‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 9 sur 545 · FORME DE L'EUROPE · texte numérisé non relu

FORME DE L'EUROPE

Si par la pensée, au lieu d'imaginer un exhaussement de 200 mètres, on se figure le continent s'abaissant en bloc de la même quantité, l'Europe se trouverait n'occuper que la moitié de son étendue actuelle: toutes les plaines basses, qui, pour la plupart, sont d'anciens fonds de mer, seraient immergées de nouveau dans l'Océan; il ne resterait plus au-dessus des eaux qu'une sorte de squelette de plateaux et de montagnes, beaucoup plus tailladé de golles et frangé de presqu'iles que ne l'est le rivage existant. Toute l'Europe occidentale et méditerranéenne constituerait un puissant massif insulaire entouré de terres plus qu'à moitié submergées, telles que la Sicile et la Grande-Bretagne, et séparé par un large détroit des plaines légèrement bombées de l'intérieur de la Russie. Ce massif, pour l'histoire non moins que pour la géologie, est la véritable Europe. À demi asiatique par son climat extrême, par l'aspect de ses campagnes monotones et de ses interminables steppes, la Russie se rattache aussi très-intimement à l'Asie par ses races el par son développement historique; on peut même dire qu'elle fait partie de l'Europe depuis un siècle à peine. C’est au milieu des iles, des péninsules, des vallées, des petits bassins, des horizons variés de l'Europe maritime et montagneuse; c'est dans cette nature si vive, si accidentée, aux contrastes si imprévus, qu'est née la civilisation moderne, résultat d'innombrables civilisations locales, heureusement unies en un seûl courant. De même que les eaux, en s’épanchant des montagnes, ont lertilisé les plaines environnantes par le limon nourricier, de même les progrès de toute espèce, accomplis dans ce centre de “ayonnement, se son! répandus de proche en proche à travers les continents, jusqu'aux extrémités de la terre.

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