l'exportation, lon met une telle hâte à satisfaire à leurs demandes. que les collines et les plaines à sparte risquent fort d'être bientôt absolument dépouillées. En plusieurs districts, on faisait deux récoltes annuelles alin de bénéficier de Paceroissement des prix, qui étaient élevés du quidruple dans Pespace de quelques années; mais on ne occupe guère de semer où de replanter, ear il faut attendre de huit à quinze ans avant que les feuilles aient une fibre de valeur marchanae. Il serait pourtant bien à désirer que le sparte ft planté sur toutes les pentes rocailleuses de Pintérieur, car c'est Pun des végétaux qui résistent le mieux à la sécheresse du sol et de l'atmosphère : il eroit sur les roches pierreuses, dans le sable mème; mais on ne le rencontre jamais sur les sols argileux®

Les veines métalliféres connues et fouillées jadis se comptent par centaines dans les montagnes du littoral de Mureie et de Valence, mais les seules qui aient de nos jours une grande valeur économique sont celles que des compagnies anglaises, françaises, belges, font exploiter dans les collines de las Herrertas, à une faible distance à Pest de Carthagènes; en outre, les amas de scories laissées par les Romains et que lon retrouve sur les pentes des collines, revètues d'une mince couche de terre végétale, contiennent encore une certaine quantité de plomb, qu'ilest facile d'extraire par des moyens peu coûteux, Le minerai de plomb argentifère qu'une population de 40,000 ouvriers recueillait à Carthagène, iv a deux mille ans, pour le compte de la république romiine. était alors une des plus grandes ressources de l'État; tout récemment, lors de la lutte des cantonalistes contre le gouvernement central, ce sont encore les mines de las Herrerias qui ont fourni aux défenseurs de Carthagène les moyens financiers de prolonger la vuerre, Pendant les années d'activité industrielle qui précédèrent les dissensions civiles, on a vu jusqu'à 29,000 habitants se grouper autour des usines de las Herrertas. Les gisements de zine, inutilisés avant ISGT, ont

pris depuis cette époque une assez grande importance, el la Belyique en

1 Récolte du sparte d'Espagne en INT :

Exportation pour F'Angleterres 4 4 67,000 tonnes, Consommation dans Le pays +, 4 4 + 4 10,000 »

\ CH É ti ‘ He:

Di À HE nl nie p'i cnnel | ni IH A FA A ui i 118 F1 À AA ARTE 14 k :

‘Al #2 qi 4 Ë jet

= memes

SE à nets utle-e

ES

RER RE Te STE Se

er rcnrene “ : » g ics $

Léa Sté Deer ae all

demande environ 10,000 tonnes par année moyenne. Les mineurs ont constaté que dans ces contrées les roches dirritiques sont toujours associées au cuivre, tandis que le trachyte et le plomb vont toujours ensemble. Lorsque des voies de communication faciles relieront au littoral toutes les hautes vallées de l’intérieur, on pourra utiliser d'autres mines, de cuivre, de plomb, d'argent, de mercure, aussi riches que celles des environs de Carthagène, et l'exploitation de véritables montagnes de sel gemme permettra d'abandonner ou de transformer en pêcheries ou en terrains de culture les marais salants du Hittoral d'AMicante et d'Elche,

Les manufactures proprement dites se trouvent presque toutes dans la plus industrieuse des deux provinces. Albacete, sur le plateau murcien, à bien ses fabriques de couteaux d'où sortent les narajas, que lon voit dégainer avee terreur; Mureie a ses filatures de soie, reste d'une industrie autrefois prospère ; Carthagène à ses corderies elautres établissements nécessaires à Pentretien d'une flotte; dätiva, où les Arabes introduistrent de Chine la fabrication du papier, possède encore quelques usines; mais le erand travail manufacturier est concentré autour de Valence et d'une autre ville de la même province, Meoy. Valence fabrique les mantes dont se servent les paysans de Ta contrée, des étoffes de laine et de soie, des laïences, des carreaux historiés, où azulejos, qui servent au revêtement extérieur des maisons. Alcoy possède ausst des faienceries, des fabriques d'étoffes, des teintureries ; mais la grande industrie de la ville, celle qui a rendu le nom d'Aleoy populaire jusqu'aux extrémités de PEspagne, est la fabrication du papier à cigarettes, Pour subvenir à l'énorme consommation que fait la Péninsule de cel article St minime en apparence, Meoy le produit et l'expédie par centaines de tonneaux. Actuellement la France envoie aussi à Espagne une grande quantité de ce papier.

