SOURCES ET RIVIÈRES DU PÉLOPONÈSE
mètres du rivage. Cette source, l'antique Doïné, FAnavoulo des marins grecs, n'est autre que l'un des ruisseaux engouffrés dans les katavothres de Mantinée : lorsque la surface du golfe est unie, le jet d'eau de Doiné s'élève au-dessus de Ta mer en un bouillonnement de quinze mètres de largeur.
Des phénomènes analogues se produisent dans les deux vallées méridionales de La Péninsule, celles de Sparte et de Ta Messénie, Ainsi Fri ou Eurotas n'est en réalité qu'un fort ruisseau, À l'issue d'un long défilé que les eaux du lac de Sparte se sont creusé dans quelque déluge antique, à travers des roches de marbre, FEurotas se jette dans Le golfe de Marathonisis mais il est rare qu'il ait assez d’eau pour déblayer la barre qui en obstrue entrée, IEse perd dans les sables de la plage. Par contre, le Vasili- Potamo ou Fleuve Royal, qui juilit de la base d'un rocher, à une petite dislance à Pouest de l'Eurotas, et dont le cours ne dépasse pas dix kilomètres, roule en toute saison une masse d'eau considérable et sa bouche reste toujours largementouverte, Quant au fleuve de Messénie, l'antique Pamisos, appelé aujourd'hui le Pienatza, il possède avec PAMphée, parmi tous les cours d'eau de la Grèce, le privilége de former un port, et de se laisser re monter jusqu'à une dizaine de kilomètres par des embarcations d'un faible Grant : mais c'est aux puissantes sources d'Hagios Floros, fournies par les montagnes de sa rive orientale, qu'il doit cel avantage, Ces fontaines, qui forment à leur sortie de terre un marais assez étendu, sont le véritable fleuve : laterre qu'elles arrosent et qu'elles fertilisentesteelle que Les anciens appelaient la € Bienheureuse » à cause de sa fécondité,
Les régions occidentales du Péloponèse, les mieux arrosées par les eaux du ciel, ont aussi le bassin fluvial Le plus considérable, celui de FAlphée, appelé aujourd'hui Rouphia, de son tributaire le plus abondant, l'antique Ladon. Ce dernier cours d'eau, qui par son volume mérite d'être, en effet, considéré comme le véritable fleuve, était célébré par les Grecs à légal du Pénée de Thessalie, à cause de la Himpidité de son onde et des riants paysages de ses bords. ILest alimenté en partie par les neiges de FÉrymanthe, mais comme la plupart des autres rivières de Ta Morée, 11 a aussi ses affluents souterrains provenant des gouffres du plateau central: e’est dans le Ladon que se versent les eaux du bassin de Phencos. L'Alphée proprement dit recoit le tribut des katavothres ouverts sur les bords des anciens lacs d'Orchomène et de Mantinée, puis après avoir parcouru le bassin de Mégalépolis, qui fut également un lae avant Fépoque historique, il gagne sa basse vallée par une succession de pittoresques délilés. D'après une tradition charmante, qui rappelle les antiques relations de commerec et d'amitié entre l'Élide et Syracuse, l'Aphée plongeait sous la mer pour reparaître en Sicile près de
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son amante, la fontaine d'Aréthuse, Aorès tant d'exeursions faites par les eaux du Péloponèse dans l'intérieur de la terre, un voyage sous-marin de PMphée semblait à peine un prodige aux veux des Grecs,
A leur sortie des montagnes, F'Aphée et toutes les autres rivières de l'Élide ont souvent changé de litet recouvert de limon les campagnes riveraines : c'est ainsi que les ruines d'Olympie ont disparu sous les alluvions.
Le Pénée, aujourd'hui Gastouni, est de toutes ces rivières celle dont le
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cours à subi le plus de changements, Jadis elle 'épanchait au nord du promontoire rocheux de Chelonatas, tandis que de nos jours elle se détourne brusquement au sud pour aller se jeter dans la mer à vingt kilomètres au moins de son ancienne bouche, Test possible que des travaux d'irrigation aient facilité ce changement de cours; mais il est certain que la nature, à elle seule, à fait beaucoup pour modifier graduellement Paspeet de cette partie de la Grèce, Desiles, fort éloignées du rivage primitif, ont été annexées à la terre; de nombreuses baies ont été graduellement séparées de la mer par des levées naturelles de sable, et transformées en étangs d'eau douce par les ruisseaux qui S'y déversent, Une de ces lagunes, qui s'étend au sud de PAphée, sur la distance de plusieurs lieues, est bordée, du côté de la
mer, par une admirable forêt de pins. Ces bois majestueux, où les anciens