‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 498 sur 545 · ÉTAPE CRE · texte numérisé non relu

ÉTAPE CRE

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VIANNA DO CASTELLO, VILLA DU CONDE. u4l

plus de # mètres de profondeur ; en outre, il n'a qu'une faible largeur et les rochers voisins mettent en péril les embarcations qui le franchissent. Enfin, mème dans le fleuve, les navires de quatre à cinq cents tonneaux qui vont s’amarrer aux quais de Porto et de Gaya ont aussi à craindre un danger, celui des crues; après les grandes pluies, quand le fleuve gonflé s'exhausse dans son lit trop étroit, il arrive souvent que les câbles se brisent et que les ancres ehassent sur le fond. C'est donc en dépit de grands désavantages que Île port du Douro rivalise d'activité avec celui du Tage!,

La petite ville de Näo Joäo da Foz, dont la forteresse surveille l'embouchure du fleuve, porte sur sa colline un phare qui en signale les dangers ; mais elle n’a point de commerce elle-même : comme ses voisines Mattozinhos et Leça, dont l’ancien couvent fortifié dresse encore son donjon tel qu'il était au douzième siècle, elle est surtout fréquentée à cause de la beauté de ses plages, de la pureté de ses brises marines, du voisinage des forêts de pins : en été, chaque train ÿ amène en multitude les habitants de Porto. Ceux-ci se rendent aussi en grand nombre sur les sables d'Espinho, au sud du fleuve, malgré l'odeur de poisson que répand le village, peuplé de pêcheurs de sardines, Sur les côtes qui s'étendent au nord jusqu'aux frontières de l'Espagne, maint petit havre du littoral doit, comme Nûo Joûo, son mouvement d'affaires bien plus aux visiteurs qui viennent s'y bofgner qu'aux embarcations en quête de denrées. Tous les ports de rivière de la Lusitanie du Nord ont encore moins d’eau sur leur barre que n'en à le Douro et par conséquent ne peuvent être les points d'attache que d'un faible commerce de eabotage. Le Minho, dont la passe la plus profcade n'a guère plus de 2 mètres à marée basse, a pour sentinelle portugaise, à son entrée, la petite bourgade fortifiée de Caminha et « l'ilot », ou Insua, remarquable par sa source d’eau vive. La Lima, d'un aceès peut-être plus difficile encore, à cependant à son embouchure une ville un peu plus importante que celles du Minho, la coquette Vianna do Castello, si gracieusement nichée dans sa fertile campagne semée de maisons de plaisance. A la bouche du Cävado est un autre petit port, le bourg d'Espozende; puis sur l’Ave, vient ia Villa do Conde, à laquelle des chantiers donnent quelque animation. C'est là qu'on lançait naguère ces navires si effilés el si rapides qui servaient à faire la traite des esclaves : lors des grandes expédilions de découverte qui ont illustré le Portugal, les meilleurs bâtiments étaient ceux qu'avaient construits les charpentiers de Villa do Conde.

’armi les cités situées dans l’intérieur de la province d'Entre-Douro et

1 Commerce de Porto en 1868 :

Importations. . 44,370,000 fr. Exportations, . 41,308.000 fr. Total . 85,678,000 fr,

Minho, on célèbre Ponte de Lima, fameuse depuis les temps anciens par la beauté champêtre de ses paysages, Barcellos, suspendue, pour ainsi dire, aux escarpements qui dominent le Gävado et ses bords si bien ombragés, Amarante, célèbre par ses vins et ses pèches, et fière de son beau pont sur le Tamega; mais les deux villes vraiment importantes par leur population, leur industrie, leur richesse, sont les deux cités voisines de Braga et de Guimaräes, toutes les deux admirablement situées sur des hauteurs d'où l’on contemple les plus riches campagnes. Vieille colonie romaine, capitale des Callaïques où Galiciens, puis des Suèves, résidenre des anciens rois de Portugal, devenue, du temps de Fumon avec l'Espagne, la ville primatiale de toute la Péninsule, Braga (Bracaraugusta) n'a pas seulement ses grands souvenirs, elle est aussi une place de commerce et d'active mdustrie; on v fabrique, pour le Portugal, le Brésil, les colonies de Ta Guinée, des chapeaux, des Tainages, des armes, des objets en filigrane d'une forme élégante et pure. Guimaräes n’est pas moins curieuse que Braga par ses monuments et ses légendes du moyen âge. On y montre, près d'un porche d'église, olivier sacré qui naquit d'un aiguillon planté dans le SOË par Wamba, quand il était encore laboureur, sans ambition de royauté: le vieux château qui domine la ville et ses tours est celut où naquit Alfonso, le fondateur de lt monarchie portugaise, Guimaräes est ausst fort imdustrieuse; elle à des fabriques de coutellerie, de quincaillerie, de linge de table, et les visiteurs anglais ne manquent pas de Sy approvisionner de boîtes de prunes bizarrement décorées. Dans les environs jaillissent des eaux sulfureuses, très-fréquentées, que connaissaient déjà les Romains sous le nom d'Aquæ Levæ. Les eaux les plus célèbres du pays, las Caldas de Gerez, sourdent dans un vallon tributaire du Cävado, au pied de monts escarpés, couverts de hêtres et de pins.

Les villes de Tras os Montes, de même que celles de Beira Alta, au sud de la vallée du Douro, se trouvent pour la plupart en des régions trop montueuses el sont trop éloignées des grands chemins de commerce pour avoir aturé les populations, Villa Real, sur le Corgo, est la localité x plus commerçante du Tras os Montes, grâce aux vignobles des environs, et possède de véritables palais; Chaves, près de la frontière d'Espagne, est une ancienne forteresse, ayant gardé, sur le Tamega, un de ces admirables ponts qui ont illustré le siècle de Trajan ; elle était célèbre, du temps des Romains, par ses eaux thermales, dont le nom (4quæ Flariæ) est encore, sous une forme corrompue, celui de la ville, Bragança, capitale de l'ancienne province de Fras os Montes et dominée par son admirable citadelle, occupe, à l'angle nord-oriental de la Lusitanie, une position des plus importantes pour le

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Dessin de Taylor, d’après une photographie de M. J. Laurent.

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