CYCLADES
un bouquetin (capra caucasiea) qui à disparu du reste de l'Europe, et que
l'on retrouve seulement en Crète et peut-être à Pile de Rhodes, Des cochons sauvages errent aussi au milieu des rochers d'Antimilo, Quant aux lapins, ils vivent dans les cavernes de quelques-unes des Gyclades en innombrables multitudes ; ils foisonnent surtout à Mykonos et à Déles, et l'on doit s'étonner par conséquent que les anciens auteurs grecs ne les aient jamais mentionnés, Chose curieuse, les Tièvres et les lapins n'habitent pas les mêmes îles : chaque espèce Mi à part dans son domaine insulaire, L'ile d'Andros seule fait exception ; mais les deux races n'y sont pas moins nettement séparées : les lièvres occupent l'extrémité septentrionale de File, tandis que les lapins se creusent des terriers dans la partie du midi, En fait de curiosités zoologiques, il est à remarquer aussi qu'une grosse espèce de lézard, connue par le peuple sous le nom de &erocodile », ne se trouve point sur le continent, mais seulement dans quelques îles de P'Arehipel. faut en conclure que les
ovs
Cyelades sont séparées de li péninsule thraco-hellénique depuis des âges
' d'une longue durée.
Une chaine d'îles voleaniques limite au sud la ronde des Cyelades en longeant le grand fossé maritime qui sépare PArehipel et a mer de Crète, La plus grande de ces îles de Taves et de cendres, Milo, est un cratère régulier, effondré au nord-ouest et laissant pénétrer les eaux de la mer à l'intérieur de son bassin, qui est Fun des ports de refuge les plus vastes et les plus sûrs de li Méditerranée, Milo n'a point eu d'éruption dans les lemps modernes, mais des solfatares encore fumantes et des sources thermales qui jaillissent sur le rivage et dans la mer elle-même témoignent de l'activité des laves souterraines, D'autres fontaines thermales, à Seriphos, à Siphnos et dans les îlots de ces parages, sont également en rapport avec le foyer volcanique.
Actuellement le centre de li poussée intérieure se manileste à peu près à égale distance des côtes de l'Europe et de FAsie dans le petit groupe des iles généralement désignées Sous le nom de Santorin où Nainte-frène, Gesiles, dont le noyau consiste en roches de marbre et de schistes semblables à celles des autres Gyelades, sont disposées cireulairement autour d'un vaste cratère qui n'a pas moins de 9590 mètres de profondeur. À lest, le croissant de Thera présente du côté du gouffre de larges falaises à pie d'où s'écroulent les scories, et du côté du large, de longues pentes couvertes de vignobles aux produits exquis. À Pouest du cratère, Therasia, plus petite, se dresse comme li muraille à demi ruinée du volean, et Pécueil
Î { & a Lil [ DE He
d'Aspronisi indique l'existence d’une paroi sous-marine, C'est près du centre de ce bassin que brûle encore le fond de Ja mer. Le foyer de laves reste longtemps presque assoupi, puis il se réveille tout à coup pour rejeter des amas de scories. [y a bientôt vingt et un siècles, surgit une première île que les anciens émerveillés nommèrent la « Sainte » et que l'on appelle aujourd'hui Palæwa-Kaïméni (l'ancienne Brûlée), Au scizième siècle, trois années
NO 91, — NÉA=KAÏMENI,
TE) Jérre arhausree sans accompagnement de phénomenes volcaniques Bu Zerre echaussee. avec accompagnement de fumerolles et d'eruplunss MR) dan Aivage
* Montagne George de 122 mé
d'éruplions firent naître File plus petite de Mikra-Kaïméni, Un cône de laves plus considérable, celui de Néa-Kaïméni, s'éleva au commencement du dix-huitième siècle, et tout récemment encore, de 1866 à 1870, cette île s'est agrandie de deux nouveaux promontoires, Aphroëssa et là montagne de George, qui ont plus que doublé l'étendue primitive du massif voleanique, en recouvrant le petit village et le port de Vulkano et en se rapprochant du rivage de Mikra-Kaïméni jusqu'à lefleurer, Pendant les cinq années, plus de cinq cent mille éruptions partielles ont eu lieu, lançant
CYCLADES. 10ù
parfois les cendres jusqu'à 1,200 mètres d'élévation ; mème de l'ile de Crète on a pu discerner les masses de cendres, noires en apparence pendant le jour et rouges pendant la nuit.
Les milliers de spectateurs, et dans le nombre quelques savants d'élite, Fouqué, Gorceix, Schmidt, Dekigala, sont accourus de toutes les parties du monde pour assister à ce merveilleux spectacle de Ta naissance d'une terre, el leurs observations précises sont une grande conquête pour la science. Grâce à eux, il reste prouvé que de véritables flammes jaillissent des volcans, et que les éruptions on leurs périodes de calme et d'exaspération, de la nuit au jour et de Fhiver à l'été, I parait très-probable que le gouffre de Santorin est le produit d'une explosion qui, dans les temps préhistoriques, aurait fait voler en cendres toute la partie centrale de la montagne. Les énormes quantités de tuf croulant que l'on voit sur les pentes extérieures de l'ile racontent ce cataclysme au géologue qui les étudie’.
