‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 53 sur 545 · SOURCES ET LACS DU PÉLOPONÈSE · texte numérisé non relu

SOURCES ET LACS DU PÉLOPONÈSE

A l'est de la cavité du Phencos et à la base méridionale du mont Cyllène, se trouve un autre bassin, célèbre dans li mythologie grecque par les oiseaux mangeurs d'hommes, qu'exterminèrent les flèches d'Hereule : c’est Le Stymphale, alternativement nappe lacustre et eampagne cultivée, Pendant hiver, les eaux recouvrent environ un diers de li plaine, mais il arrive aussi, dans les années exceptionnellement pluvieuses, que les dimensions de Faneien lac sont rétablies en entier, Le katavothre unique qui sert d'issue au lae Ntymphale se distingue de la plupart des autres gouffres; ils'ouvre, non sur un rivage, au pied d'une falaise, mais au fond mème du lac : ilengloutit à la fois les eaux, les débris des plantes, la vase, le limon corrompu, et tous ces détritus sont emportés sous lrterre, oûrils se déposent dans quelque réservoir inconnu el se pourrissent lentement, comme on peut en juger par les exhalusons fétides du katavothre. C'est dans les abimes souterrains que se clarifient les eaux, qui vont plus loin rejaillir au bord de La mer en flots eristallins.

Toute une série d'autres bassins d'origine lacustre, qui se développent au sud entre les montagnes de PAreadie et la chaîne du Gaurias, sont également parsemés de marécages et de cavités humides où S'amassent des lacs temporaires ; mais les katavothres + sont assez nombreux pour que les inondalions complètes ne soient jamais à craindre. La plus grande de ces plaines, la fameuse campagne de Mantinée, où se livrèrent tant de batailles, est aussi au point de vue hydrologique un des endroits les plus curieux du monde, car les eaux qui S'y amassent vont s'épancher vers deux mers opposées, à l'est vers le golfe de Nauplie, à Fouest vers PAphée et mer lonienne; peut-être aussi, comme le croyaient les anciens Grecs, quelques ruisseaux souterrains se dirigentals au sud vers FEurotas et le golfe de Laconie.

La disparition des eaux de neige et de pluie dans les veines intérieures de li terre à condamné à la stérilité plusieurs contrées du Péloponèse, qu'un peu d'eau rendrait admirablement fertiles. Les eaux d'averse qui coulent à la superficie du sol se perdent bientôt sous les pierres de leur Hit, parmi les toufles de lauriers-roses : €'est dans les profondeurs que passe Le ruisseau permanent, dérobé à tous les regards, et où apparait enfin à la surface, 1lest presque partout trop td pour l'utiliser, ear c'est au bord du rivage qu'il rejaillit à la lumière, Ainsi la plaine d’Argos, si belle dans son majestueux hémieyele de montagnes aux pentes abondamment arrosées, est encore plus aride, plus dépourvue d'humidité que Mégare et FAttique; c'est un sol toujours desséché, avide d'eau comme un erible : de à la fable

antique du tonneau des Danaïdes. Mais au sad de la plaine, Bt où les monts

rapprochés de la mer ne laissent plus qu'une étroite zone de campagnes à

iriguer, le rocher laisse jaillir une forte rivière, 'Erasinos où CFAimable », ainsi nommée de la beauté de ses eaux, admirée des Argiens, À l'extrémité méridionale de la plaine, au défilé de Lerne, d'autres sources, que lon croit provenir, comme l'Erasinos, du bassin de Stymphale, S'élancent en grand

nombre de la base du rocher, à côté d'un gouffre dit € insondable » où

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nagent d'innombrables tortues, et<étalent en maréeages pleins de serpents venimeux : ce sont les kephalaria où «têtes » de l'antique hvdre de Lerne,

que le héros Hercule, le dompteur de monstres, trouva si difficiles à saisir,

us . . . Re NON où plutôt à «capter », comme diraient actuellement nos ingénieurs. Enfin,

plus au sud, une fontaine abondante n'a plus même la place nécessaire pour

julie de la terre ferme; elle sort du fond de lt mer, à plus de trois cents

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