ADMINISTRATION DU PORTUGAL
La religion catholique romaine est la religion de l'État, mais l'exercice du culte protestant est toléré dans les villes commerçantes Les affaires ecclésiastiques sont administrées par le patriarche de Lisbonne, les deux archevêques de Braga et d'Evora et quatorze évêques. L'Inquisition est abolie depuis 1821, et ses revenus, de même que ceux des 750 couvents d'hommes, supprimés pour la plupart en 1834, se sont ajoutés aux recettes nationales; les dernières communautés de moines, qui s'éteignent peu à peu par suite de l'interdiction d'accepter des novices, font retour les unes après les autres au domaine public. La plupart des couvents de femmes ont élé également supprimés.
L'armée, qui doit s'élever en temps de guerre ou de commotion intérieure à 70,000 hommes, mais à 32,000 hommes seulement en temps de paix, se compose en réalité des deux tiers de l'effectif normal; elle n'a pas moins de 2,000 officiers pour 20,000 soldats. Naguère les exemptions de service et la pratique du remplacement faisaient peser tout le fardeau de la conscription sur la population pauvre; mais la loi a été récemment modifiée d’après le modèle prussien, pour répartir plus équitablement les charges et donner au pays plus de force défensive. Les forteresses sont nombreuses ; mais il n’en reste qu’un petit nombre en bon état de défense ; on cite comme les plus importantes : Elvas, Abrantes, Valença, sur la frontière de l'Espagne, et du côté de la mer, le fort de Säo Juliño et la citadelle de Peniche. La flotte ne s'élève plus à mille vaisseaux, comme au temps où le roi Sébastien se préparait à envahir le Maroc; elle est d'une quarantaine de petits bâtiments, dont plus de 20 sont à vapeur. Son personnel est de près de 3,000 marins.
Le budget annuel dépasse 150 millions de franes, et depuis 1834 il s'est régulièrement soldé par un déficit, il en est de même du budget spécial des colonies, qui dépasse 10 millions. Aussi la dette nationale s'élevetelle à plus de 2 milliards 150 millions, total vraiment formidable pour un aussi petit pays : c'est environ 500 francs par tête de Portugais. Cependant les ressources de la contrée, auxquelles s'ajoutent la vente des biens nationaux et le produit du monopole des tabacs, se sont accrues plus
apidement que le déficit, et depuis 1875 on à pu renoncer au triste expédient budgétaire qui consistait à opérer des retenues, variant de ÿ à 30 p. 100 sur les traitements des employés. Le crédit du gouvernement portugais, qui naguère était au plus bas, a pu se relever peu à peu et ses fonds sont cotés maintenant à près de la moitié de leur valeur nominale.
Les deux anciens « royaumes » de Portugal et d’Algarve se divisent adminmistrativement en 17 districts ou provinces, quoique les anciennes
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divisions historiques de Minho, Tras os Montes, Beira, Estremadure, Alemtejo, Algarve, se maintiennent encore dans le langage ordinaire. Les
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districts se divisent eux-mêmes en concelhos, ou « conseils », beaucoup plus
rands que la commune française, car ils contiennent en moyenne treize ni] paroisses, ou freguezias, subdivisions à la fois religieuses et civiles.