‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 104 sur 401 · RÉCIFS DU LITTORAL, ILE FERNANDO NORONHA · texte numérisé non relu

RÉCIFS DU LITTORAL, ILE FERNANDO NORONHA

que Fernando de Noronha, ce sont des roches de serpentine! déchiquetées, mouchetées de blane par le guano, et presque inabordables : les requins et les poissons fourmillent dans les eaux noires au pied des brusques falaises. Le Penedo de Säo Pedro, la plus haute de ces crêtes émergées, situé près du parcours des paquebots qui se rendent de Pernambuco à Dakar ou à Saint-Vincent, est une rangée de piliers dressés hors de la mer profonde. Dans ces parages on a fréquemment ressenti des tremblements de mer.

La température moyenne est d'une remarquable égalité en ces climats lropicaux : l'écart entre les deux saisons, de la sécheresse et de l'humidité, ne comporte qu'un degré et demi à Pernambuco; la température moyenne la plus faible, celle de juillet, et Ka plus forte, en février, ne diffèrent que de 5 degrés environ*,

Le vent normal sur la côte nord-orientale du Brésil est l'alizé du sud-est, désigné ordinairement sous le nom de « vent général ». Venant des parages froids de l'Atlantique cireumpolaire, il tempère la chaleur, du moins sur la côte, qui se trouve d'ailleurs soumise au jeu alternatif des brises de terre et de mer. Ce vent, qui domine du solstice de décembre à celui de juin, amène aussi les pluies, et pendant les années ordinaires la quantité d'eau qu'il déverse suffit à développer une végétation des plus riches. En certains endroits, comme à Maranhäo, où des remous locaux produisent un conflit de nuées, les orages électriques éclatent fréquemment et de violentes averses succèdent à ces décharges. L'ile Fernando de Noronha est aussi très souvent environnée de nuages et reçoit des pluies en abondance. À Pernambuco, les pluies sont très violentes, mais on passe des années sans entendre le tonnerre. Le régime des vents n'est pas toujours régulier, Rasant la côte au lieu de souffler directement vers l’intérieur, le vent alixé n'apporte pas tous les ans l'humidité désirée. Souvent les pluies sont en retard et cessent de torber avant la fin normale de la période; parfois elles ne durent pas même la moitié des six mois attendue par les agriculteurs. À ce fléau des sécheresses qui sévit dans l’intérieur, s'associe un grand écart dans la tempéra- Lure, très élevée au soleil et dans l'air poussiéreux, relativement froide pendant les nuits claires, par suite du rayonnement dans le ciel, A cet

! loûo Branner, Geologia de Fernando de Noronha. * Émile Béringer, Recherches sur le climat et la mortalité de Recife. * Emmanuel Liais, Climats, Géologie, Faune et Géographie botanique du Brésil, AIN, pil

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égard, la différence est très grande entre le climat de la côte, où sur trois jours on compte deux jours pluvieux, et celui de l'intérieur, où la proportion est renversée!.

Les grandes sécheresses n'ont pas une périodicité régulière bien établie, quoique les gens du pays prévoient d'ordinaire un retour du désastre tous les dix ans. Parfois la période sèche ne dure qu’une année; d'autres fois deux ou trois saisons se suivent sans que la terre avide reçoive la quantité d’eau nécessaire aux plantes. Ainsi Fortaleza, ville de la côte où tombe en moyenne un mètre et demi d’eau, et 5 mètres dans les années les plus favorables, n'en reçut successivement qu'un tiers de mètre en 1877, et un demi-mètre pendant les deux anné : 1878 à 1879; dans le sertäo, la chute d’eau fut bien moindre encore : : .ême les rares averses disparaissaient immédiatement dans les profondeurs du sol poreux; la terre restait absolument aride. Les sources tarissent, les grosses rivières se changent en flaques espacées dans les cailloux grisâtres, le gazon devient poussière, les arbres meurent. Les oiseaux émigrent en vols immenses vers les montagnes du Piauhy; il faut mener les bestiaux dans quelques hautes vallées des monts privilégiés, les nourrir des feuilles de rameaux coupés avant la sécheresse; puis, quand cet aliment fait défaut, il faut fuir encore, à moins qu'il ne soit trop tard, et que les animaux ne meurent sur la terre durcie. Une sévère économie des eaux de sources dans les combes supérieures des montagnes pourra peut-être éviter à la contrée ces désastres périodiques, mais les travaux indispensables d'aménagement ne sont pas encore faits et même ne sont projetés que pour les abords des villes. L'émigration des gens de l'intérieur est toujours un événement attendu dans l'histoire économique de ces provinces du nord-est?.

La végétation correspond au elimat. Très riche et présentant les mêmes espèces que l’Amazonie dans les régions côtières bien arrosées, elle s'appauvrit graduellement vers l'intérieur des terres. La grande forêt, dite la malla, borde le littoral sur une largeur variable suivant les échancrures des vallées et les saillies du relief, À cette zone forestière succède un territoire moins boisé, la catinga, qui ressemble à la brousse, à la garrigue,

! Contraste météorologique entre la côte et le sertäo :

Températures Latitude, maximale, minimale, moyenne, Écart, Pluies, Côte. . Recife., , , 803 910,7 180,1 250,7 130,4 9,05 Sertäo,,. Santalzabel, 80467 34° 130,5 24,4 209,5 1®,00

2 Henrique de Beaurepmire-Rohan, Consideragôes acerca dos melhoramentos en relaçäo «us seceus do Norte do Brasil.

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