GOUVERNEMENT DU PORTUGAL
trées et par les rapports de parenté, la communauté de traditions qui existent entre les deux peuples. Tous les progrès du Brésil seront, par contre-coup, les progrès de la mère patrie, et l’on peut déjà, sans un grand effort de l'esprit, s’imaginer combien prospère est l'avenir réservé aux populations de la Lusitanie du Nouveau Monde : quand l'esclavage aura disparu, que les fleuves du bassin des Amazones seront bordés de plantations et que des chemins de fer rattacheront les vallées des Andes boliviennes aux ports de l'Atlantique, Lisbonne et Porto auront à servir d’intermédiares au Brésil et à l'Europe pour des quantités énormes de denrées et de marchandises.
Mais c’est avec l'Espagne, on le comprend, que la solidarité commerciale des marchés portugais doit se faire de plus en plus intime, en dépit des haines originaires et de l'opposition des intérêts dynastiques. À la fin, les deux nations limitrophes ne peuvent que devenir un seul peuple, comme le sont devenus Aragonais et Castillans, Andalous et Manchegos. C’est une question de lemps; mais on ne saurait douter que la communauté de vie industrielle et sociale ne finisse par prévaloir, amenant avec elle la fédération politique. Il est seulement à désirer que cette union future se fasse pacifiquement, sans pressions injustes, sans violation des droits de chaque groupe à la libre gérance de ses intérêts spéciaux. Égaux des Espagnols par teur grandeur dans le passé et par leur rôle pendant la période épique du commencement de l’histoire moderne, ls Portugais peuvent hardiment se placer à côté de leurs voisins pour les qualités morales.