MONTAGNES DES ASTURIES ET DE GALICE
schistes siluriens soulevés par le noyau de granit. Il en résulte que les rivières ont un cours très-inégal et tourmenté, Au sortir des vallons supérieurs, où elles forment d’admirables cascades, elles se jettent de droite et de gauche et longent la base des montagnes pour chercher une issue quelques-unes même, entre autres PAson, entre Bilbao et Santander, n’ont pu se creuser de défilé à ciel ouvert; elles S'échappent par les cavernes des remparts qui les arrêtent, et reparaissent de l'autre côté, après un cours souterrain plus ou moins long.
Au delà des montagnes d'Europa, la hauteur de la crête s'abaisse et celleci présente même des passages inférieurs à 1,500 mètres en altitude, Les deux vallées, en forme de gouffres, de Valdeon et de Sajambre, analogues à celle de la Liebana, quoique moins grandes, s'ouvrent entre la sierra pyrénéenne proprement dite et un ehaînon parallèle que projettent au nord les Picos de Europa. C’est ce dernier chaînon que traversent les eaux torrentielles pour aller se jeter dans la mer des Asturies; mais sa hauteur moyenne est fort considérable et c’est à bon droit que les âpres vallées supérieures ont été rattachées à la province de Leon, avec laquelle elles ont des communications plus faciles qu'avec la partie basse de leur propre bassin fluvial; à l’ouest de ces citadelles de montagnes, la crête des Pyrénées antabres reprend une assez grande régularité, comparable à celle des Pyrénées françaises. S’éloignant graduellement de la côte, la chaîne, dont quelques cimes ont plus de 2,000 mètres, s'infléchit peu à peu vers le sud-ouest jusqu'aux frontières de la Galice, où elle prend la direction du sud, comme pour former une courbe concentrique à celle du rivage de la mer. Là elle perd complétement sa disposition de sierra régulière ; elle se ramifie dans tous les sens en uü grand nombre de chaînons secondaires et de contre-forts qui, sous divers noms, vont se lerminer aux promontoires de la côte où se rattacher à d’autres systèmes montagneux. Dans leur ensemble, les crêtes diminuent graduellement de Putñr en se raprrochant de la Galice, C'est au sud du Nil et du Miño seulement que les monts se redressent en grands massifs, la Peña Negra, la Peña Trevinea, la Cabeza de Manzaneda et autres groupes, qui vont rejoindre les chaînes du Portugal.
Les monts asturiens, surtout ceux qui s'élèvent entre Oviedo et les Pitons d'Europe, sont vénérés de tous les patriotes espagnols. Fort beaux d'ailleurs, car leurs premiers versants sont ombragés de châtaigniers, de noyers, de chênes et, sur les pentes supérieures, les forêts de hêtres et de noisetiers allernent avec les prairies, ils paraissent à l'imagination populaire d'autant plus admirables à voir, qu'ils ont été, aux premiers temps de l'occupation
des Maures, la forteresse des chrétiens restés indépendants. De même qu'on
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signale en Aragon li Peña de Oroel, près de laquelle naquit le royaume de Sobrarbe, on montre ici la montagne d'Ansena, où Pélage fugitif se cachait avec les siens, les forêts de Verdoyonta qu'il parcourail dans ses expéditions de guerre, l'abbaye de Covadonga, qui rappelle ses premières victoires sur l'islam. Les « Ilustres Montagnes », car c'est là le nom qui les distingue
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officiellement, n'ont pas seulement leurs souvenirs historiques, leurs gracieux villages aux maisons éparses, leurs troupeaux et leur verdure ; elles ont aussi dans leurs entrailles le riche trésor de leurs mines de houille, source principale de prospérité pour les Asturies.
Dans leur désordre bizarre, les hauteurs de la Galice, de toutes parts atlaquées et rongées par les eaux, n'offrent qu'un petit nombre de clainons ou
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