‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 102 sur 401 · RIVIÈRES, COTES DU BRÉSIL NORD-ORIENTAL · texte numérisé non relu

RIVIÈRES, COTES DU BRÉSIL NORD-ORIENTAL

partout où les vagues, poussées directement contre la côte, trouvent des sables à soulever; peut-être les restes d’un ancien rivage ont-ils facilité le dépôt de ces matières arénacées que la mer a maçonnées depuis. En quelques endroits ces murs du récif, de hauteurs différentes suivant la saillie primitive de la levée de sable ou suivant les diverses oscillations du sol, sont assez élevés pour protéger contre la houle les eaux de la rade intérieure, et de distance en distance s'ouvrent des graus qui permettent aux barques où mème aux forts navires de chercher un refuge contre la haute mer. Ces coupures de la digue correspondent presque partout aux bouches des rivières. Des sondages faits en terre ferme ont permis de constater au-dessous des alluvions fluviatiles l'existence de récifs cachés, analogues à ceux de la mer”. Plusieurs récifs des environs de Pernambuco portent le nom de tabayacü, mot qui paraît dérivé du tupi i-taboiass, « grand serpent de pierre », expression qui convient à merveille aux brise-lames naturels de la côte, très régulièrement orientés, mais avec de faibles sinuosités.

L'extrémité orientale du continent, marquée par le cap bien peu saillant du Säo Roque, se prolonge à une grande distance en mer par un « plateau des sondes ». Il faut s'éloigner au large de do à 56 kilomètres avant de trouver le rebord du piédestal sous-marin qui porte l'Amérique du Sud : de 60 à 80 mètres, le fond s'incline rapidement jusqu'à trois et quatre mille mètres. Au sud, le bord immergé se recourbe graduellement vers le sud-ouest en se rapprochant de la côte, mais sans se redresser en saillies insulaires. Les roches et îlots qui s'élèvent au-dessus du niveau marin ont leurs bases dans les abîmes océaniques, sur le prolongement du musoir de Säo Roque. La première terre visible dans cette direction est l'enceinte annulaire de las Rocas, véritable atoll corallien comme ceux de l'océan des Indes, enfermant un lagon d'environ 10 kilomètres en circonférence.

À 175 kilomètres plus à l'est, s'allonge du sud-ouest au nord-est l'ile volcanique de Fernando ou Fernäo de Noronha, dont les péninsules se continuent par quelques écueils et que des profondeurs de 3000 mètres séparent du continent. Cette terre, à laquelle on a donné le nom du marin qui la découvrit en 1505, n’occupe qu’un espace de 15 kilomètres carrés, mais dans cette faible étendue on voit les paysages les plus divers,

! Ch. F. Hartt, Relatorio dos Trabalhos da Commissäo geologica na provincia de Pernambuco; —E,. Liais, Espace Céleste.

* Victor Fournié, Bijbladen van het Tijdschrift van het Aardrijkskundig Genootschap te Amsterdam, n° 8, 1881.

criques et ports, collines et plaines, même des pitons d’un aspect hardi : l'ensemble du profil présente une ligne très dentelée se terminant à l'ouest par un morne abrupt de 505 mètres que surmonte une colonne de phonolithe en forme de phare gigantesque. Le gouverneur de l’île interdit aux naturalistes du Challenger l'exploration de l’île, mais depuis cette époque elle a été étudiée par le géologue Branner et par le zoologiste Ridley : cette roche océanique est désormais l’une des mieux connues. Les

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