Les mouillages du Hittoral de Murcie et de Valence ne servaient jadis qu'à l'expédition des denrées et des marchandises du pays et à importation des objets de consommation locale ; mais Fachèvement des votes ferrées qui relient les villes de la côte à Madrid leur a donné, en outre, une importance nationale pour les échanges de Ti Péninsule. C'est par Alicante que la eapille de Espagne se trouve le plus rapprochée de la mer, et par conséquent, c'est par Roque les négociants madrilègnes ontavantage à faire passer leurs marchandises pour ne pas les rever des frais considérables d'un long transport par terre. Fest même arrivé quelquelois, lorsque Rr guerre civile dévastait l'Espagne, que le chemin de fer de Madrid aux ports méditerranéens fut temporairement le seul Hibre sur tout son parcours, el ce chemin détourné devint alors celui de la France et de toute FEurope continentale.

A — Can = o 2208-57 ar D Sn UE AS nee

| Jr A NE EE : INDUSTRIE ET COMMERCE DE MURCIE ET DE VALENCE. TN7 | Ro | 1e meurs ont Te . ; 0 | ; H 4 Le voisinage des côtes d'Algérie, qui se développent du sud-ouest au nord-est, RIM 'S aSSOCICCS \ 2, ; , ; : AE: 2:

le I presque parallèlement au Hittoral de Carthagène et d'Micante, contribue pi | ble. Lors- sa È , ces . HE a aussi à donner à cette parhe de Ta Péninsule un rôle actif dans le commerce H: pit oules Îles R ; : PRE AIER : du monde, Des bateaux à vapeur vont el viennent fréquemment entre Pun et ! ki 1 de cuivre, ; k s à À es 04 #| U | | l'autre rivage du grand bras de mer. Des Espagnols, par dizaines de milliers, Dr TE avirons de ne ‘ é AE é Leu PORTO utilisent ces navires pour leurs relations d'affaires avec la ville d'Oran, et TA mme per- hi: ; PE e d'habitants d'Or: . Al ET Re chaque année un certain nombre d'habitants d'Orihuela, de Denia, des RDA LE ins de eul- , es Us ; bords du Jüeaur, trop à Fétroit dans leurs hucrtas surpeuplées, vont chercher à | I une nouvelle patrie sur le territoire d'Alger, Après un intervalle de plu- Σ cs dans la s +, - , | ; Le à sieurs siècles, les tiens de parenté se sont renoués entre des descendants ‘ aurcien, à ne | 14 À Le chrétiens des Maures et leurs frères musulmans. 1à l'on voit U | #:

‘industrie 4 Fi A!

1 : MER ments né- : . ; 112 hi ot d Les villes importantes du versant méditerranéen de l'Espagne devaient HE strent de : ; ; < «are AIR | naturellement se fonder el grandir, soit sur un point de la côte favorable BI LE : mas le k ; ; : Hœ AR pour le commerce, soit au bord d'un fleuve fournissant en abondance de fi té dore l'eau d'irrigation, soit encore au point de convergence de plusieurs routes ii untes don ; L : ; A , 11!

0. d commerciales. Les villes d'Abacete et d'Mmansa doivent leur rôle histo- d 1 sole, des | NE Ve : à : do “el rique dans Fhistoire de la Péninsule à cette dernière circonstance, En effet, iÀ evélemen — pe . WIRE abri Albacete est située précisément aa bord'oriental du plateau de li Manche, il abriques : ; i ne , À Il Il à l'endroit où commence le versant méditerranéen, et où les deux hautes ! 0 conte ; | , ’ , E | vallées du Segura et du icar sont le plus rapprochées lune de Fautre : | Espagne : ; s ; PABNC, c’est à que, de tout temps, S'est trouvée grande étape des voyageurs et le * CONSOM- , de ane \l marché le plus considérable entre les villes du centre de FEspagne eU celles ce, Alcoy à é one | 7 | F ‘ de la côte sudsorientale ; e’est aussi près de Erque commencent les ramitia France $ : ; : Se ; Po ; cations du trone de chemin de fer qui se dirige de Madrid vers la Méditera . ranée. Des avantages de même nature ont fait l'importance d'Anransa : Cette "AN UE ads qu'à : + she , 3 1 | G : ville se trouve à Pouest du massif des montagnes d'Aleoy et commande les ation des ‘ RE : “ , , | deux routes de Valence au nord, d'Micante et de Murcie au sed. Elle est rrées qui ; e x ; Na comme Albacete, quoique à un moindre degré, un lieu nécessaire d'arrêt iporlance à | | ; pour les hommes et d'échange pour les marchandises. e la capi- ; ny ; . | P° Mais toutes Les eités des deux provinces vraiment importantes par leurs Al CONSÉ- ne \ ce :

| ressources propres sont situées sur li côte où dans le voisinage, à moins Le passer ; R du :

l | de #0 kilomètres de lumer, La plus méridionale de ces villes, Lorea, occupe un long . FE ; k . 4 ; le une position très-pitloresque sur les pentes et à la base d'une colline de rre civile : | Ù : à : | lil formation schisteuse qui porte les ruines de lantique citadelle mauresque. &Ë cditerra- ; AAA HT us Comme toutes les quires places militures devenues pendant le cours des E LADE * chemin , : k RE À ta TS | âges des villes de travail et de commerce, Lorca devait nécessairement des- | inentale, ‘ : 4 Tr HÉHRE | cendre de ses escarpements pour S'établir dans Ha plaine, au milien des : 1 au | s: | | 4 | QU | : î | } 1 3 ‘ rl K % ke | 1 +: +0N V4 | ‘il %