Des Albanais habitent la partie méridionale de PEubée et se sont élablis en colo + autour du port de Gavrion, dans l'île d'Andros, mais dans tout le reste de FArchipel Ta population est grecque ou du moins complétement hellénisée, À Naxos, les habitants se distinguent par la pureté de leur langage, quoique précisément la classe des propriétaires se compose presque en entier des arrière-neveux de familles catholiques, françaises et véniliennes, qui s'étaient emparées de File au moyen âge. C'est même, paraît-il, au régime de la grande propriété maintenu par ces familles qu'il faut S'en prendre de la faiblesse relative de la population de Naxos. dadis l'ile nourrissait facilement cent mille personnes; divisée maintenant en grands domaines, elle est trop petite pour un nombre d'habitants sept fois moins considérable, Durant la‘guerre de Findépendance hellénique, les riches familles seigneuriales se rangèrent toujours du côté de la Turquie.
Les Cyelades, plus éloignées que PEubée des rivages de la Grèce, ont eu aussi une vie politique plus distinete de celle de l'Hellade, et bien souvent l'histoire y a suivi une marche différente, Par leur position au milieu de l'Arehipel, ces îles devaient naturellement servir d'étapes à tous les peuples navigateurs de li Méditerranée,.et par conséquent leurs habitants devaient
! Iauteurs principales des iles .
Delphi, dans Pile d'Eubée. 1,745 mètres.
Saint-Élie, » . 1,404 »
Mont Jupiter, Naxos... . . . . M5 on Saint-Élie, Siphnos. . . . . . DORE KoO »
» Santorin... . . à. 16 5 43 S00 »
être soumis aux influences les plus diverses, Jadis les marins de lAsie Mineure et de la Phénicie s’arrêtaient aux Gyelades en voguant vers la ürèce; au moyen âge, les Byzantins, puis les eroisés, les Vénitiens, les Génois, les chevaliers de Rhodes y furent les maîtres à leur tour; les Osmanlis y passèrent, et de nos jours, grâce au commerce, ce sont les nations occidentales de l’Europe qui, avec les Grecs eux-mêmes, ont la prépondérance dans lArchipel.
Toutes ces vicissitudes historiques ont déplacé d’une île à l’autre le centre des Gyclades. Du temps des anciens Grecs, Délos, l'île d’Apollon, était la terre sacrée, où de toutes parts accouraient les fidèles et les marchands. Les échanges se faisaient à l'ombre des sanetuaires, et des marchés d'eselaves se tenaient à côté des temples. La vente de la chair humaine finit même par devenir la grande spécialité de Délos, etsous les empereurs romains, jusqu'à dix mille esclaves y furent brocantés en un seul jour, Mais les marchés, les temples, les monuments ont disparu de Délos et de Pile voisine, qui lui servait de nécropole, et qu'un pont réunissait à la terre sacrée. Délos et Rhéneia sont maintenant deux étendues pierreuses où quelques troupeaux de brebis broutent de maigres pâturages, et dont les édifices ont servi de carrières aux habitants des îles plus prospères des alentours. Au moyen âge, c’est à la grande Naxos qu'appartint l'hégémonie. De nos jours, Tinos est l'ile la plus sainte, à cause de son église vénérét de la Panagia, et l’affluence des pèlerins y est vraiment énorme ; mais pour le commerce, e’est la petite île de Nyra ou Syros, quoique sans arbres etsans eau, qui est devenue la métropole des Cyelades. Sa ville, connue d'ordinaire sous le nor de l'île, quoique portant officiellement Pappellation d'Hermoupolis, est la quatrième cité de Ta Grèce par sa population et la première par son commerce. Avant la guerre de Pindépendance, Syra était une ville sans importance, mais sa neutralité pendant la lutte, les richesses qu'y apportèrent les pirates grecs et albanais, Parrivée de nombreux réfugiés des îles turques de Chios et d'Ipsara, enfin son heureuse position au centre des Cyelades en ont fait graduellement le principal entrepôt, le chantier et la station centrale de la mer Égée. C'est dans le port de Nyra que viennent se nouer, comme les fils d'un réseau, toutes les Tignes de navigation de la Méditerranée orientale, Hermoupolis est une étape nécessaire des voyageurs qui se rendent à Salonique, à Smyrne, à Constantinople, dans la mer Noire, Aussi la ville, jadis bâtie sur la hauteur par crainte des pirates, s'estelle hâtée de descendre la pente pour développer ses quais et bâtir ses magasins sur le rivage. Vue de la rade, Hermoupolis se montre Loutentière sur le flane de la montagne, sembléble à la face d'une pyramide
aux degrés d’une blancheur éblouissante,