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LITTORAL DE LA LUSITANIE DE NORD

tivées de l'intérieur, mais, bien avant qu'on ne songeàt en France à les fixer par des semis, on avait eu cette idée en Portugal. Du temps du roi Diniz « le Laboureur », dès le commencement du quatorzième siècle, les collines de sable avaient déjà cessé de marcher; des forèts de pins les avaient

consolidées.

Les habitants de la partie cultivable des bassins du Minho et du Douro sont très-nombreux, proportionnellement à la surface du sol, Dans la province comprise entre les deux fleuves, la population est même beaucoup plus dense que dans la province limitrophe de Pontevedra, la plus riche de toute l'Espagne en hommes. Si la France était relativement aussi peuplée que l’est la province du Minho, elle aurait près de 70 millions d'habitants. Pour trouver dans cet espace étroit la nourriture suffisante, il faut que les Portugais du Nord travaillent avec beaucoup de zèle, et leur province est, en effet, la mieux cultivée de Ta Péninsule, Ce fait s'explique d'ailleurs par la raison bien simple que les eultivateurs sont en grand nombre propriétaires où du moins a/fforados, c'est-à-dire usufruitiers inamovibles, moyennant un tribut nominal de quelques francs au propriétaire en titre. Presque tous les paysans possèdent un intérêt direct dans la bonne exploitation des richesses du sol, et peuvent transmettre leur propriété à l’un de leurs enfants, qui dédommage ses frères et ses sœurs par une certaine somme que fixe la loi. Grâce à cette tenure du sol, presque toutes les parties basses de Ta Lusitanie du Nord sont cultivées comme un jardin, Dès le siècle dernier, Link eonstatait que le nombre des paysans aisés était en raison inverse du luxe des monastères et de l'étendue des grandes propriétés : il n'est pas rare de rencontrer dans le Minho des paysannes portant, comme les Frisonnes et les riches Serbiennes, de véritables fardeaux de bijoux, surtout des colliers d'or, de style mauresque. Les habitants de ln contrée font preuve de la plus ingénieuse industrie pour arroser les pentes supérieures des collines rocailleuses; en plusieurs endroits, leurs travaux de recherche à x poursuite des sources ressemblent à des galeries de mines. Nombre de montagnes ont été taillées en terrasses (geios) que l'on arrose avec le plus grand soin et qui sont cultivées en prairies artificielles. Ce remarquable amour du travail s'associe chez les

Portugais du Nord à de hautes qualités morales. D'après le témoignage universel, les habitants de ces contrées seraient certainement les meilleurs de tout le Portugal par la douceur du caractère, la gaieté, là bienveillance ;

pour la danse et les chants, ce sont, dit ur auteur, de vrais bergers de

Théocrite. Souvent un jeune homme défie en vers un de ses compagnons, ct l'autre lui répond en chantant des rimes improvisées. Quelques-unes des populations du littoral ont aussi une véritable beauté, Les femmes d'Aveiro, quoique souvent affaiblies par les fièvres paludéennes, ont Ha réputation d'être les plus jolies de tout le Portugal, M. Latouche croit reconnaître dans les indigènes de ces districts les traits, la physionomie, les mœurs d’une population orientale

De nos jours, l'industrie agricole la plus importante des provmees du Nord est la culture de la vigne et la préparation des vins connus d'une manière générale sous le nom de vins de Porto Le principal district de

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