POPULATIONS DE MURCIE ET DE VALENCE
eux, les voisins des Andalous sauteurs et des Manchegos chanteurs de seguidillas. En même temps, ils se laisseraient facilement entrainer par la rancune el meltraient souvent une haine sauvage au service de leurs préjugés. Quoi qu'il en soit de ces jugements sévères portés sur les habitants de Murcie par leurs voisins et même par quelques-uns des natifs de la contrée, il est certain que dans la vie générale de l'Espagne cette province est celle qui a le moins compté jusqu'à présent. Elle a fourni la moindre part d'hommes considérables par l'intelligence, et pour ee qui est du travail matériel, ses fils ne peuvent se comparer, même de loin, aux Catalans, aux Navarrais, aux Galiciens,.
Les Valenciens, au contraire, sont des hommes de labeur. Non-seulement ils cultivent el arrosent leurs plaines avec un soin et un succès admirables, mais ils trouvent aussi le moyen d’entourer leurs montagnes de vergers en lerrasses, d’arracher des moissons à la roche, à peine revètue de Ja mince couche de terre qu'ils y ont apportée, Vivant dans une nature plus riante que celle de la chaude Murcie, ils sont aussi plus gais que leurs voisins: ils chantent à cœur joie, et leurs danses sont célèbres: Valence se vante de fournir à l'Espagne ses premiers artistes en bonds et en entrechats. Mais on prétend qu'à toute cette gaieté se mêle souvent un instinct féroce; un proverbe plus qu'exagéré dit que « le paradis de la Huerta est habité par des démons ». Le fait est que la vie humaine est tenue pour peu de chose à Valence. Cette ville et son district avaient autrefois l'honneur peu enviable de fournir d'assassins à gages les grands personnages de la cour madrilègne, Jusque sur les murs qui entourent le grand marché, des croix nombreuses rappeluent les meurtres fréquents qui avaient eu lieu dans les rives soudaines, D'ailleurs, il faut le dire, à Valence, comme dans la plus grande partie de l'Espagne, les duels au couteau ne sont pas des actes plus répréhensibles que ne le sont les duels à l’épée dans une certaine classe de la société française, IS sont de tradition chevaleresque, et e'est témoigner d'un sang noble que de jouer sa vie et celle des autres avec tant de facilité, Aussi nul re fait attention aux conséquences inévitables d'une noblesse ainst comprise. La mort d'homme est un malheur, mais nul n°5 voit l'effet d'un crime; le meurtrier luimême à la conscience parfaitement en repos; il essuie son couteau aux pans de sa ceinture, el s'en sert un instant après pour couper son pain.
Ce qui à contribué à donner aux Valenciens une réputation plus mauvaise qu'ils ne méritent, c'est qu'ils ont, parmi tous les peuples de l'Espagne, un caractère de forte originalité, et d'ordinaire ce n'est pas impunément
que l’on se distingue d'autrui, Déjà par leur costume, auquel ils restent
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T4 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE.
lidèles avec une simgulière constance, les Valenciens semblent se ranger plutôt parmi les Maures que parmi les Espagnols : ils doivent à cet égard ne différer que bien peu de leurs ancètres musulmans. Une large ceinture rouge où Violette relient leur ealeçon flottant de grosse toile blanche ; leur silet de velours est garni de pièces d'argent; des Jjambards de laine blanche Ruscent voir la peau brune de leurs genoux et de leurs pieds chaussés d'espadrilles: leur tête rasée est enveloppée d'un foulard de couleur éclatante sur lequel repose un chapeau bas de forme, à bords retroussés, cujolivé de pompons et de rubans. Une mante bariolée, aux longues franges, complète Le costume, et tantôt drapée sur une épaule, lantôt enroulée autour du buste, donne au dernier mendiant un air de noblesse et de grâce, Par les habitudes, les mœurs, le mode de penser et d'agir, les Valenciens différent ausst beaucoup de leurs voisins des hauts plateaux, les Castillans. Quoique depuis longtemps réunie au rovaume d'Aragon, el par FAragon aux Castilles, Valence conserva ses droits autonomes jusqu'au commencement du dix-huitième siècle; elle avait ses dois particulières, ses Tibertés municipales, ses Cortès partaceant Fautorité législative avec le suzcrain, Pour enlever aux Valenciens leur imdépendance communale il fallut une guerre atroce, pendant laquelle des populations entières furent exterminées; tous tes habitants de Jitiva, à Pexceplion de quelques femmes et de quelques prêtres, furent passés au filde Fépée et ville elle-même fut réduite en cendres, Le souvenir de ces horreurs ne s'est point effacé et contribue, dans les guerres chiles, à relicher le Tien noué par la force entre Madrid et la province du httoral Les Valenciens se distinguent aussi des Castillans par leur langage, pur dialecte provençal. Le parler de Valence, quoique mêlé à beaucoup de mots arabes, est plus rapproché que Le catalan de li langue des anciens roubadours. Fest fort doux à entendre, surtout dans une bouche féminine.
A leurs travaux agricoles, qui de tout temps ont été loceupation principale des habitants, Mureie et Valence joignent aussi des travaux industriels dune cerlaine importance, En premie Heu, un grand nombre d'ouvriers sont emplosés à li manipulation des denrées d'exportation, huiles, vins, fruits de toute espece, Les vins fins d'Aicante, les gros vins noirs de Vinaroz et de Benicarlé, recueillis sur les frontières de a Catalogne, donnent Heu à des opérations fortactives pour Le coupage et Fexpédition ; les raisins sees provenant des vignobles de Denra, de davea, de Gandia, entre fa vallée du fear et le cap de la Nao, sont soumis à un lessivage assez compliqué; enfin, lesspartes,ottespartos (stipe tenacissona) que produisent en abon-
dance les pentes ensoleillées d'Mbacete etde Murcie, servent à la fabrication
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