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Elles ont leur caractère propre, et n’obéissent point à Lisbonne sans discuter la valeur des ordres; aussi Porto at-elle reçu ïe nom «de cité muüine ». Si l’on en croyait les Portuenses eux-mêmes, ils seraient de beaucoup les supérieurs de leurs rivaux les Lisbonenses par l'énergie et la valeur morale; eux seuls seraient les dignes fils de ces Portugais du grand siècle qui parcouraient les mers à la recherche de peuples inconnus; en tout cas, ils se distinguent certainement des habitants de la capitale par une allure plus décidée, une parole plus brève, un regard plus ouvert, Dans le
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langage populaire, les gens de Porto et ceux de Lisbonne sont désignés par les appellations peu nobles de tripeiros (mangeurs de tripes) et d'alfasinhos (mangeurs de laitue).
Porto ou 0 Porto, le «Port» par excellence, est la métropole naturelle de toute la Lusitanie septentrionale et la seconde eité du Portugal par son commerce el sa population ; par l’industrie, elle se trouve au premier rang. Vue des bords du Douro qui n'a guère en cet endroit plus de 200 mètres, de large, elle se présente superbement en un double amphithéätre. Ses deux collines sont séparées par un étroit vallon rempli d'édifices, et dominées, l'une par la cathédrale, Pautre per le haut et gracieux clocher dos Clerigos (des Prètres), qui sert de point de reconnaissance aux navires cinglant de l'Océan vers la barre d'entrée. En bas, de larges rues élégantes, ürées au cordeau, de belles places, semblables à celles de toutes Les villes modernes de trafic, découpent en rectangles uniformes la ville du commerce et de l'industrie, landis que, sur les pentes, des rues escarpées el sinueuses, des escaliers mème, montent à l'assaut des quartiers élevés; d'ailleurs, li propreté est partout fort grande; la ville Gient à mériter par sa bonne tenue les éloges de ses nombreux hôtes venus d'Angleterre. Sur la rive gauche du fleuve s'étend en un long faubourg la ville de fabriques etd’entrepôts, Gaya, dont les celliers contiennent, dit-on, une moyenne de quatre-vingt mille pipes, soit quatre cent nulle hectolitres de vin. Sur les bords du fleuve, et sur les terrasses qui le dominent, se prolongent de fort belles promenades, d’où lon voit se dérouler les admirables perspectives du fleuve et de ses longs méandres, avec les navires qui le sillonnent, et les maisons de plaisance qui reflètent vaguement dans les eaux les faïences bleuâtres de leurs façades. Au loin, sur les collines, se montrent d'anciens couvents, des tours de défense, des villages à demi cachés dans la verdure : telle est, sur un coteau de la rive méridionale du Douro, au sud-est de Porto, la petite bourgade d’Avintes, célèbre par la beauté de ses femmes. Elles apportent chaque jour à la ville la brou où pain de mais, qui entre pour une si grande part dans l’alimenlation des Portuenses : le pain vient de Vallongo, situé à une quinzaine de kilomètres au nord-est de Porto.
Du côté de la mer, les deux villes sœurs de Porto et de Gaya se prolongent par des faubourgs dans la direction de embouchure, qu'elles atteindront peut-être un jour, si les ressources locales continuent de se développer, et si des voies nouvelles, communiquant avec l'intérieur de l'Espagne, apportent au marché du bas Douro de plus grands éléments de commerce. Malheureusement l'entrée du fleuve est trop peu profonde, et, quand souffle le vent du large, elle est fort périlleuse d'accès, À mer basse, le seuil n’a guère
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