‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 70 sur 545 · ÉTAT ACTUEL DE LA GRÈCE · texte numérisé non relu

ÉTAT ACTUEL DE LA GRÈCE

dans les Indes, Les hommes de travail ou d'aventure s'éloignent, laissant derrière eux la tourbe des intrigants qui font de la politique un métier lucralif et les pacifiques employés dont l'avenir dépend de la faveur d'un ministre, [en résulte ce fait assez bizarre, que les communautés de Grecs les plus riches et les plus prospères sont précisément celles qui se développent à l'étranger, Elles sont aussi plus libres et mieux administrées, En dépit du pacha qui là surveille, Ja moindre petite cité romaïque de la Thrace ou de la Macédoine pourrait servir de modèle dans la gestion de la chose publique au royaume autonome et souverain de la Grèce, C'est qu'elle a un intérêt immédiat à bien gérer ses affaires, qui sont pour ainsi dire des affaires de fannille, tandis que dans l'Hellade une bureaucratie inquiète et rapace in- Lervient à tout propos pour gérer à son profit les deniers de la commune, corrompt les électeurs afin de se maintenir en place, et tente de rentrer dans ses débours, en continuant, sous mille formes vexato’res plus où moins légales, les traditions de piraterie et de brigandage qui ont été si longlemps celles de leur pays.

La population actuelle de la Grèce proprement dite peut être évaluée à quinze cent mille personnes, soitenviron les deux einquièmes des Hellènes d'Europe et d'Asie, À surface égale, FHellade, dont la position est si avanlageuse pour le commerce, est non-seulement beaucoup moins peuplée que les pays civilisés de l'Europe occidentale, elle est même à cet égard inférieure à la Turquie, D'après les auteurs qui ont le mieux étudié l'histoire du passé des Hellènes, li Grèce propre, à l'époque de sa plus grande pros périté, n'aurait pas eu moins de six à sept millions d'habitants. L'Attique à elle seule était dix fois plus peuplée qu'elle ne Festaujourd'hui, et certaines iles, où l'on voit au plus quelques bergers, étaient couvertes de cités populeuses; au milieu de tous les plateaux déserts, au bord du moindre ruisseau, sur chaque promontoire se montrent les emplacements de villes antiques : la carte du monde hellénique, de Chypre à Corfou et de Thasos à la Crète, fourmille de palæochori, de palæocastro, de palwopoli, et la Grèce continentale n'est pas moins riche que les îles etles côtes de FAsie Mineure en souvenirs de ce genre,

Toutefois, ile pays se repeuple avec une certaine lenteur, le progrès n’en est pas moins incontestable. Avant la guerre de l'indépendance, le nombre des habitants de la Grèce, ÿ compris les îles Toniennes, dépassait peut-être un million; mais les batailles et surtout les massacres de la Morée diminuèrent considérablement la population; en 1852, les Grecs et les Toniens réunis étaient 990,000 au plus. Depuis cette époque, Faccroissement annuel a varié de 9,000 à 14,000 individus, mais d'une manière assez inégale,

cs,

ass

RES EORAESNQPERe

! } ki 1!

car si les villes grandissent rapidement, en revanche plusieurs îles de l'Ar. chipel et de la mer Jonienne, notamment Andres, Santorin, Hydra, Zante, Leucade, perdent par l'émigration plus d'habitants que ne leur en donne le surplus des naissances sur les morts, Dans le continent, ee sont les fièvres paludéennes qui retardent le plus les progrès du repeuplement de la Grèce. Parfaitement sain par son climat naturel, le sol est en maints endroits devenu très-insalubre par les eaux qu'on laisse séjourner en marais; la reconquête des terres par l'agriculture sera done en même temps l'enrichissement de la contrée et la disparition d'un fléau terrible!

Malheureusement, cette reconquête du sol agricole s'opère avec lenteur, Les produits ne suffisent point à nourrir la population; à bien plus forte raison ne peuvent-ils alimenter un commerce d'exportation considérable, Pourtant les terres eultivables de Ta Grèce se prétent admirablement à la production des vins, des fruits, des plantes industrielles, telles que le coton, la garance, le tabac, Les figues et les oranges sont exquises: les vins de Santorin et d'autres Cvelades sont parmi les meilleurs des bords de Ta Méditerranée; les huiles de PAttique, sans être épurées comme celles de Provence, ne sont pas moins bonnes qu'aux temps où la déesse Athéné planta de ses mains l'olivier sacré, À l'exception des cotons de la Phthiotide et des raisins dits de Corinthe, que Fon exporte de Patras et des îles loniennes pour une valeur de trente où quarante millions de franes chaque année, la Grèce ne vend à étranger qu'une part bien faible de produits agricoles, eLees produits ne doivent que peu de chose au travail de l'homme, Un de ses principaux articles d'exportation, la vallonée, dont se servent les tein-

luriers, est la cupule d'un gland de chène que lon ramasse dans les forêts.

! Population des principales villes de la Grèce, avee leur banlieue, en 1870 :

Athènes et Pirée... 29,000 lab. Argostoli (Céphalonie). 9,500 hab. Patras. , . . . . . . , 96,000 » Kalamata. 4. . . . L 9,400 Corfou... 4 4 4 4. 24.000 » Histiva, en Eubée. 8,900 » Hermoupolis où vra. 21,000 Karystos » set te à S,S00 Lintesss 7 520% Nr 20,500» Ægion ou Vostitza, . , . 8.00 Lixouri (Céphalonie). 14,000; Nauplie. 4. 8,500 Pyrgos où Letrini.. 13,600 » Spezin. . .. 4 « 8,400 Tripolis où Tripolitza 11,900, hranidhi, en Argohle 8,400 Chaleis, en Eubce., &. 11.000 Lama, . . . . AE 8,500 » Sparte. , . . . . . ’ 10,700 Missolonghi. GUN he à 7.500 Argos, , . . . 5 10,600 Andres... . . , . . 9,500 Population de la Grèce, sans les iles Joniennes, en 1832, . 715,000 hab. 0 ' » » en IS7O. 1,226,000 »

avee les iles Toniennes, » . . . 1,458,000 » Ù » par hilom. carré... D ide 29

probable de la Grèce... . en INT. . , 1,ù40,000 »

Page 1