MŒURS ET LANGUE DES PORTUGAIS
la nationalité, elle n'a eu ni peintres, ni sculpteurs, ni architectes, Camôes
1 l'avouait lui-même : « Notre nation, disait-il, est la première par tout s 4
les grandes qualités. Nos hommes sont plus héroïques que les autres à hommes; nos femmes sont plus belles que les autres femmes; nous excellons 1 dans tous les arts de la paix et de la guerre, excepté dans l'art de la h
peinture. » All
Ë La langue des Portugais ressemble fort à celle des Castillans par les radi- | |
eaux et la construction générale, mais elle est moins ample et moins sonore. Les mots sont très-souvent « éviscérés » par la suppression des consonnes
l, j, n entre deux voyelles; en outre, ils s'émoussent à l'extrémité, se
; terminent fréquemment par des nasales et se compliquent de sifflantes fl 1 auxquelles les étrangers ont quelque wine à s’accoutumer, Par contre, le ‘1 portugais n’a pas les gutturales de l'espagnol. Des historiens ont émis l’opi- ‘4È | nion que l'influence de la langue française a contribué pour une forte part à ! la formation du portugais. D'après eux, le prince de la maison de Bourgogne 1 qui reçut le Portugal à titre de fief à la fin du douzième siècle. et les che- nl valiers français qui l'aidèrent à guerroyer contre les Maures, auraient eu |:
assez de prise sur la nation pour leur imposer leur accent étranger et leur ‘1
L mode de langage. Aucune hypothèse n'est plus improbable, d'autant plus il que le districi de Porto, où résidaient les seigneurs français, est précisément 14
eclui où la prononciation du portugais a le plus de rapport avec celle de ji
} l'espagnol. C'est dans l'évolution spontanée du peuple lui-même qu'il faut 4 | chercher la raison de sa langue. Les mots arabes, qui s'appliquent seule- || } ment aux objets introduits par les Maures dans la contrée et aux faits en- À 1 seignés par eux, sont moins nombreux dans le portugais que dans le cas- 4 É Lillan; mais les Lusitaniens, comme les Espagnols, continuent, sans s'en Li: ; douter, de jurer par le dieu des musulmans : Oralà (Ojalà) « Plaise à e Allah! » disent-ils fréquemment. Les dialectes brésiliens ont fourni aux h: à 1 conquérants portugais des centaines de mots qui ont aussi pénétré dans À 1) À l'idiome lusitanien d'Europe. | 0 Bien peu nombreux en comparaison des centaines de millions d'hommes Ë
1 qui peuplent l'Europe, les Portugais ne pèsent actuellement que d’un faible ‘ poids dang les destinées du monde. Pendant un moment de l'histoire, ils ont été les premiers par le commerce; leur génie devança celui de tous les autres peuples. IL est vrai, les Espagnols ont partagé avec les Portugais la
4 gloire des grandes découvertes du quinzième siècle ; mais ce sont les Portu- | gais qui, après les Vénitiens et les Génois, ont rendu ces découvertes pos- | il
sibles, en émancipant les premiers la navigation, en cessant de longer les côtes pour se risquer dans la haute mer, loin de tout rivage; c’est aussi un
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Portugais, Magalhäes, qui entreprit le premier voyage de cireumnavigation, terminé seulement après sa mort. Pareille prééminence ne se retrouvera plus. Les forces s'équilibrent entre les peuples; une tendance à l'égalité de valeur géographique se produit dans les diverses contrées par suite de la facilité croissante des moyens d'échange et de communication. Le Portugal ne saurait done espérer de reprendre le rôle qu'il eut jadis parmi les nations; mais ses ressources bien utilisées et les grands avantages de sa position à l'extrémité du continent suffisent pour lui assurer dans l'avenir un rang des plus honorables.