‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 457 sur 545 · N* 157. — RIAS DE LA COROGNE · texte numérisé non relu

N* 157. — RIAS DE LA COROGNE

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Quelle est l'origine de ces rias? Faut-il ÿ voir, comme dans les fjords, les lits de glaciers que les alluvions des rivières et de Ta mer n’ont pas encore eu le temps de combler pendant la période géologique actuelle? En tout cas, est un des phénomènes géographiques les plus curieux, que l'existence, sous des latitudes aussi méridionales, de golfes pareils à ceux des côtes voisines de Ta zone polaire, La ressemblance du sol s'ajoute pour ces contrées à la remareaable similitude du climat. Par une autre analogie, non moins curieuse, il se trouve que la baie de Vigo, et probablement

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CLIMAT, FLEUVES DES ASTURIES. 885 les autres rias de la Galice, golfes écossais égarés sur les côtes de l'Ibérie, possèdent une faune maritime rappelant beaucoup plus les formes des animaux de la Grande-Bretagne que ceux de la Lusitanie : des 200 espèces de testacés qu'y à recueillies M. Mac Andrew, un huitième seulement n'appartient pas à la faune britannique. La présence de cette colonie d'espèces septentrionales, fait auquel il faut ajouter là parenté des plantes entre les montagnes asturiennes et l'Irlande, donne un grand poids à l'hypothèse de Forbes, d’après laquelle une terre de jonction aurait existé, avant la dernière période glaciaire, entre les Açores, l'rlande et la Galice : le continent aurait disparu, mais les piliers d'angle en subsisteraient encore.

Quoi qu'il en soit, le climat des régions nord-occidentales de l'bérie, sur tout le versant extérieur des Pyrénées cantabres et des groupes qui s'y rattachent, a beaucoup de ressemblance avec celui de la Grande-Bretagne. Apportées par les vents de mer, qui viennent, les uns du sud-ouest, avee les contre-alités , les autres du nord, avec les courants polaires plus ou moins déviés de leur course, les pluies tombent en averses considérables sur les pentes extérieures des montagnes asturiennes : d’un côté l'eau surabonde, tandis qu'à la base de l’autre versant, privé d'humidité, s'étendent les plaines arides de Leon et des Castilles. On n'a pas encore établi, par des mesures précises, quelle est la vallée des Pyrénées cantabres qui d'ordinaire est le plus largement abreuvée; mais on sait que certaines localités des Asturies ont reçu dans l'année plus de # mètres et demi d'eau pluviale. Le versant atlantique du plateau d’Ibérie est done égal, sinon supérieur, par le ruissellement de ses eaux à là pente occidentale des montagnes de l'Écosse et de la Norvége, et à la déclivité méridionale des Alpes suisses. L'étymologie euskarienne que plusieurs linguistes donnent aux Asturies, d'après eux synonyme de « Pays des Torrents », est parfaitement justitiée par les conditions du clnnat. Si le Tessin est, proportionnellement à son bassin, le fleuve le plus abondant de l'Europe, les torrents qui descendent des neiges de las Peñas de Europa sont ceux qui versent à la mer la masse la plus considérable d'eaux sauvages.

Les pluies tombent en toute saison dans les Pyrénées asturiennes. Les sécheresses prolongées y sont un phénomène des plus rares; cependant il arrive quelquefois, à la fin de l'été, que des semaines se passent sans amener d’averse. L'équinoxe d'automne est toujours accompagné d’une précipitation d'humidité fort abondante, et très-souvent les conflits et les brusques remous de l'air se produisent alors et bouleversent les eaux du golfe de Gascogne : il est peu de mers qui soient plus redoutables dans cette saison; les annales maritimes racontent les drames effrayants qui s’y sont

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