‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 51 sur 545 · MONTAGNES DU PÉLOPONÈSE. S · texte numérisé non relu

MONTAGNES DU PÉLOPONÈSE. S

latérales fortement inclinées. Sur le versant de l'une de ces vallées, celle du Bouraïcos, ouvre l'énorme grotte de Mega-Spileon, qui sert de couvent, et à l'entrée de laquelle se suspendent aux rochers les constructions les plus bizarres, des pavillons de toutes formes et de toutes couleurs, pareils aux alvéoles d'un immense çnid de guêpes ».

Limité au nord par les massifs superbes de la chaîne côtière, le plateau montagneux du Péloponèse central a pour bornes, du côté de l'Orient, une autre chaîne qui commence égalemeat au Cxllène :e'est le Gaurias, connu plus au sud sous le nom de Malevo où d’'Artemi$ion, puis sous celui de Parthenion. Interrompue par de larges brèches, cette chaine se relève à l'orient de Sparte pour former la rangée d'Hagios Petros ou Parnon; ensuite, S'abaissant peu à peu, elle va projeter vers Cérigo le long promontoire du cap Malée où Malia. C'est à, raconte la légende, que se réfugièrent les derniers Centaures, c'est-à-dire les barbares ancêtres des Tzakones de nos jours. Nulle pointe n'était plus redoutée des marins hellènes que celle du cap Malée, à cause des sautes brusques du vent : « As-tu doublé le cap, oublie le nom de ta patrie!» disait un ancien proverbe.

Les montagnes qui s'élèvent à l'ouest de Ta Morée n'ont point cette régularité d'allures que présente là chaîne orientale de à Péninsule, Diverse-

ment échanerées par les rivières qui en découlent, elles se ramifient au sud

des monts Aroaniens et de FÉrymanthe en une multitude de petits chainons

qui se rejoignent çà et là en massifs et donnent à cette partie du plateau l'aspect le plus varié, Partout les vallées s'ouvrent en paysages imprévus, auxquels un simple bouquet d'arbres, une source, un troupeau de brebis, un berger assis sur des ruines, prêtent un charme merveilleux. C'est là cette sracieuse Arcadie, que chantaient les anciens poëtes. Quoique en partie dépouillée de ses bois et devenue trop austère, elle est belle encore, mais bien plus charmantes sont les déelivités occidentales du plateau tournées vers la mer d'Ionie, Là, de riches forêts et des eaux abondantes ajoutent aux flots bleus, aux îles lointaines, au ciel pur, un élément de beauté qui manque à presque tous les autres rivages de la Grèce,

Au sud du plateau de FArcadie, que dominent à Fouest les eimes du Ménale, quelques groupes assez élevés servent de point de départ à des chaines distinctes. Un de ees massifs, le Kotylion où Palæocastro, donne naissance aux montagnes de Messène, parmi lesquelles se dresse Le fameux Ehôme, et à celles de lEgalée, qui se prolongent en péninsule à Fouest du golfe de Coron et reparaissent dans la mer aux îlots rocheux de Sapienza, de Cabrera, de Venetiko. Un autre massif, le Lycée où Diaforti, Olympe d’Arcadie, que les Pélasges disaient avoir été leur berceau, et qui élève à peu

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NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE

St

près au centre du Péloponèse, se continue à l'ouest dé la Laconie par un long rempart de montagnes qui forme la chaîne la mieux caractérisée et à plus haute de la Morée, Elle à pour cime principale le célèbre Taygète, appelé aussi Pendaetylos (Cinq-Doigts), à cause de cinq grands sommets qui le couronnent, et Saint-Élie, sans doute er souvenir d'Hélios, le Soleil ou P'Apollon dorien, Des forêts de châtaigniers et de noyers, auxquels se mêlent les eyorès et les chênes, revêtent en partie les pentes inférieures de la montagne, mais la cime est sans arbres et recouverte de neige pendant les trois quarts de l'année, C'est le Taygète neigeux qui de loin signale a terre de Grèce aux navigateurs, En se rapprochant de a côte ils voient surgir de Feau bleue les contreforts et les chaînons avancés de la @ Mauvaise Montagne » où Kakavouni, puis bientôt le promontoire du Ténare avec ses deux caps, le Matapan et le Grasso, immense bloc de marbre blane, haut de deux cents mètres, sur lequel les cailles fatiguées viennent abattre par millions après avoir traversé la mer, Dans les grottes de sa base l'eau S'engouffre avec un sourd clapotis, que les anciens prenaient pour les aboiements de Cerbère, Comme le cap Malée, le Matapan est redouté par les pilotes comme un grand a « tueur d'hommes ».

