‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 495 sur 545 · N°9 167. — PORTO ET LE € PAYS DU VIN D · texte numérisé non relu

N°9 167. — PORTO ET LE € PAYS DU VIN D

vignobles, désigné d'ordinaire sous Pappellation de Paiz do Vinho, occupe. au nord du Douro, entre les deux grands affluents Le Tamega et le Tu, des pentes du collines nues et sans arbres, fort laides à voir, dont les schistes noirâtres et désagrégés sont exposés directement en été à toute la

force des rayons solaires, tandis que les vents âpres du nord et parfois les neiges les refroidissent en hiver; mais, outre cette région des vins exquis, de vastes espaces, moins favorables à la production du liquide précieux, sont cultivés en vignobles dans toute l'étendue de la contrée, Vérs la fin du dix-septième siècle, le distriet du haut Douro, actuellement si riche, était à peine eullivé, et ses hab tants étaient des plus misérables ; tous les vins dits de Porto provenaient alors des rives inférieures du Corgo. Les Anglais

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VINS DE PORTO. 935 gnons, et n'avaient pas encore apprécié les vins de ces contrées, et Lisbonne leur 4 unes des fournissait en abondance tous les erus portugais qui jusqu'alors avaient 4 l'Aveiro, flatté leur goût. La culture des vignobles du Douro ne prit une certaine ipulation importance qu'après le traité conclu par lord Methuen, en 1703, Dès lors, itre dans la réputation des vins secs de Porto ne cessa de grandir; une compagnie, À us d’une fondée par le marquis de Pombal, et plusieurs fois transformée depuis, se ‘à constitua pour l'exploitation de vastes domaines et pour l'achat, la mani- à mecs: dü pulation et la garantie des vins; la ville de Pozo de Regpa, située au bord 15 -d'unc du Corgo, dans une espèce d’entonnoir de hautes collines aux crus renomstrict de més, devint une localité fameuse par ses foires, où destransactions d’une heure

faisaient la ruine où la fortune des négociants; enfin, toute une cité de celliers et d'entrepôts s'éleva sur la rive gauche du fleuve, en face de la colline qui porte les édifices de Porto. Depuis plus d'un siècle, le portavine, vrai ou frelaté, et d’ailleurs toujours fortement mélangé d’eau-de-vie, ainsi que le sherry (Jerez), est un des vins obligés de toute table anglaise de la noblesse et de la bourgeoisie, Aussi presque tout le produit des vendanges du Douro est-il expédié, soit directement en Angleterre, soit dans les colonies britanniques el aux États-Unis; avant 1859, les meilleures sortes, dites « vins de lfactorerie » (vènhos de feitoria), ne pouvaient être envoyées qu’en Angleterre. Le Cap, les Indes anglaises, Hongkong, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, en reçoivent lous une part considérable par la voie d'Angleterre, tandis que la France, où ces vins sont moins appréciés, en importe directement à peine une ou deux centaines de barriques. Les Brésiliens et les Portugais du Brésil sont, après les Anglais, les meilleurs elients de Porto; la mère

patrie leur envoie chaque année environ 40,000 hectolitres de vins. Il est

bon d'ajouter que les vignobles du Portugal ne produisent qu'une faible partie du liquide que Pon boit dans le monde sous le nom de port-wine :

on a calculé que, pendant les années de mauvaise récolte, li consommation

occupe, de ce que lon appelait € vin de Porto » dépassait cinquante et soixante fois

le Tua, la production réelle !.

's élève des mulets, très-bien pratiquée par les montagnards de Tras os «

lont les L'él les mulets, très-bien prat ar les montagnards de toute la Montes, est aussi une source de revenus considérables pour les provinces rfois Les du Nord, de même que lPengraissement des bestiaux, animaux d'une rare exquis, beauté, que lon importe des provinces limitrophes de FEspagne pour les 'ÉCIEUX,

fin d . 4 Production des vignes du Portugal, avant l'oidium (1853). . . . . 4,800,000 hectolitres. \ in dau ; ET , per

ne Production moyenne des vignes d’Alto-Douro (Porto), en 1848. . . 099,000 »

le, CL » » » en 1870. . . . 517,000 »

les vins Exportation en Angleterre... , . . . . . . . x ss 169,000 » Anglai » au Brésil, . , , . . . . . . . . . » dr 45,220 »

NElAIS » en France... . , . 4. . +. . . » se 340 :

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expédier en Angleterre, On s'occupe aussi de la culture des primeurs pour le marché de Londres et mème de Rio de Janeiro. Quant à l'industrie proprement dite, elle est assez importante depuis le moyen âge dans cette partie du Portugal, et la présence de nombreux Anglais, habiles à profiter des ressources du pays, à donné une grande impulsion au travail des manufactures. Porto à plusieurs filatures de coton, de laine et de soie, des fabriques d'étoffes, des usines métallurgiques, des raffineries de sucre; ses Jouilliers, ses bijoutiers, ses gantiers sont réputés fort habiles. Cependant l'exploitation du sol, l'industrie, le conmerce licite, enfin la contrebande, qui se pratique dans de vastes proportions sur les frontières du district de Bragança, ne suffisent pas à nourrir tous les habitants : le pays, surpeuplé, doit se débarrasser chaque année de milliers d'émigrants qui, à Pimitation de leurs voisins les Gallegos, vont chercher fortune à Lisbonne, où même par delà l'Océan, à Pard, à Pernambuco, à Bahia, à Rio de Janeiro, sur les plateaux du Brésil, C'est en majeure partie des bassins du Minho et du Douro que viennent les hardis colons qui ont fait et qui entretiennent la prospérité du Brésil : quoique mal vus par les Brésiliens, ils sont les véritables créateurs de Ha richesse dans la Lusitanie du Nouveau Monde, La plupart des émigrants du Minho et de Tras os Montes qui se rendent au Brésil, et qui sont au nombre de dix à vingt mille par an, S'embarquent à Porto même; «autres prennent Lisbonne pour première étape. Naguère, avant que les chemins de fer n'eussent facilité le voyage, les Portugais du Nord qui descendaient à Lisbonne, cheminaient par troupes nombreuses, sous la direction d'un chef, ou capataz, et suivaient, de rancho en rancho, un itinéraire connu. Les habitants du district de Vianna voyagent surtout comme plètriers et maçons, Certains districts sont presque uniquement habités par des femmes; les hommes sont absents,

Les populations des hautes provinces n'ont pas le seul privilége de renouveler incessamment le sang des Portugais du Sud et de leurs parents d'ou- Le-mer, ce sont elles aussi qui ont donné son assiette politique à FÉtat de Portugal, C'est le Porto Gale, situé où se trouve actuellement le fauboure de Villanova de Gaya, en face de la cité de Porto, qui à donné son nom à l’ensemble de toutes les contrées Insitaniennes; c’est à Lamego, sur les coteaux qui dominent au sud la profonde vallée du Douro, que les Cortes auraient, suivant une tradition plus où moins justifiée, constitué le royaume de Portugal en 1145; Porto fut d'abord capitale du nouvel État, de mème que Braga avait été jadis celle des rois suèves; et quand, après

la courte domination des Espagnols, le pays recouvra son indépendance

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