‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 88 sur 545 · CONSTANTINOPLE. (EL · texte numérisé non relu

CONSTANTINOPLE. (EL

les eaux bleues de la mer de Marmara. Entre toutes ces villes qui baignent leur pied dans le flot, vont et viennent incessamment les navires et les embarcations de toutes formes, à la rame, à la voile, à vapeur, animant l'espace de leur mouvement et donnant la vie à ce tableau magnifique. Des hauteurs qui dominent Constantinople et Seutari, le spectacle est peutêtre encore plus beau, car on voit se dessiner tous les contours des rivages d'Europe et d'Asie, on suit du regard les sinuosités du Bosphore et du golfe de Nicomédie, et dans le lointain, au-dessus des vallées ombreuses, on voit pyramider la masse de lOlympe de Bithynie, presque toujours revêtue de neiges.

Cette grande cité de Constantinople, d'un aspeet St féerique à l'extérieur, est, on le sait, fort sale encore dans la plupart de ses quartiers. En maintes parties de la ville, le visiteur hésite à s'engager entre les maisons sordides, dans les sinuosités de ces ruelles immondes que parcourent les chiens errants et où gilent les pourceaux; l'insouciance turque laisse complaisamment les maladies germer dans ces chaos de masures. Au point de vue de la salubrité générale, 1est done presque heureux que de fréquents incendies viennent nelloyer la ville, Même en Russie, mème dans l'Amérique du Nord, il n'est pas de eité dont les maisons flambent plus souvent en une vaste mer de feu, Quelquefois le veilleur qui, du haut de a tour du Séraskier, voit toute la ville et ses faubourgs étendus à ses pieds, signale dix ou douze incendies par semaine el ne se passe guère d'années que des milliers de constructions n'aient été dévorées par le feu. Ainsi Constantinople, purifiée par les flammes, se renouvelle peu à peu; mais avant que les Franes eussent construit leur ville de pierre sur la colline de Péra, c'est-à-dire € Au-Delà », les quartiers incendiés se relevaient à peu près aussi misérables qu'au jour où le feu les avait dévorés, Heureusement l'usage de la pierre se répand de plus en plus; maintenant les maisons de bois sont remplacées par des constructions plus durables, bâties d'un calcaire blanchâtre et rempli de fossiles qui se trouve en abondance aux portes mêmes de Constantinople. Pour les édifices de luxe, les architectes ont à leur disposition les marbres bleus et gris de Marmara et les beaux marbres couleur de chair du golfe de Cyzique, dans PAsie Mineure.

Les nombreux incendies de Ntamboul, ainsi que les violences de guerre que da eité à dû subir tant de fois avant le triomphe des mahométans, ont fait disparaitre presque tous les monuments de la Byzance antique : seulement on voit encore, sûr la place de l'Hippodrome, le précieux trépied de bronze, aux trois serpents enroulés, que les Platéens avaient déposé dans le temple de Delphes, en souvenir de leur victoire sur les Perses, Mème de

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159 NOUVELLE GÉOGRAPITE ENIVERSELEI

l'époque des Césars bizantins ne reste que des colonnes, des obélisques, des arches d'aquedues, les murulles un peu ébréchées de la ville, les débris récemment retrouvés du palais de dustinien et les deux églises de Nainte- Sophie, aujourd'hui transformées en mosquées. La grande Kaïnte-Sophie, qui élève sur la dernière pente de la presquile de Constantinople, à côté du sévit, n'est plus, comme au temps de dastinien, le plus magnitique édiice de Funiers, Elle est loin d'avoir la grâce et merveitleuse élégance de PAhmédieh et d'autres mosquées à minarets arabes bâties par les musulmans: d'énormes substructions, des murs de Ssouténement, des contre: forts extérieurs, entremêlés d'échoppes et de maisons Tépreuses donnent à l'édifice un aspect de lourdeur extrème, A Fimtérieur, d'autres piliers de consolidation elle badigeon des Tures appliqué sur le éelatantes mostiques ont changé le caractère de Féglise mais le puissante coupole produitun ellet prodigieux :eesQune merveille de force etde légèreté. Quatre colonnes de bréche verte qui S'élévententre les piliers du grand dôme proviennent, dit-on, du temple d'Éphèse,

Le séruil occupe à la Pointe des Jardins Femplacement de antique Byzance, Ta ses charmants pavillons, ses beaux ombrages, mais anis ses affreux souvenirs de crimes el de massacres 2 e'est ins que Fou montre encore, en dehors de muraille extérieure, Le plan ineliné sur lequel les esclaves lancent pendant les nuits les sacs où se trouvaient enfermées des sultanes où des odalisques viantess Fear qui recevait leur corps passe ant pie de la glissoire, rapide comme un fleuves et tournovant en sinistres remous. Bien plus remarquables que Fanecien palais des sultans sont les merveilleux éditices d'architecture arabe où perse qui bordent les rives du Bosphore, avec leurs Kiosques, leurs fontaines, leurs ponts, leurs arcades, leurs hosquets de verdure. EmbellieS par nature environnante, par le ravonnement du ciebet des eaux, ces constructions charmantes donnent aux fauboures de Ha grande eité l'aspect Le plus séduisant de splendeur orientale.

Les édilices les plus curieux à istter dans Fintérieur de Constantinople sont les bazars. non pas senlementiteause des richesses, des marchandises de toute espèce qui SA tronvententassées mis surtout à cause des hommes de toute race et de tout elimat qu'on v voit réunis. Entre les pass d'Europe, li Turquie est celui oû Fon observe le plus étonnants contrastes de peuples et de linguess mais malle pari pas même dans a Dobroudja, on ne peut voir un chaos de nations plus grand qu'à Namboul. Cest que la capitale de empire ottoman attire verselle.en sa qualité de métropole, les populations de FAnatolie.de la Syrie, de F'Arabie.de Égypte, de la Tunisie,

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