‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 447 sur 545 · SAINT-SEBASTIEN · texte numérisé non relu

SAINT-SEBASTIEN

Laurent

Dessin de Taylor, d’après une photographie de M.

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BiLBAO,. 867 tants de la Péninsule, c’est en vain qu'ils essayeront d’être libres tout seuls. La guerre les à déjà ‘brisés une première fois; elle menace de les briser encore et de les réduire à merci; mais la paix, non moins que la guerre,

tend à les priver de leur individualité nationale pour les faire participer à

la vie politique des populations espagnoles. L'industrie moderne, aidée par le commerce et les voyages, change les mœurs locales, enseigne la langue des voisins, fait disparaître les anciennes traditions. Les Basques ne sont pas seulement «un peuple qui saute et danse au haut des Pyrénées », comme le disait Voltaire, c’est aussi un peuple qui travaille, et c’est par le travail que se fera la fusion nationale avec les autres Espagnols.

Comme pour hâter la disparition prochaine du groupe distinet que leur race forme encore dans l'humanité, les Basques émigrent en grand nombre et laissent derrière eux des places vides que leurs voisins viennent occuper en partie. Ceux d’entre eux qui habitent les hautes vallées partiellement emplies de neige pendant l’hiver, descendent par centaines avant les mois de la saison froide et vont exercer temporairement quelque industrie lucrative dans les villes de la plaine; d’autres, entraînés par l’amour des aventures, qui chez eux est traditionnel et qui fit de leurs ancêtres de si hardis pêcheurs de baleines, partent sans désir de retour prochain et ne craignent pas d'aller s'établir sur un autre hémisphère. Naguère les Basques espagnols émigraient beaucoup moins que leurs frères de nationalité française, chassés de leur patrie par l’horreur de la conscription militaire; mais ils suivent maintenant en foule l’exemple qui leur est donné, et la majorité de ceux qui s’en vont se compose des hommes les plus énergiques, la véritable élite de la nation. Dans les républiques de la Plata, où ils vont presque tous chercher fortune, leur race est destinée à se perdre, comme élément distinct, encore bien plus rapidement qu’en Europe : c’est en vain que certains patriotes euskariens rêvent la naissance d’une nouvelle république cantabre dans les pampas de l'Amérique.

Il est vrai que, loin de leur patrie, les Basques gardent avce soin cet esprit de solidarité qui leur donne tant de force chez eux. À Madrid et dans les autres villes de l'Espagne proprement dite, à Montevideo, à Buenos- Ayres, ils s’entr’aident, se soutiennent dans l’infortune, se liguent contre des concurrents, et de cette façon ils arrivent à faire bien meilleure figure que beaucoup d’autres groupes de population relativement plus nombreux ; mais, quelle que soit leur force de cohésion, elle ne peut que retarder, non conjurer les destins. Dans un petit nombre de générations, le basque sera rayé de la liste des langues vivantes de l’Europe, comme l'ont été le cornish et le crévine, comme le seront l’erse, le manx, le wende, le lithuanien,

le livonien, et même avant l'idiome disparaîtront les anciennes mœurs CL

les institutions politiques.

Les provinces Vascongades et la Navarre n'ont que peu de villes, et celles qui se trouvent sur leur territoire sont en grande partie peuplées d'étrangers. L'Euskarien, comme l'Asturien et l'habitant de la Galice, aime la libre nature :

les villes, les gros bourgs lui déplaisent, Sauf dans les districts commerçants

et industriels, toutes les maisons se dressent isolément sur les promontoires,

sur les pentes des collines où sur le bord des ruisseaux ; devant la demeure

s'étend une pelouse plantée de chênes, où chaque soir, après le labeur de

la journée, les jeunes gens se reposent de leurs fatigues par les danses et le

chant. Dans ce choix qu'ils faisaient pour leurs demeures on à vu la preuve

que les Basques et leurs voisins des Pyrénées occidentales avaient un esprit

contemplatif et le goût de la solitude : 11 faut y reconnaitre plutôt Ja consé-

quence naturelle de ce fait que les Basques étaient un peuple libre, n'ayant

rien à craindre de ses voisins. Tandis que les populations du reste de "Espagne, de la France, de Pitalie et de presque tous les pays d'Europe l'Espag le la E le | I \

étaient obligés, pour échapper aux invasions guerrières et aux massacres,

de se réfugier à Pabri des forteresses ou dans les cités murées, les Basques,

loujours en paix entre eux el avec leurs voisins, pouvaient tranquillement

Bilbao, la plus grande ville des provinces Basques et son port le plus 8 l

animé, n'est point une ville euskarienne ; depuis longtemps livrée au com-

| s'établir au milieu des champs qui leur appartenwent. Î Re ; 3 À | merce avec les colonies lointaines du Nouveau Monde, elle est le débouché

naturel des farines de Ta Castille, et jadis elle fut le siége du plus haut

Wibunal de commerce en Espagne. Encore de nos jours, quoique privée des

monopoles qui lui avaient été concédés et beaucoup moins bien située pour

le commerce que plusieurs autres cités d'Espagne, elle rivalise d'importance

pour les échanges avec Valence, Santander et Cädiz; il lui est arrivé, grâce

aux mines importantes des environs, d'être le troisième port de la Pénin-

vie que Îles populations basques des montagnes environnantes. Elle est

devenue tout espagnole, et, pendant les guerres carlistes, elle à été assiégée

à plusieurs reprises par les habitants mêmes de sa banlieue. La charmante

vallée où elle groupe ses édifices, les montagnes à pente rapide qui len-

\ | sule par le chiffre des affaires". Tout naturellement elle à vécu d’une autre |

tourent en demi-cercle, les eaux du Nervion, qui portent ses embarcations

! Mouvement du port en 1872... . .. 4,058 navires, Exportation du minerai de fer, en 1871. . 300,000 tonnes; en 1S72. . 422,000 tonnes.

5 mœurs CL

es, et celles d'étrangers.

ibre nature :

ommerçants omontoires, la demeure le labeur de danses et le vu la preuve nt un esprit Ôt la consébre, n'ayant lu reste de ys d'Europe massacres, les Basques, nquillement

ort le plus rée au Comle débouché a plus haut e privée des située pour l'importance urrivé, grâce e la Pénind’une autre es. Elle est été assiégée a charmante de qui Penimbarcations

29,000 tonnes.

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