Ainsi les trois extrémités méridionales du Péloponèse sont occupées par des montagnes el de hauts escarpements rocheux. À Fest, a péninsule de l'Arsohide est dominée également dans toute son étendue par des rangées de hauteurs qui se rattachent au Gxllène, comme le Gaurias et les monts de l'Areadie. La Morée tout entière est done un pays de plateaux et de montagnes!®. À l'exception des plaines de l'Élide, composées de débris alluviaux qu'ont apportés les torrents de PArcadie, et des bassins lacustres de Fintérieur qui se sont graduellement comblés, 1 péninsule n'offre partout que des terrains montueux. Comme dans la Grèce continentale et les Cyelades, les rochers qui constituent les principales arêtes de montagnes, le Cyllène, le Taveëte, Fagios Potros, sont des schistes eristallins et des marbres mé- L. unorphiques. Autour de ces formations se sont déposées çà et à quelques strates de Fépoque jurassique et de puissantes assises calcaires de la période crélacée, Dans le voisinage des côtes, en Argolide et sur les flanes du Taygète,

des serpentines et des porphyres se sont fait jour à travers les roches supé-

Altitudes du Péloponèse :

Hauteurmoyenne de la Péninsule. 600 mètres, | Parnon (Hagios Petros). . . , 1,957 mètres. Cyllene (Zimia).. 4 2,402 — Lycée (Diaforti}. 4. . 1,420 — Monts Aroaniens (Khelmos).. 2,761 — Liomess. ses 06 6 set à SU2 — Évvmanthe (Olonosr . . , , . 9OUHIS — Taygète. se de tous éme où tes | 9,408 -— Artemision (Malevo) 1,672 — Arachneion (Argolide) . . . . 1,199 —

MONTAGNES ET SOURCES DU PÉLOPONÈSE. So

rieures. Enfin, sur le rivage nord-oriental de PArgolide, notamment dans la petite péninsule de Methana, se trouvent des volcans modernes, entre autres celui de Kaïménipetra, dans lequel M. Fouqué à reconnu la bouche ignivone dont parle Strabon et qui rejeta ses dernières laves, 11% a vingt et un siècles, On doit voir sans doute dans ces volcans des évents du foyer sous-

ül

marin qui s'étend au sud de la mer Égée par les îles de Milos, Santorin et Nisvros. La grotte de Sousaki, d'où s'écoule un véritable ruisseau gazeux d'acide carbonique, de nombreuses sources thermales et des solfatares lémoignent que dans lArgolide Paetivité volcanique ne s'est point encore calmée.

Peut-être les fontaines sulfureuses qui jaillissent en abondance sur la cle occidentale du Péloponèse indiquent-elles que à aussi se produit une certaine poussée intérieure du sol, L'opinion de quelques géologues est que les rivages occidentaux de la Grèce s'élèvent insensiblement; en maints endroits, à Corinthe notamment, d'anciennes grottes marines et des plages sont maintenant à plusieurs mètres au-dessus des flots. C'est par cette élévation, et non pas seulement par apport des alluvions fluviales, qu'on s'expliquerait Fempiétement rapide des alluvions de PAchéloüs et Ta formation des rivages de l'Élide qui ont annexé au continent quatre îlots rocheux. En d'autres endroits, principalement dans le golfe de Marathonisi où de Laconie, et sur les côtes orientales de la Grèce, ce sont des phénomènes d'abaissement du 501 qu'on aurait constatés, puisque la péninsule d'Élaphonisi s'est changée en île; mais là aussi les alluvions des rivières ont grandement empiété sur les eaux de la Méditerranée, La ville de Calamata, sur le golfe de son nom, est deux fois plus éloignée de la mer qu'elle ne Fétait à l'époque de Strabon, De même, le rivage du golfe de Laconie à délaissé

les vestiges de ancien port d'Hélos dans l'intérieur des terres.

Les roches calcaires de l'intérieur du Péloponèse ne sont pas moins riches que la Béotie et que les régions occidentales de toute 1 péninsule des Balkans en katavothres où s'engouffrent les eaux. Les uns sont de simples cribles du sol rocheux, difficiles à reconnaitre sous les herbes et les cailloux; les autres sont de larges portes, des cavernes où l'on peut suivre le ruisseau dans son cours souterrain. En hiver, des oiscaux sauvages, postés près de l'entrée, attendent en foule la proie que vient leur apporter le flot ; en été, les renards et les chacals reprennent possession de ces antres d'où

les avait chassés inondation. De l'autre côté des montagnes, l’eau qui s'était

engloutie dans les fissures du plateau reparait en sources où kephalaria

Sû NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE.

(kephalocrysis) ; toujours elarifiée et d'une température égale à celle du sol, on la voit jaillir, ici des fentes du rocher, ailleurs du sol alluvial des plaines, ailleurs encore du milieu des eaux marines, La géographie souterraine de la Grèce m'est pas assez connue pour qu'il soit possible de préciser partout à quels katavothres d'en haut correspondent les kephalaria d'en bas.

Les anciens avaient grand soin de nettoyer les entonnoirs naturels, alin de faciliter issue des eaux et d'empêcher ainsi la formation de maréeages insalubres. Ces précautions ont été négligées pendant les sièeles de barbarie qu'a dù plus tard subir la Grèce, et l'eau s'estaceumulée en maints endroits

aux dépens de la salubrité du pays. C'est ainst que la plaine du Pheneos où

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