ÊBRE ET SES CANAUX
mème des montagnes qui forment l'un des côtés de la grande figure géométrique.
Immédiatement en aval de la jonction, le Sègre et PÉbre réunis commencent leur trouée à travers les chaînons parallèles de la Catalogne. Du confluent à la mer, là pente totale est de 56 mètres sur un espace développé de plus de 150 kilomètres, mais le fleuve à nivelé son lit de manière à faire disparaître les cascades el les rapides. Les matériaux produits par ce grand travail de déblayement se sont déposés dans li mer en deliors de la ligne normale du rivage. Le delta de l'Ébre S'avance de 24 kilomètres dans la Méditerranée, et ses terres basses, couvertes de salines, de lagunes, de fausses rivières, 'étendent sur près de 400 kilomètres carrés. Il est vrai que du côté du sud les alluvions de l'Ébre trouvent un point d'appui dans les bas-fonds qui se dirigent vers le groupe des Columbretes : saisis par le courant qui porte au sud et au sud-ouest, les troubles se déposent surtout de ce côlé; ainsi est formée la flèche de sable qui rattache aux terres marécageuses du delta l'ile élevée de Punta la Baña et qui protége le port des Alfaques. C’est dans ce port de reluge, en grande partie vaseux comme le « Puerto del Fangal », à l'extrémité septentrionale du delta, que s'ouvre la bouche artificielle de P'Ebre, formée par le canal de Nan Carlos de la Rapita, que lon à creusé à travers les terres basses ; 1 a 14 kilomètres de longueur et sa pente est rachetée par trois écluses, C'est en vain qu'on à essayé de le faire servir à la grande navigation. Les digues latérales de l'embouchure n'ont pas empêché la formation d'une barre qui arrète les bâtiments à l'entrée, De même, les bouches naturelles, entourant la petite île de Buda, sont inaccessibles aux navires, à cause de leurs barres inconstantes, recouvertes d'une eau peu profonde.
Si l'étude géologique du delta de lEbre avait été faite d’une manière complète, si des sondages avaient déterminé le volume précis des terres alluviales jusqu'à la roche sous-jacente, et que Faceroissement annuel de la masse fL parfaitement connu, on pourrait tenter d'évaluer approximaltivement le nombre des siècles écoulés depuis le jour où le lac intérieur commença de se vider dans la mer par le courant de FÉbre. D'ailleurs, les empiétements du delta diminueront d'année en année, et depuis le commencement du siècle ils ont déjà diminué, en proportion des progrès accomplis par les eullivateurs dans Pirrigation de leurs campagnes. Le débit moyen de FÉbre n'est plus que la moitié, d'après Antonio de la Mesa, de ce qu'il était naguère, el il ne cessera de se réduire si toutes les améliorations projetées se réalisent, Déjà, pendant une grande partie de l'année, plusieurs de ses affluents sont épuisés en entier par les canaux
d'arrosage et n'atteignent pas le Hit majeur du fleuve; mais les grands tributaires pyrénéens ont encore une masse d'eau considérable qui va se perdre dans la mer et dont chaque flot pourrait faire germer des moissons dans les steppes riverains. L'Area devrait {ertiliser le sol des Bardenas et le distriet des Cinco Villas : l'eau surabondante du Galleuo, de lisuela, du Cinca semble destinée à entourer la Sierra de Aleubierre d'un réseau de cultures; le Nègre surtout tent en réserve dans ses eaux torrentueuses la fécondité future des Llanos del Urgel, encore bien incomplétement atilisés. D'énormes éapitaux, confiés à des spéculateurs sans probité, ont été gaspillés à ces diverses entreprises ; mais, en dépit de ce mécompte, il faudra se remettre à l'ouvrage pour employer le fuible excédant de pluie qui reste encore sans emploi dans le bassin de l'Ébre. Tôt ou tard le grand fleuve, de même que les autres cours d'eau de là Catalogne, le Llobregat, le Ter, le Fluvia, ressemblera aux rivières de Valence, dont chaque goutte est utilisée et se change en séve eten fruits!
La richesse exubérante des campagnes trriguées témoigne de li bonté du sol dans la Catalogne et Aragon. Même des terrains naturellement saturés de substances salines, comme ceux des environs de Saragosse, ont été transformés en d'admirables jardins fournissant des légumes et surtout des fruits exquis. Sur le littoral catalan, des plantes tropicales, des agaves, des cactus, et çà et R, au sud de Barcelone, quelques palmiers étalant leurs éventails au pied des roches rappellent encore Les beaux paysages du midi de la Péninsule, Dans le bassin de l'Ébre, la transition s'opère graduellement entre la nature presque africaine de Murcie et de Valence et l'âpre elimat des plateaux et des montagnes; mais nulle part, See n'est au bord immédiat des rivières, l'eau n'est en quantité suflisante, Dans cer- Lines régions des montagnes on voit des maisons haut perchées, dont les murailles sont rouges à cause du vin qui à servi à en délaver le mortier : après une bonne vendange, ilest plus économique d'aller puiser dans le eellier le liquide nécessaire que de chercher au loin dans quelque vallée profonde, et par des chemins difficiles, une eau précieuse, plus utilement employée à Pirrigation des champs. Arrêtés par Les montagnes et les plateaux inclinés des Gastilles, Les vents d'ouest n'apportent aucune hamidité dans
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