‘ampagnes fertiles qu'arrose le Guadalentin. Les débris des anciens palais arabes qui s'élèvent dans le dédale des ruelles tortueuses de la montagne ont été laissés aux Gitanos, et la ville neuve, aux rues droites et alignées, s'est bâtie sur les terrains unis dans la vallée, Commercialement, Lorea se complète par la belle route qui Funit à la petite ville maritime d'Aguilas, dont, par malheur, la rade est incommode et peu sûre.

En suivant, sinon les eaux, — car elles manquent souvent, — mais le hit, tantôt humide, tantôt desséché du Guadalentin, on traverse les deux villes de Totana, quartier général des Gitanos de la contrée, et d'Alhami, dont les eaux thermales étaient jadis très-fréquentées par les Maures, puis onentre dans les bosquets de mûriers et d'orangers qui entourent la capitale de la province, Cette huerta n’est pas moins belle que les vegas de lAndalousie, mais elle n'est parsemée que de misérables édifices. Quoique fort étendue, Murcie elle-même n'a pas laspeet d'une grande ville; ses rues sont peu animées el ses édifices sont sans beauté : ee qu'elle a de plus remarquable, après la fameuse tour de sa cathédrale, où lon monte, non par un escalier, mais par une longue rampe en forme d'hélice, ee sont les promenades ombreuses qui longent les rives du Segura, et les canaux d'irrigation tracés sur le flane des montagnes, entre les escarpements jaunâtres et la douce déclivité des jardins, où le sol disparait complétement sous Ta verdure touffue, Malgré son titre de chef-lieu du @ Royaume Serenissime », \Murcie présente moins d'intérêt que sa voisine, le port de Carthagène, et ne lui est point comparable par son rôle dans l'histoire.

Carthage la Neuve était bien destinée, dans la pensée de ses fondateurs puniques, à devenir une autre Carthage. Lorsque le grand foyer du commeree maritime se trouvait sur la côte septentrionale du continent d'Mrique, le marché des échanges de Ta péninsule ibérique avait sa place marquée d'avance sur la côte sud-orientale, et nul portne présentait plus d'avantages que la petite mer intérieure, SE admirablement abritée, qu'enferment les montagnes nues et sombres de Carthagène, Cette importance maritime de la colonie punique ne put que accroître lorsque les riches mines d'argent des environs immédiats commencèrent à livrer leurs trésors, Sa puissante position militaire lui valut aussi d'être Fune des grandes eités romaines de l'bérie, À diverses reprises, les souverains de TEspagne ont essayé de ui rendre son ancien rôle stratégique en en faisant la principale station de la flotte nationale, en y construisant des entrepôts, des magasins, des arsenaux, des chantiers, des fonderies, des bassins de carénage, el surtout en hérissant de fortifications les hauteurs qui dominent le port et la rade.

Ainsi que Fa prouvé un récent épisode de la guerre civile, ls ont certaine.

cs

gd 6er A A Ph mm ÉD rt

ent a dr Pasatie €

ciens palais

a montagne et alignées, it, Lorca se eo d'Aguilas,

— mais le rse les deux d'Alhami, aures, puis U la capitale s de l’Andauoique fort 6; ses rues ‘a de plus monte, non ee sont les anaux d'ir- IS jaunâtres ent sous Ja enissime »,

thagène, et

fondateurs er du comd'Afrique, ke marquée l'avantages erment les

aritime de * d'argent \ puissante mnaines de savé de lui tion de la , des arsesurtout en U la rade.

teertaine.:

D Pr Um à

ane u Re EN ere 2e LL

LORCA, MURCIE, CARTIHAGÈNE. 789

ment réussi à rendre la ville imprenable autrement que par la famine ou par la trahison; mais l'état chronique d'indigence dans lequel se trouve le budget espagnol ne permet pas de renouveler l'immense outillage des arsenaux et des flottes, et le grand établissement naval de Carthagène ne présente d'ordinaire que l'aspect d'une lamentable ruine : la population de la ville est à peine le tiers de ce qu'elle était au milieu du dixhuitième siècle,

Page 1