‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 485 sur 545 · SEEN · texte numérisé non relu

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limitée d'avance par les conditions du «ol et du climat, Dans son ensenrble, la zone lusitanienne est formée par la déelivité des plateaux espagnols . S'abaissant de terrasse en terrasse et de chaînons en chaînons vers x côte océanique, La limite naturelle des grandes pluies que les vents d'ouest apportent sur les collines et les monts du Portugal, coïncide précisément avee la frontière des deux pays : d'un côté, atmosphère humide, les averses fréquentes, Ta riche végétation forestière; de Pantre, un ciel aride

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ESPAGNE ET PORTUGAL. u19

sur une lerre desséchée, des roches nues, des plaines sans arbres, L'abondance des pluies sur le versant portugais accroit aussi brusquement l'importance des cours d’eau qui descendent des plateaux de l'intérieur : en Espagne, c'élaient de faibles rivières au cours obstrué de pierres; en Por- Lugal, ce sont des fleuves abondants où méme navigables, En outre, les bornes naturelles, posées par les défilés et les rapides à la navigation du Minho, du Douro, du Tage, du Guadiana, se trouvent dans le voisinage de la frontière politique, Toutes ces raisons expliquent suflisamment pourquoi le Portugal, en se séparant de Espagne, à pris cette forme d'un quadrilatère régulier, De même que dans un précipité chimique un cristal prend une existence distincte et se limite par des arêtes précises, de mème le Portugal Sest détaché du reste de a Péninsule, en se donnant des frontières presque rectilignes. Le port si bien situé de Lisbonne à él, pour ainsi dire, le noyau qui a servi de centre à ce cristal. Là se développait une force propre indépendante de celle qui faisait graviter vers Tolède où Madrid le reste de la Péninsule. La partie vivante, active, du grand corps ibérique S'est élancée hors de la lourde masse de l'Espagne, trop lente à la suivre dans son mouvement,

Comme il arrive d'ordinaire entre populations limitrophes obéissant à des lois différentes, et souvent armées les unes contre les autres par le caprice de leurs souverains, la plupart des Portugais et des Espagnols se haïissent mutuellement et s'abordent par leurs mauvais côtés. On peut juger de Paversion qui naguère encore séparait les deux peuples, par cette enseigne que lon rencontrait, au dire des voyageurs, sur un grand nombre d'auberges portugaises : € Au meurtrier ‘les Castillans. » Ailleurs, la première maison lusitanienne que l’on rencontre en traversant la frontière est décorée d’une statuette faisant un geste de mépris à l'adresse des Espagnols. Des chants, des légendes, des proverbes, et l'histoire elle-même, témoignent de l'énergie des passions soulevées entre les populations voisines. Dans cet absurde conflit de ressentiments, Le Portugais, plus faible, et, par celle raison mème, animé d'un patriotisme plus ardent, apporte plus de rage ; l'Espagnol, plus fort, témoigne plus de mépris. Portugueses pocos y loco ! — «Petit peuple, peuple de fous! » dit le proverbe castillan. Lorsque l'union ibérique, désirée de nos jours par un bien petit nombre d'hommes, deviendra nécessaire par suite du mélange des intérêts économiques, lorsque le commerce et l'industrie tiompheront des frontières, ce n'est point sans luttes ni récriminations de haine que s’'accomplira ce travail d'assimilation politique.

D'après le témoignage des auteurs anciens, les éléments ethniques origi-

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