ILES DU PÉLOPONÈSE
| Lesiles de la côte d'Argolide, peuplées de marins albanais qui furent pen-
dant la guerre contre les Tures les plus vaillants défenseurs de l'indépendance
hellénique, ont perdu en grande partie leur importance commerciale et poli-
lique d'autrefois. Pendant la guerre, la jolie petite ville albanaise de Poros, qui s'élève dans l'île du même nom, sur une péninsule d'origine volcanique, a servi de capitale au peuple soulevé; elle est encore assez animée, grâce à son port et à sa rade admirable, parfaitement abritée, que le gouvernement grec a choisie pour en faire la principale station de sa marine. Mais Hyd: à et Pilot voisin, connu sous le nom italien de Spezia, ne pouvaient que déchoir depuis que la Grèce à reconquis son existence propre. Ge sont des masses rocheuses, presque entièrement dépourvues de sol végétal, sans arbres, sans ‘aux de source, et pourtant plus de cinquante mille habitants avaient pu Lrouver à vivre par le commerce sur ces îlots rocheux. Une liberté relative avait fait ee miracle. En 1750, quelques colons albanais, las des exactions d'un pacha de la Morée, s'étaient réfugiés dans Pile d'Isdra. On les luissa lranquilles et ils n'eurent qu'à payer un faible impôt. Aussi leur commerce, méèlé parfois d'un peu de piraterie, grandit rapidement. Hydra occupe, 11 est vrai, une position fort heureuse, commandant l'entrée des deux golfes de lArgolide et de lAttique; mais elle n'a point de port ni même d'abri vérilablement digne de ce nom. C'est done en dépit même de la nature que les Hydriotes avaient fait de leur rocher un rendez-vous du commerce; les navires devaient se presser dans quelque anfractuosité de la côte, serrés les uns contre les autres, retenus immobiles par quatre amarres. Avant la guerre de Pincpendance, les seuls armateurs d'Hydra possédaient près de quatre cents navires de cent à deux cents tonneaux et, pendant a lutte, ils lancèrent contre le Ture plus de cent vaisseaux armés de deux mille canons. En luttant pour la liberté de la Grèce, les Hydriotes travaillaient aussi, sans le vouloir, à la décadence de leur ville, et, dès que leur cause eut triomphé, le mouvement des échanges dut se déplacer graduellement pour aller se concentrer dans les ports mieux situés de Syra et du Pirée.
Beaucoup plus grande que les iles de l'Argolide, la Gythère de Laconie, qui doit son nom moderne de Cérigo à des envahisseurs slaves dont la trace s'est perdue, faisait naguère partie de la prétendue république Septinsu-
; lire gouvernée par les Anglais. Pourtant elle n’est point située dans lt mer lonienne et dépend évidemment du Péloponèse, qu'elle relie à Pile de Crète par un seuil sous-marin et l'ilot de Cérigotto, peuplé de Sphakhiotes crétois.
TPONTEUREE
Cythère n'est plus l'île de Vénus et n’a point de voluptueux bosquets. De loin elle ressemble à un amas de roches stériles : cependant elle porte de
riches moissons, el ses petits bassins, parsemés de villages et de maisons,
sont assez populeux. Jadis la position de Cérigo, entre les deux mers d'Ionie et de l'Archipel, donnait une grande importance à son havre de refuge ; mais ce port est redevenu presque désert depuis que le cap Malée à perdu ses terreurs. On a trouvé sur ses côtes des amas de coquillages qui proviennent d'anciens ateliers phéniciens pour la fabrication de la pourpre. Ge sont les commerçants et les industriels de Syrie qui ont introduit dans File le eulte de la Vénus Astarté, devenue plus tard, sous le nom d'Aphrodite, la
déesse de tous Les Grecs.