‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 113 sur 401 · VUE PRISE DANS L'INTÉRIEUR DE LA VILLE, AU PATEO · texte numérisé non relu

VUE PRISE DANS L'INTÉRIEUR DE LA VILLE, AU PATEO

Dessin de Taylor, d'après une photographie de M. Lindermann,

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barrée au large par le rempart échaneré des écueils. Goyana se trouve déjà dans l'État de Pernambuco, ainsi nommé, — Paranä-mbuk ou « Bras de Mer », — d'après le canal semi-annulaire qui entoure l'île d'Itamaracä, au nord de Recife, et dans lequel les traitants français et porlugais se rencontrèrent dès le commencement du seizième siècle avec les indigènes Tupinamba’'. [lamaracä est une des régions les plus populeuses du Brésil et produit beaucoup de sucre, ainsi que les « meilleurs fruits du littoral », et des vivres en abondance. Dès l’année 1630 on y comptait 25 usines sucrières. Les Hollandais eurent un moment l'idée de transférer le siège de leur empire brésilien dans l’île d'Itamaracä”.

La capitale de l'État de Pernambuco, d'ordinaire désignée sous le même nom par les marins étrangers, mais appelée officiellement Recife, d'après le brise-lames naturel qui protège son port, est une des villes historiques du Nouveau Monde et l’une des cités de commerce qui paraissent destinées au plus grand avenir, Fondée au milieu du seizième siècle, en 1903, par le concessionnaire Duarte Coelho, Pernambuco ou Fernambouc devint près d'un sièele plus tard le siège de la puissance des Hollandais, à l'époque où ils possédaient la partie nord-orientale du Brésil; on voit encore quelques restes de leurs constructions à Recife et dans l’île d’Antonio Vaz au quartier de Säûo Antonio, l'ancienne Mauricea (Mauritsstad) . nommée en l'honneur de Maurice de Nassau. Pernambuco, si l'on comprend sous ce nom toutes les villes rapprochées qui constituent l'agglomération urbaine, ne se présente point en une cité cohérente. Olinda, la ci-devant capitale, occupe le sommet d'une élévation qui s’avance en saillie au nord de la rade; mais, trop éloignée du centre commercial, qui se trouve à 7 kilomètres au sud, elle n'est plus guère qu'une triste ruine de palais et de couvents: l'isthme de sable qui la rattache au reste de la cité, entre un marigot et la mer, est trop bas et trop étroit pour se recouvrir de maisons et d'usines, mais, sur le sol ferme de l'intérieur, des maisons de campagne, des fermes et les jardins de Campo Grande relient l'ancienne ville à la nouvelle. La cité de Recife proprement dite emplit de ses édifices commerciaux et administratifs, de ses magasins et de ses entrepôts l'île la plus rapprochée du réeif extérieur et se relie par des ponts à une autre île, celle d’Antonio Vaz, centre de la « Venise brésilienne ». D'autres viaducs unissent ce quartier du milieu à celui de Bôa Vista, qui s'élève à l'ouest sur la terre ferme et se continue au loin

1 F, Adolpho de Varnhagen, Historio geral do Brasil * Robert Southey, History of Brazil,

par des faubourgs. Des villas s'égrènent au nord-ouest sur les bords du Beberibe, à l'ouest dans la vallée de la sinueuse rivière Capibaribe et sur les coteaux voisins. Le haut prix des terrains dans le voisinage du port a poussé les constructeurs à empiéter sur les eaux marines, sur les criques et les marais de l'intérieur : l'aspect général de la ville à rapidement changé pendant les dernières décades, par les érosions et les envasements aussi bien que par le travail de l'homme. Les anciens forts hollandais, maintenant presque inutiles pour la défense, existent encore. Les pierres, tillées, en furent apportées d'Europe.

La grande rade, dans laquelle mouillent les paquebots, en dehors du récif, n'offre pas une bonne tenue et souvent les embarcations y ont beaucoup à souffrir de l'agitation des vagues, poussées contre les écueils par les vents du sud ou de l'est; cependant les fortes tempêtes y sont tellement rares, que les revêtements de maçonnerie appliqués sur le récif par les ingénieurs hollandais, il y a deux cent cinquante ans, n'ont pas été détruits. À mer basse le chenal livre entrée aux navires calant 4",40 : en attendant le moment du plein, ils auront toujours au-dessus du seuil au moins 9",95 de profondeur. Ils pénètrent d'abord dans le Poço ou « Puits », qui est la partie profonde du port; puis, à la faveur de la marée, ils se distribuent dans le bassin naturel, si bien abrité, du Mosqueiro. Toutefois l'accès du port est difficile pour les embarcations ordinaires, surtout quand soufflent les vents du sud-est et que la houle se déploie jusque dans le Poço : il serait nécessaire de protéger l'entrée par des brise-lames en eau profonde. L’ingénieur Fournié, dont le projet est approuvé depuis longtemps, sans que la ville, manquant des fonds nécessaires, ait pu le réaliser, propose d’enraciner une jetée au sud de la passe et de la prolonger vers l'est à 720 mètres jusqu'à la profondeur de 10 mètres au-dessous de la basse mer : les grands paquebots pourraient ainsi se mettre à l'abri pour débarquer passagers et colis en tout état de marée et sans interruption. Ce travail urgent devrait être complété par le dragage, le creusement des bassins et la rectification des canaux, ainsi que par des brise-lames extérieurs, enfermant des avant-ports en dehors du réeif', Le projet de Hawkshaw, analogue au précédent, indique une jetée de même orientation, mais plus longue et de forme plus recourbée. Grâce à l'exécution de l'un ou l'autre projet, le port deviendrait un des meilleurs du Brésil; mais déjà l'excellence du havre, parfaitement

1 Bijbladen van het Tijdschrift van het Aardrijskhundig Genoolschap te Amsterdam, n°8, 1881 ; - Alfredo Lisboa, Memoria do Projecto de Melhoramento do porto de Rerife,

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