CLIMAT DU PORTUGAL
cher à l'arête «€ carpéto-vétonique » de Ia Péninsule ces diverses petites serras et celles qui accidentent le plateau de Beira Alta, au sud de la fosse profonde dans laquelle passe le Douro',
Exposées comme elles le sont à l'influence des vents océaniques et des contre-alizés, tout chargés des vapeurs puisées dans les mers équatoriales, les montagnes de Beira et d'Entre-Douro et Minho recoivent annuellement une très-lorte part d'humidité, Les pluies tombent en abondance sur leurs pentes, non par orages violents et soudains, comme dans les pays tropieaux, mais par averses continues. C’est en hiver et au printemps que les nuages se fondent le plus fréquemment en eau, mais il pleut aussi dans les autres saisons ; aucun mois ne se passe sans apporter son contingent d’averses. En outre, les brouillards se montrent très-souvent à l'issue des vallées et sur le littoral jusqu'à la latitude de Coïmbre, Il est arrivé que dans cette ville la précipitation annuelle de l'humidité s'est élevée à près de à mètres : même sur les côtes occidentales de l'Écosse et de la Norvége, le sol ne reçoit point une quantité d'eau aussi considérable; seules des contrées tropicales ont de pareils déluges atmosphériques.
Cette grande humidité de l'air, ce bain de vapeur dans lequel se trouve immergé le Portugal du Nord ont pour conséquence une grande égalité de climat. À Coïmbre, l'écart entre le mois le plus chaud et le mois le plus froid est à peine de 10 degrés”, Les froidures ne sont vraiment rigoureuses que sur les plateaux où souffle Lx bise, et les chaleurs ne paraissent presque intolérables que dans les creux et les vallées où l'air cireule avec peine : telle est la fissure au fond de laquelle coule le haut Douro; au pied des rochers qui réverbèrent les rayons du soleil, à Penafiel notamment, on se sent comme dans un four, Mais, si l'on ne tient pas compte de ces climats exceptionnels, on trouve à l'ensemble du climat boréal
1 Altitudes diverses dn Portugal, au nord du Tage :
Gaviarra, . , . . . 2,405 mèt. | Malhäo da Serra (Serra de Estrella). 2,294 met. Serra de Gerez, . . . 4 . . . 4 1,900? » Bragança. . . . . , . , . . . 92,10 » Larôuco.. 4 4 à 4 à OA » | Lamego. . . , . . . . . , . . 1,14 » Serra de Muäo. . , . « « . « 1,429 » | Castello Branco.. . , , , . , . 1,468 »
2 Température de la Lusitanie septentrionale :
coïmBre, d’après Coello. ronto, d'après D, Luiz (huit années).
Hiver. . . . , . 11,24 | Hiver... , , , 40°,6 Printemps. . . . 17,25 | son Printemps... . . 14,8 an sm 90000 | PONPR Abe A 0 ee 78060 Automne... . «< 17,40 Automne, , . . . 169,2 Mois le plus froid (janvier). . 109,7 Mois le plus froid (janvier)... 10°,1 Mois le plus chaud (juillet). . 20°,N Mois le plus chaud (août). . . 219,3
Moyenne 16°,68.
Écart. . . . . 10°,1 Écart, . . . . 11,92
PET RON IEEE PTT ONU
de la Lusitanie un caractère essentiellement tempéré. Ainsi qu’en témoigne, du reste, l'aspect des forêts, des prairies et des champs, le Portugal du Nord appartient plus à la zone de l'Europe centrale qu'à celle du monde méditerranéen. Ni ce n'est dans les jardins et à titre de euriosité, le palmier ne se montre point en Portugal au nord de la vallée du Tage; mais l'olivier, l’oranger, le cyprès y contrastent délicieusement avec les arbres du nord.
Une autre conséquence de l'extrême humidité de Pair et de la fréquence des pluies est la multitude et l'abondance des cours d'eau. Camôes et, depuis ce grand poëte, des écrivains sans nombre ont célébré la beauté des campagnes de Coïmbre qu'arrose le Mondego, le charme des cascades qui ruissellent entre les branches, la pureté des sources qui S'élancent des roches tapissées de verdure. Au nord du Mondego, le Vouga, qui va se perdre dans les étangs marins d'Aveiro, puis les divers affluents du Douro, et par delà ce fleuve, FAve, le Cäâvado, le Neiva, la Lima serpentent également dans les campagnes les plus riantes, où la grâce de Ta végétation se trouve rehaussée par le contraste des rochers et des montagnes. La Lima n'est pas la seule rivière de ces contrées qui eût mérité de faire oublier aux soldats romains les fleuves de leur patrie et de recevoir d'eux, ainsi que l'affirme une tradition sans valeur, le nom de la source grecque du Léthé. Tous les autres fleuves des provinces septentrionales ont des rivages si charmants, que, n'était la trop grande fréquence des pluies, on voudrait y vivre et y mourir, La Lima, appelée Limia par les Espagnols, est de tous les cours d'eau de la Péninsule le seul qui se trouve encore dans sa période de transition géologique. Les autres ont déjà vidé les lacs du plateau dans lesquels S'amassaient leurs eaux supérieures. La Lima, que retenait à Pouest une digue de rochers plus difficile à percer que celle du Tage et du Douro, n’a pas encore complétement emporté le trop-plein de son bassin d'origine : un grand marécage, la lagune Beon, où Antela, rappelle les temps où une vaste mer intérieure, semblable au lac de Genève, emplissait encore son beau ciruue de montagnes.
La pente moyenne des fleuves portugais est trop considérable et les barres qui en défendent l'entrée sont trop périlleuses pour qu'ils aient pu acquérir une grande importance comme chemins de navigation, Tous ont, il est vrai, leur port d'accès, mais, à Pexception du Douro, qui roule les eaux d’un sixième de la péninsule Ibérique, aucun ne peut servir de débouché à de vastes distriets de l’intérieur et, par conséquent, n'a de valeur sérieuse pour le commerce général de la contrée, Bien différente du littoral de La Galice, si bizarrement découpé en golles et en rias, en
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