‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 105 sur 401 · CLIMAT, FAUNE, FLORE DU BRÉSIL NORD-ORIENTAL · texte numérisé non relu

CLIMAT, FAUNE, FLORE DU BRÉSIL NORD-ORIENTAL

au maquis des contrées riveraines de la Méditerranée; elle se continue sur les hauteurs par l'agreste, le pays « agreste » où arbres et arbustes sont encore plus rares et se composent d'espèces perdant leur feuillage pendant l'été; enfin, les régions hautes, arides, constituent le sertào, la terre pauvrement herbeuse, où l'on ne peut avoir d'autre industrie que l'élève du bétail, sauf dans les combes à sources, les brejos, souvent marécaeux, formant autant d'oasis au milieu des solitudes. Les familles végélales le mieux représentées dans ces régions de l'intérieur, où prévaut souvent un climat sec, sont les arbres qui produisent les essences rares, les gommes précieuses, les sèves odorantes, Dans ces régions, qui parlois semblent être un fragment du Sahara se prolongeant en Amérique par delà l'Océan, les insectes et les oiseaux estivent au lieu d’'hiverner. De mème les arbres perdent leurs feuilles l'été. Le palmier caractéristique de la contrée est le eirier carnaüba (copernicia cerifera), un de ces «arbres nourriciers » dont les produits donnent à l'homme vivant sous leur ombrage la nourriture, la boisson, la lumière, le vêtement et la demeure : le cirier résiste aux plus fortes sécheresses.

Plus pauvre que les autres contrées du Brésil littoral en espèces végétales, le Cearä et les États voisins possèdent également moins d'espèces animales. On sait pourtant que la faune fut autrefois très riche, Au commencement du dix-septième sièele, lors du séjour d'Yves d'Évreux dans l'ile de Maranhäo, des autruches parcouraient encore le littoral voisin. Dans les cavernes qui se ramifient à travers les nombreuses montagnes calcaires des États de Maranhäo, Piauhy, Cearä, et dans lesquelles les vampires et autres chauves-souris dorment la nuit par milliards, on a lrouvé les ossements de puissants mammifères disparus, mastodontes et mégathériums. L'île Fernando de Noronha avait sa faune spéciale, d’ailleurs représentée par un très petit nombre de formes. Les premiers navigateurs n'y virent d'autres mammifères qu'une « grosse espèce de rat »; oiseaux, lézards, serpents, insectes et coquillages de l’île prouvent qu'elle est séparée du continent depuis la fin de l'époque mésozoïque".

Une des grottes de la vallée du Quixeramobim, affluent du Jaguaribe,

contenait aussi une portion de crâne humain’. Appartenait-elle à l'un des ancêtres des races indigènes dominant dans le pays, les Tupi, Tupi-

‘Il, von Ihering, Die Insel Fernando de Noronha. # À, de Lacerda et R. Peixoto, Contribuiçôes para o estudo anthropologico das ragas indigenas.

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namba ou Topinamboulx, — « Naillants Hommes », — et les Tabaja "à, — « Seigneurs du Village! », — avec lesquels les premiers colons euro-

péens, les Français de Maranhäo, entrèrent en rapports de bonne amitié pendant le cours du seizième siècle? On ne sait, et l'on ne sait guère plus quels étaient les Indiens qui firent alliance avee les immigrants français, car ils sont depuis longtemps fondus par les croisements avec le reste de la population. Les Guajajara de la vallée du Pindaré ont été exterminés par les chercheurs d’or, mais on en voit encore vers les seuils du haut Grajahü : ce sont des hommes vigoureux à type mongolique* : dans le voisinage, la tribu des « Indiens blanes » est en effet remarquable par la blancheur de la peau. Plus à l’est, dans la partie haute des plateaux, subsistent encore quelques restes de tribus distinctes : tels les Akroa et Cayap6, qui vivent entre le Tocantins et le Grajahü, dans la serra da Cinta et la serra do Negro. Ces indigènes paraissent appartenir à la famille ethnique des Gès : sous le nom de Timbira et de Gamellas, ou « gens à Gamelles », c'est-à-dire à disques labiaux, ils s'avancent dans le Maranhäo occidental jusqu'à une petite distance des campagnes côtières. Sur les confins du Piauhy et du Pernambuco, errent encore en bandes peu nombreuses des Indiens Pimenteiras, que certains mots de leur vocabulaire ont fait classer parmi les Caraïbes ou du moins parmi les tribus ayant vécu dans le voisinage de cette grande race; mais on n'en sait pas davantage. Dès le seizième siècle, les Caethé des environs de Pernambuco entraient par des unions dans la population civilisée, que tri-métissèrent ensuite les croisements avec les nègres importés d'Afrique. Les auteurs du temps nous disent aussi que les fils de Français étaient fort nombreux dans les campements des Tupinamba. Encore au commencement du sièele, les métis christianisés de la contrée pratiquaient en secret leurs rites païens.

Dès leur arrivée dans le pays, les capitaines concessionnaires avaient introduit des esclaves noirs, plus forts et plus laborieux que les Indiens. Au commencement du dix-septième siècle, une révolte éelata parmi les asservis, et une quarantaine d'entre eux, s'étant procuré des armes à feu, se jetèrent dans la brousse pour aller s'établir loin des maitres. Ils établirent leurs villages ou quilombos au sud du rio Una ou rivière « Noire », qui se déverse dans la mer à une centaine de kilomètres de Pernambuco. Le groupe principal des nègres marrons s'établit encore plus loin, dans le territoire devenu depuis l'État d'Alagôas, et bientôt de nou-

t Adolpho de Varnhagen, Historia geral do Brasil.

2 Wells, Mémoire et ouvrage cités.

% Robert Southey, History of Brazil.

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